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Lu sur Les prix du logement ont augmenté de 60 % en Europe, et les politiques d’extrême droite n’y sont pas étrangères - L'Humanité

Les prix du logement ont augmenté de 60 % en Europe, et les politiques d’extrême droite n’y sont pas étrangères

Une note de la Fondation pour le logement, présentée le 16 avril, démontre comment la progression des partis de Le Pen, Orban et d’autres s’accompagne d’un recul des politiques sociales et d’un affaiblissement de celle du logement, au détriment des plus précaires.

le 16 avril 2026

Scarlett Bain

Loin d’être un phénomène franco-français, la crise du logement touche l’ensemble des pays de l’Union européenne (UE). Depuis 2015, les prix du logement ont augmenté de 60 % et près de 9 % des Européens consacrent plus de 40 % de leurs revenus à leur habitat.

Se loger est devenu la première préoccupation des citoyens de l’UE et les partis d’extrême droite surfent sur cette question sociale, qui est d’ailleurs un droit fondamental. Sans apporter de réponses structurelles à la crise, au contraire, ils prônent toujours plus de dérégulations du marché et favorisent ainsi et toujours les ménages les plus aisés.

Des conséquences visibles en Hongrie, en Finlande

La Fondation pour le logement s’attache à démontrer, dans une étude (« Extrême droite en Europe : les mal-logés en danger ») publiée ce jeudi 16 avril, comment les politiques d’extrême droite aggravent cette crise du logement. L’enjeu est d’autant plus important que plusieurs scrutins majeurs sont prévus en 2026 et 2027 au Portugal, en Allemagne, en Espagne et en France.

Dans les pays où l’extrême droite est au pouvoir, les conséquences sont évidemment les plus visibles. Dans la Hongrie de Viktor Orban, les prix du logement ont triplé entre 2015 et 2024. En Finlande, où cette mouvance est entrée au gouvernement par le jeu d’une coalition menée par la droite conservatrice, les budgets consacrés à l’accompagnement des ménages ont été divisés par deux. Conséquences : « Pour la première fois depuis plus de dix ans, le nombre de personnes sans domicile a augmenté en 2024 et en 2025. À cette date, 4 579 personnes vivant seules étaient sans domicile en Finlande, soit 1 150 de plus qu’en 2023 », précise le rapport.

« Une banalisation des idées d’extrême droite »

Partout en Europe, l’extrême droite gagne de plus en plus de sièges dans les parlements nationaux ou lors des élections locales. Une progression générale qui « contribue à la banalisation de leurs idées, reprises de plus en plus par les partis traditionnels », affirme Sarah Coupechoux, responsable de la mission Europe pour la Fondation pour le logement.

Cette collusion d’idées entre parti traditionnel et extrême droite s’illustre ainsi en France au travers de la loi Kasbarian-Bergé, activement soutenue par le Rassemblement national. Cette dernière vise à durcir la législation pénale à l’encontre des squatteurs et à réduire considérablement les droits des locataires en situation d’impayés.

Les personnes en difficulté, qu’elles occupent des bâtiments vides ou se maintiennent dans un logement malgré des impayés, sont présentées comme des délinquants abusant de la faiblesse de propriétaires en détresse. Avec cet outil, les expulsions locatives ont augmenté de 27 % en un an, après une hausse de 87 % l’année précédente, selon les données de la Chambre nationale des commissaires de justice (ex-huissiers de justice). Ainsi 30 500 ménages ont été forcés à quitter leur logement après décision de justice.

Une instrumentalisation « pour criminaliser les migrants et les pauvres »

Entre leurs mains, la question du droit au logement est « instrumentalisée pour devenir un argument de campagne et criminaliser les migrants et les pauvres », explique encore le plaidoyer. À l’instar de « Marine Le Pen qui, en février 2025, relève sur son compte X les chiffres du sans-abrisme en France en désignant comme responsable « l’immigration de masse qui aggrave la pression sur le logement social et le parc locatif privé des classes populaires » ». Tout en jouant sur l’opposition entre bons et mauvais citoyens, les élus d’extrême droite veulent invisibiliser la pauvreté. Pour eux, il existerait les « paresseux et les parasites qui ne participeraient pas suffisamment à l’effort pour la nation, face aux travailleurs », atteste Sarah Coupechoux.

La patronne du RN milite ainsi, comme ses voisins européens du même bord, pour la préférence nationale dans l’attribution de logements sociaux. Aux Pays-Bas, l’accord de coalition entre droite et extrême droite prévoit ainsi de ne plus donner la priorité aux personnes ayant obtenu le statut de réfugié. Une campagne menée sur une idée fausse, pourtant démentie par les chiffres, puisque selon l’Agence de l’Union européenne pour l’asile, seuls 7 % des logements municipaux disponibles avaient été attribués à des réfugiés.

Des cadeaux fiscaux toujours fléchés vers les propriétaires les plus riches

Alors que, dans le même temps, des cadeaux fiscaux sont faits aux riches. Ainsi, en matière de fiscalité, le Rassemblement national s’est lui aussi farouchement opposé aux propositions de loi visant à réduire la niche fiscale dont bénéficiaient les loueurs de meublés touristiques en France. Il promet par ailleurs de retirer la résidence principale de l’assiette de l’impôt sur la fortune, au profit des plus riches, propriétaires de leur habitat. Et, sans surprise, les plus précaires sont condamnés à vivre dans des logements qui ne seront pas rénovés et ne répondront pas aux normes environnementales.

 

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