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On nous fait le coup du vote utile à chaque élection…

 
Après le naufrage de la gauche italienne, avant le naufrage prochain des travaillistes britanniques, et probablement celui des socialistes espagnols, le dernier week-end électoral de septembre a été très instructif, avec les législatives allemandes et portugaises.

 

En effet, on observe que :

-quand la gauche socialiste se tourne vers la droite, c’est la cata…(cas allemand),

-quand la gauche de gauche se divise, ce n’’est pas la cata mais les socialistes restent au pouvoir… et devront rester dans le cadre du  consensus libéral (cas portugais). Donc ça continue comme avant alors que ce pays est très malmené par la crise.

 

En Allemagne:

 

Une abstention forte (pour ce pays : le taux de participation passe à 70,8 % contre 77,7 % précédement).

 

A. Merkel est affaiblie, le SPD (PS) s’effondre à son niveau le plus bas depuis 1945.

 

A. Merkel sera obligée de gouverner avec les libéraux du FDP sur des promesses totalement irréalistes, par exemple celles de baisse des impôts alors que,  dans les années à venir, il n’y aura pas de sortie de crise pour les finances publiques sans hausses des prix et des impôts[1].

 

Die Linke[2] fait une véritable percée (à 11,9 % contre 8,7 % auparavant) et les Verts dépassent 10% pour la première fois.

 

Le paradoxe qui fait que, dans cette situation où le capitalisme est responsable de la plus forte crise depuis 1929, la droite gagne partout en Europe n’est qu’apparent.

 

Parmi les électeurs populaires, il y a:

          -ceux qui adhèrent à la musique ou se laissent tromper par les joueurs de pipeau populistes,

 -ceux qui bénéficient des miettes de la financiarisation et de la dérégulation de la vie économique et sociale.

 

Ces deux catégories votent naturellement à droite et s’attendent à que cela reparte comme avant la crise.

 

Il y a aussi ceux qui sont contre le système et votent de manière affirmée pour les forces antilibérales. D’où le succés, même relatif, à gauche ce week-end.

 

Il y a enfin ceux qui restent entre deux, et ceux-là reculent…en effet, la situation exige la clarté des orientations choisies[3]. Ceci explique les échecs plus ou moins nets des socialistes, ici et là.

 

Au Portugal :

 

Le PS gagne mais n’a plus la majorité absolue. La droite recule aussi.

 

Le PS devra donc faire des concessions permanentes à la droite pour gouverner. Il reste prisonnier du consensus libéral-social-libéral malgré la très nette progression de la gauche de gauche, à 18%.

 

Celle-là est divisée entre le Bloco de esquerda (trotskystes-et autre extrême gauche- 9 ,9%) et la Cdu (Parti communiste portugais, Verts – 7,9%). En consèquence cette gauche ne réalise pas la percée décisive pour modifier le cours des choses.

 

Là encore le consensus libéral-social-libéral est battu en brèche…mais se maintient cette fois-ci grâce à la division.

 

***

 

Dans le contexte actuel, pour progresser à gauche,

 

          -il faut s’affirmer de gauche sans complexe,

          -il faut unir sans exclusive les forces qui refusent le consensus libéral-social-libéral,

          -il faut construire, à partir des luttes populaires réelles, et elles ne manquent pas, des propositions alternatives qui cimenteront durablement cette unité.

 

Aujourd’hui, le vote utile à gauche c’est donc choisir :

 

          -une gauche de gauche qui s’affirme, l’actuel Front de gauche pouvant être une base de départ,

 

          -un rassemblement incluant le Front de Gauche[4], le NPA, les courants socialistes et verts de gauche[5], La Fédération, plus les citoyens, issus de la société civile et des mouvements populaires, syndicaux, féministes, associatifs…

 

          -des propositions et une stratégie cohérentes, partant des revendications populaires, en rupture franche avec la politique libérale que nous connaissons depuis 26 ans, qu’elle ait été incarnée, avec des inflexions non négligeables, par des gouvernants de gauche ou de  droite.

 

Les résultats des pays européens voisins montrent que nous ne sommes pas seuls à réfléchir et à agir en ce sens. Là se construit l’Europe de demain.

 

Le black-out entretenu cette semaine dans les commentaires des médias sous influence sur ces résultats électoraux récents est impressionnant de ce point de vue. Il nous montre ce que l’oligarchie dominante craint le plus.

 

En effet, Sarkozy peut être battu, encore faut-il que cela débouche sur un changement véritable changement de cap social, écologique et économique en France et en Europe…

Voir:  Enfin, l'union à gauche? , Sarkozy peut être battu

et Sarkozy pris à contre-pied, reste en position de force …



[1] Même si le déficit allemand est aujourd’hui un des plus faibles en Europe ;

[2] La Gauche, rassemblement des communistes, de socialistes de gauche, de l’extrême gauche  et de divers progressistes ;

[3] Rappelons-nous tout de même que la seule victoire de la gauche aux présidentielles, c’est 1981, sur un programme marqué à gauche…

[4] PCF, Parti de gauche, Gauche Unitaire (ex-NPA), et républicains de gauche issus du MRC chevènementiste ;

[5] C’est à dire peu peu tentés par la galaxie « tout sauf sarko » des socio libéraux (de Veillon à Cohn-Bendit en passant par Valls) en route vers Bayrou,




Tag(s) : #Débats
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