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Lebrac 3 mois de prison

Seuil 18€






Nous avons interviewé l’auteur, Bertrand Rothe.

 



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Malakoff antilibéral unitaire. Comment vous est venue l'idée de la référence à La guerre des boutons pour éclairer la situation actuelle dans nos établissements scolaires et les discours qu'elle suscite ?


Bertrand Rothe
- C'est à la suite d'une conversation avec Laurent Bonelli, qui est un des spécialistes de la violence en France. Il constatait que c'était impossible de faire comprendre à nos citoyens que la violence baisse en France depuis la fin du XIX siècle. Que la violence est un instrument politique. Nous avons donc eu l'idée de partir d'une référence littéraire partagée par l'ensemble de la population et de la soumettre à des policiers, des juges, des éducateurs. 

C'est ce que j'ai fait, tout en respectant la forme de La Guerre des Boutons. Nous avons donc choisi de continuer le roman. Exactement là où l'a laissé Pergaud. Il y a juste un siècle d'écart entre la dernière page du premier roman et la première page du mien. Pour le reste la trame est la même. Les personnages n'ont pas changé de noms, les villages sont devenus des quartiers. Le garde  champêtre un policier municipal, les relations amicales et amoureuses évoluent... 

 
-MAU- Auteur et enseignant, quelles permanences et quelles différences voyez-vous entre l'époque du livre, et celle du film, et aujourd'hui, dans le monde de l'enfance et de l'adolescence? Dans les rapports des adultes à ce monde ?


BR- J'ai moi même été un enfant turbulent, voire violent. J'ai même été renvoyé de l'Education Nationale pour cela. Je n'en suis pas fier du tout. Mais c'est une réalité. 

Une assistante sociale m'a obtenu une place dans un Lycée d'Enseignement Professionnel. J'ai rencontré des profs à l'écoute, des profs qui avaient eux- mêmes vécu des moments difficiles, et je leur dois beaucoup. Je suis devenu cuisinier. C'était la forme de régulation des enfants difficiles, ils entraient rapidement dans la vie professionnelle. Ma socialisation s'est faite par mes camarades de travail.   Aujourd'hui cette régulation se fait par des institutions plus formelles, les juges, la police et la prison. C'est beaucoup plus stigmatisant. 40 ans avant j'aurais été emprisonné, ma photo aurait peut être été à la une de la presse. Aujourd'hui je suis un prof agrégé en économie, heureux d'aller enseigner à Sarcelles. 


 
-MAU- Je suppose que vous avez déjà eu des rencontres autour de ce livre avec des enfants, des adolescents et des parents: qu'elle sont les principales questions et les réactions auxquelles vous avez eu alors à faire face?


BR- Mon livre vient juste de sortir, je n'ai pas encore été invité par des enseignants, des élèves, mais je suis à leur disposition pour toutes rencontres. 

 

Voir Avec Sarko, le Guerre des boutons n'aura pas (plus ?) lieu...

 

Tag(s) : #Livres et documents
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