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Le « Front des luttes » a été lancé à la dernière Fête de l’Humanité. Il est  coordonné par Marie-George Buffet. Le syndicaliste Didier Le Reste, engagé au sein du Front de gauche, en exposait alors les contours.

Vous êtes sollicité dans le cadre du Front de gauche pour participer à la création d’un «Front des luttes». De quoi s’agit-il?

Didier Le Reste. Ce front n’est pas quelque chose qui se substituerait ou s’adosserait aux syndicats, mais un réseau de mise en mouvement des militants syndicaux, associatifs impliqués dans les résistances, les luttes sociales et sociétales et les combats démocratiques. Il ne s’agit pas de s’en tenir aux appels de syndicalistes à voter pour la gauche, mais de donner des prolongements concrets dans la campagne du Front de gauche à l’action de ces militants syndicaux, en créant dans les entreprises des assemblées citoyennes et des collectifs Front de gauche. Un appel va être lancé en ce sens à la Fête de l’Humanité. La démarche du Front de gauche est de fédérer, rassembler, débattre, élargir 
le rapport de forces, pour convaincre de la nécessité de se mobiliser, et de l’utilité du vote en faveur du Front de gauche. Ça ne peut pas se jouer entre d’un côté l’UMP et le PS et de l’autre le FN dont il faut démasquer l’imposture sociale.

Est-ce à dire que la gauche manque d’ambition, aujourd’hui ?

Didier Le Reste. La démarche du Front de gauche n’est pas d’accompagner ou d’aménager le système en crise. Nous avons besoin de propositions en rupture beaucoup plus nettes que celles, par exemple, du projet socialiste. Pour cela, le Front de gauche doit mettre en débat des propositions qui articulent à la fois radicalité et responsabilité, c’est-à-dire des propositions dont on démontre qu’elles sont ambitieuses, faisables, crédibles et accessibles. L’idée est de crédibiliser la démarche du Front de gauche, mais aussi de peser dans la gauche. Par exemple, notre responsabilité n’est pas d’éluder la question de la dette publique, mais de démontrer que son accroissement n’est pas lié à la dépense sociale, et que la solution n’est pas la règle d’or, dont le principe a été majoritairement rejeté par les Français en 2005. Autre exemple, la crise du système capitaliste a suscité un besoin de plus de solidarité et donc de plus de services publics. Le Front de gauche doit reposer la question de la renationalisation des grands services publics, avec un autre type de gouvernance, des moyens et des pouvoirs nouveaux pour les citoyens, les salariés, les associations d’usagers.

 L’absence d’une alternative claire et partagée à gauche, comme on l’a vu durant le mouvement des retraites, n’est-elle pas un obstacle pour gagner?

Didier Le Reste. On ne peut pas éluder le fait qu’après sept mois de mobilisation en 2010, la bataille de l’opinion publique sur les retraites a certes été gagnée mais la réforme est passée. Pour autant, ce mouvement inédit a soulevé de nombreuses questions politiques, comme la nécessité de repenser le contenu du travail, ses finalités, mais encore le dialogue social, la notion de dignité au travail, la répartition des richesses… Au regard de l’aiguisement de la crise et de ses conséquences, on constate une volonté de rechercher des issues, ce qui conduit à un regain d’intérêt vis-à-vis de ce qui naît de neuf à gauche et notamment du Front de gauche.

 Le Front de gauche lance à la Fête de l’Humanité son programme partagé, « l’Humain d’abord». Les salariés y trouveront-ils des réponses à leurs préoccupations?

Didier Le Reste.Ce programme n’est pas livré tout ficelé, il a vocation à être débattu et amélioré. Mais, d’ores et déjà, les salariés, les syndicalistes, y trouveront des arguments et des réponses sur le pouvoir d’achat et les salaires, la protection sociale, les retraites, la fiscalité, l’écologie, les services publics, la construction européenne. Le Front des luttes doit contribuer à bonifier ce programme. Je souhaite qu’à un moment de la campagne, on extraie de ce programme quelques idées-forces qui fédèrent le monde du travail. Montrer de quelle manière nos réponses se distinguent en proposant une politique en rupture, non pas de façon incantatoire, mais toujours avec ce même esprit de responsabilité pour crédibiliser notre programme. Pour chaque proposition, il faut que nous expliquions comment nous comptons la financer. La gauche ne peut pas satisfaire tout le monde: les marchés financiers, le grand patronat et le monde du travail. Il faut donc dire où et à qui nous comptons prendre l’argent pour financer notre politique.

Tag(s) : #Débats
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