Pourtant, le président Macron a annoncé (le 18 mars) le doublement des Forces aériennes stratégiques, soit une augmentation de l’arsenal nucléaire. La publication en mai de la nouvelle Revue Stratégique devrait accompagner ce mouvement avec l’annonce d’une hausse supplémentaire du budget « dissuasion », pourtant déjà en augmentation de près de 45 %, par rapport à la précédente loi de programmation militaire (2019-2025). Ces annonces sont réalisées par un pouvoir exécutif qui, une nouvelle fois, passe par-dessus le Parlement, en imposant des décisions, sans le moindre débat démocratique au sein des assemblées et dans la précipitation.
Dans cette course ouverte aux arsenaux, qui serait toujours la faute des autres, la parole présidentielle pour ouvrir le partage de la protection nucléaire de la France à certain États européens (Pologne, Allemagne, Norvège) renforce le danger de la prolifération verticale et la fin du TNP.
Ces décisions sont en contradiction flagrante avec les engagements pris dans le cadre du TNP, traité qui a permis d’éviter jusqu’ici la multiplication des puissances nucléaires. La poursuite de cette politique ne peut qu’accélérer la course aux armements et signifie l’acceptation de confronter les populations au risque d’une guerre nucléaire.
Si la France veut « sauver le TNP », ICAN France recommande au ministère des Affaires étrangères de
- réitérer l’engagement sans équivoque pris (en 2000 et 2010) par les États dotés d’armes nucléaires de procéder à l’élimination totale de leurs arsenaux nucléaires en vue du désarmement nucléaire auquel tous les États parties se sont engagés en vertu de l’article VI ;
- condamner les avancements qualitatifs et quantitatifs des arsenaux nucléaires des États dotés d’armes nucléaires comme des violations de l’article VI ;
- refuser le « partage nucléaire » ou le déploiement d’armes nucléaires sur un territoire étranger, et en appelant tous les États à mettre fin à de tels arrangements.