Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Lu sur Municipales 2026 : l’écharpe et les tempêtes - La chronique de Philippe Rio - 12 novembre 2025 | L'Humanité : lire, agir

Municipales 2026 : l’écharpe et les tempêtes

le 12 novembre 2025

C’est avec ce titre évocateur, l’Écharpe et les tempêtes (l’Aube), que Frédéric Dabi et Brice Soccol se sont plongés, à quatre mois des municipales, scrutin préféré des Français, au plus près des maires, des citoyennes et des citoyens. Un livre paraît avant le 107e congrès des maires, entre succession de crises et incertitudes multiples, pour une élection municipale inédite au vu de la proximité de la présidentielle, de la conflictualité du débat public et d’un contexte international en pleine ébullition.

Notre pays se prépare à élire 640 000 élus municipaux parmi 900 000 candidats. Soit un test démocratique d’ampleur pour une nation aux 1 000 défis, dans un débat national avec trois forces politiques, RN, LFI et En marche, aux faibles implantations locales.

Rares sont les ouvrages creusant les ressorts et les ambivalences du monde politique local et de ce tiers de confiance qu’est le maire à portée de confidences, d’intime, de quotidienneté et de proximité. Sans avoir tous les outils d’action, les élus locaux sont pris en tenaille entre des citoyens consommateurs et un contrat social en souffrance avec l’État. Et ce avec une opinion publique secouée par l’émergence de fake news et d’images créées de toutes pièces par l’IA sur les réseaux sociaux.

Les injonctions contradictoires envers les élus locaux sont sans précédent. Gérer les complexités devient un art majeur. 68 % des Français ont confiance en leurs maires et en même temps plus de 50 % veulent le changement. Les priorités de nos compatriotes sur la sécurité, la fiscalité et l’accès aux soins nationalisent les municipales. Mais l’efficacité communale, pour les équipes sortantes, et la capacité à produire un imaginaire local peuvent les relocaliser.

Sur le même thème

Le logement, premier poste des dépenses des ménages, est un enjeu à raviver. Dans bien des cas le maire bâtisseur a laissé place au maire planteur d’arbres et créateur d’espaces verts. Les bailleurs sociaux se sont fait faire les poches par l’État libéral. L’explosion de la liste de demandeurs de logements sociaux écorne la relation maire-citoyens.

 

Et dix ans après la COP21, l’écologie reste aussi une réalité pour les élus locaux confrontés à des climatosceptiques locaux. Le maire devient un funambule et un urgentiste du vivre-ensemble. À l’instar des associations et des PME, la commune est un espace de confiance, mais pour combien de temps encore ?

J’ajouterai que, avec la décentralisation à bout de souffle et des moyens d’agir en diminution, les « promesses » seront difficilement tenables avec une pénurie annoncée d’argent public. Les futurs élus auront un devoir républicain majeur à la veille de la présidentielle.

Exiger de leurs camps politiques la redéfinition d’un projet de décentralisation et le rétablissement de moyens financiers adéquats face au monde de l’argent roi. Le service public local, c’est capital. Plus que jamais, le prochain mandat dans la petite République qu’est la commune sera un mandat de résistance, d’audace et d’innovation sociale et écologique.

Philippe Rio, maire de Grigny

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :