Lu sur Pax hebraïca - L'éditorial de Christophe Deroubaix - 17 juillet 2025 | L'Humanité : lire, agir
le 17 juillet 2025
Cette semaine, l’armée israélienne a continué de pilonner Gaza, est intervenue dans le sud de la Syrie tout en frappant Damas, a bombardé le Liban-Sud et laissé des colons s’attaquer à un village en Cisjordanie. Il y a un mois, elle lançait une guerre de douze jours contre l’Iran après avoir mené une autre guerre contre le Hezbollah.
Cette frénétique activité commanditée par Benyamin Netanyahou vise à imposer au Proche-Orient une « pax hebraica ». Israël s’y comporte comme la puissance américaine a eu l’habitude de le faire à l’échelle de la planète depuis la fin de la guerre froide : en superpuissance, gendarme de son environnement.
Cette hégémonie, qui s’impose par le fer et le feu de Damas à Gaza et de Beyrouth à Jénine, ne représente en fait qu’une victoire en trompe-l’œil, ou à la Pyrrhus, comme disaient les Grecs anciens. Si le pouvoir à Tel-Aviv se rengorge de ses triomphes militaires, ces derniers se paient au prix d’un coût politique exorbitant.
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Israel: une logique suicidaire. Benyamin Netanyahou, qui affiche le record de longévité pour un premier ministre, est en train de transformer Israël en État paria. Le Sud global et les opinions publiques du Nord sont révulsés par la guerre génocidaire qu’il mène à Gaza. Diplomatiquement, il ne peut plus compter que sur le soutien indéfectible de son éternel « parrain » américain, pourvoyeur de veto à l’ONU et de cargaisons d’armes, et sur la lâcheté des dirigeants européens, incapables de prendre des sanctions.
Par sa décision de ne pas sanctionner Israël, l’Europe est sortie un peu plus de l’Histoire, abandonnant Gaza à son sort et Israël, dont elle se prétend l’alliée, à la coalition d’extrême droite au pouvoir qui s’avère, finalement, être le plus grand danger auquel le pays doit faire face. Il convient d’être précis : pas toute l’Europe. L’Irlande, la Slovénie et l’Espagne ont emprunté un chemin et s’y trouvent bien seuls, attendant – vainement, pour l’instant – que la France, principale force diplomatique de l’UE, les y rejoigne.
Christophe Deroubaix
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