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…au cours des conférences de presse sur les résultats du recensement de la population du 13 janvier 2009

 

Mesdames, Messieurs, bonjour !

 

Je vais intervenir environ 5 minutes au nom des personnels et du Comité de Défense de la Statistique Publique. Vous pourrez nous poser des questions et prendre un dossier de presse à la sortie de la conférence.

 

Nous souhaitons alerter l’opinion publique car l’année 2009 commencerait sous de bien mauvais auspices si le projet de délocalisation de la statistique publique devait voir le jour. Je vais commencer par un bref rappel des faits.

 

Le gouvernement a décidé l’été dernier de délocaliser à Metz une partie des services de la statistique publique, pour tenter de compenser l’impact de la fermeture de bases militaires sur l’économie et la démographie locales. Le Premier ministre a ensuite commandé un rapport au directeur général de l’Insee, Jean-Philippe Cotis, et au vice-président du Conseil National de l’Information Statistique, Jean-Pierre Duport, pour définir les contours d’un futur pôle statistique messin.

 

Ce rapport réalisé en trois mois définit les contours d’un projet de délocalisation de 500 postes dont la moitié actuellement situés hors d’Ile de France. La lettre introductive du rapport signale toutefois que cette délocalisation présente un risque important pour la qualité du service statistique public. Aux dires même des auteurs du rapport, voilà un projet dont, je cite : « l’opportunité […] ne va pas nécessairement de soi ». Car les expériences passées de délocalisation montrent qu’elles sont « source de coûts élevés et débouchent souvent […] sur des échecs ». De fait, le projet comporte « un risque élevé de perte d’expérience professionnelle et de capital humain » et aussi un risque de « dispersion des moyens et de perte d’efficacité ». Enfin, « les coûts humains et financiers d’un échec en cours d’opération seraient prohibitifs » pour l’Insee et les services statistiques ministériels.

 

Malgré ces mises en garde qui, soit dit en passant, décourageraient n’importe qui de se lancer dans la réalisation d’un tel projet, deux conseillers du Premier ministre nous ont confirmé, lors d’un entretien le 19 décembre, l’intention du gouvernement d’appliquer le rapport dans ses contours actuels. Toutefois, alors que le rapport met l’accent sur le caractère crucial des conditions financières d’accompagnement du scénario proposé, le gouvernement a refusé la publication de ses annexes financières. Les conseillers du PM nous ont indiqué qu’elles seraient l’objet de « négociations ». Tout porte donc à croire que l’on se dirige non seulement vers une délocalisation, mais qui plus est une délocalisation au rabais.

 

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cette délocalisation serait néfaste pour au moins trois raisons :

 

-         d’abord, le gouvernement la présente comme une mesure d’aménagement du territoire, mais plus de la moitié des postes du pôle messin seraient prélevés dans les implantations régionales de l’Insee, ce qui revient à déshabiller Pierre pour habiller Jacques. Il s’agit donc ici avant tout d’affichage… d’ailleurs les effets sur l’agglomération de Metz n’ont pas fait l’objet de la moindre évaluation ;

 

-         ensuite, imposer à la statistique publique une réforme dont la finalité n’est ni sa qualité ni son efficacité met à mal son indépendance dans un contexte déjà difficile, où le gouvernement se permet de prendre publiquement position contre l’Insee et de censurer les publications des services statistiques ministériels. 

 

-         enfin, le coût de la délocalisation se chiffrerait en centaines de millions d’euros : si le gouvernement n’est pas disposé à allouer un budget spécifique, la facture devra être prélevée sur les budgets de fonctionnement, ce qui réduirait d’autant les productions statistiques et empêcherait bien sûr le développement de toute nouvelle production, dans un contexte où la demande du public reste croissante, notamment de la part des élus locaux.

 

 

A terme, nous pensons que ce projet menace la pérennité de certaines de nos activités. En effet, la statistique publique va voir ses effectifs se réduire de 750 personnes d’ici cinq ans sous l’effet de la RGPP et des départs à la retraite non compensés. La création d’un nouveau site en région constituerait donc une saignée supplémentaire pour les implantations régionales de l’Insee comme pour les services parisiens. Comment alors s’assurer que les différents établissements et services parviendront ne serait-ce qu’à maintenir leurs activités actuelles ?

 

Il est vrai que la statistique publique doit s’adapter en permanence aux mutations de la société, et elle le fait, comme le prouve par exemple la mise en place du nouveau recensement et les travaux qui vont vous être présentés aujourd’hui. Les personnels de la statistique publique ne sont pas hostiles au changement, bien au contraire, mais le projet de délocalisation du gouvernement est à la fois coûteux, faiblement utile à l’agglomération de Metz et nocif pour la production statistique nationale et régionale.

 

C’est pour toutes ces raisons que nous réaffirmons aujourd’hui notre opposition déterminée à ce projet et, en guise de bonne résolution pour l’année qui commence, le maintien et le renforcement de notre mobilisation .

 

Pour de plus amples informations, je vous renvoie sur le site www.sauvonslastatistisquepublique.org où vous pourrez aussi signer la pétition contre le projet de délocalisation.

Je vous remercie de votre attention.

(Organisations syndicales de l'INSEE et comité de défense de la statistique publique)

Tag(s) : #Annonces et compte-rendus de réunions
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