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1936-2026 : perpétuer le message des brigadistes internationaux
À l’occasion des 90 ans de la guerre d’Espagne, l’Acer (les Amis des combattants en Espagne républicaine) veut rendre hommage à celles et ceux qui ont rejoint, par dizaine de milliers, leurs camarades espagnols pour combattre le fascisme.
le 16 juillet 2026

Fabienne Reberioux
Membre des Amis des combattants en Espagne républicaine
« De tous les peuples et de toutes les races, vous êtes venus à nous comme nos frères, comme fils de l’Espagne immortelle, et aux pires jours de notre guerre (…) » La Pasionaria
Dès l’été 36 à l’été 1938, des milliers d’hommes et plusieurs centaines de femmes – 40 000 au total dont près de 10 000 Français et Algériens – accourent en Espagne.
Ils viennent défendre la République espagnole contre le coup d’État franquiste. Ils ont compris que ce qui est en cause n’est pas seulement la survie de la République Espagnole, c’est la défense de la France et de l’Europe face à la menace nazie. Ils sont lucides alors que la France et la Grande-Bretagne prônent la « non-intervention » et que Hitler et Mussolini arment les putschistes.
Ils sont communistes, anarchistes, socialistes, sans parti, syndicalistes, ouvriers et employés, médecins, infirmières, intellectuels, pilotes et mécaniciens de l’escadrille Malraux. Ils viennent de France, Français et Espagnols immigrés, antifascistes allemands, Italiens, Polonais réfugiés ayant fui les dictatures et l’antisémitisme. Ils viennent de Belgique, de Suisse, d’Europe centrale, des pays Baltes, passant les frontières suspicieuses, ou arrivent des Amériques par les ports du Havre ou de Bordeaux.
Les précurseurs des Brigades internationales s’engagent dès août 1936, pour certains dans les milices, et forment ensuite les bataillons Thaelmann, Commune de Paris, Dombrowski, Garibaldi.
Très vite, devant l’afflux imprévu de volontaires, se pose la question de leur structuration. Le décret de création des Brigades internationales intervient le 22 octobre 1936, après accord de l’Internationale communiste (Komintern) en septembre et celui du gouvernement espagnol le 17 octobre 1936.
Ils sont regroupés à Albacete, où ils reçoivent un minimum d’instruction militaire. Car, si certains ont déjà une expérience militaire acquise pendant la guerre de 1914 ou la guerre du Rif, d’autres ont fait simplement leur service militaire ou n’ont jamais tenu une arme.
Ils seront sur tous les fronts. Le baptême du feu a lieu à Madrid, en Andalousie, à Teruel ou au Jarama. S’égrènent ensuite les noms connus des batailles de Guadalajara, la Granja, Brunete, Huesca, Belchite, Teruel encore, et l’offensive franquiste d’Aragon au printemps 1938. Jusqu’à la dernière grande bataille, la plus sanglante, la bataille de l’Ebre, de juillet à septembre 1938.
Le 21 septembre 1938, Juan Negrin prend la décision de mettre fin aux Brigades internationales. Il espère que Hitler et Mussolini feront de même avec leurs troupes. Illusion. Le 28 octobre, Barcelone fait des adieux grandioses aux brigadistes avec un discours de la Pasionaria resté célèbre.
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De retour en France, les anciens d’Espagne réintègrent parfois difficilement la vie civile (blessés, chômeurs…). Les brigadistes étrangers auxquels le gouvernement refuse le statut de réfugiés sont internés dans des camps de concentration du Sud-Ouest.
Juin 1940, la France est occupée. Pétain collabore. Petit à petit la Résistance s’organise. Les anciens brigadistes y prendront toute leur part. Ils forment souvent l’ossature des premiers groupes armés. Célèbres ou anonymes, français ou étrangers, nombreux y laisseront la vie.
L’Amicale des volontaires en Espagne républicaine (Aver) est créée dès 1937 : trait d’union entre tous les vétérans, pour la défense de leurs droits, des libertés et de la paix. L’Acer (les Amis des combattants en Espagne républicaine), qui en 1996 a pris la suite de l’Aver, fait vivre leur mémoire. Voyages mémoriels en Espagne ; participation à diverses cérémonies ; inauguration en 2016 d’un monument gare d’Austerlitz ; colloques Solidarias !, en 2018 sur la place des femmes dans la solidarité avec l’Espagne ; développement d’un dictionnaire virtuel des brigadistes français (déjà 1850 parcours de volontaires) ; depuis 2022 publication de mémoires de brigadistes.
Pour le 90e anniversaire de la création des Brigades internationales, en 2026, paraîtra en octobre une BD : La XIVe Brigade internationale, la Marseillaise : de Madrid jusqu’à l’Ebre, 1936-1938. Une journée d’études au Mémorial de Rivesaltes est prévue le 16 octobre 2026 : « 90 ans, d’une mémoire partagée : état des lieux et perspectives 1936-1996-2026 ».
Ce travail de mémoire et de connaissance, nous le devons aux anciens volontaires, pour que leur message ne reste pas vain.
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