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Quand le vote utile à gauche s’invite dans la campagne

Présidentielle Ségolène Royal, candidate malheureuse du PS en 2007, a surpris son monde en appelant à voter Jean-Luc Mélenchon. Une prise de position qui résonne avec la recomposition de la gauche visée par la FI.

Publié le
Vendredi 18 Février 2022
LOIC VENANCE / AFP
LOIC VENANCE / AFP
 

Voilà que la petite musique du vote utile à gauche fait son retour. Non pas en faveur d’un PS dont l’hégémonie n’est plus depuis la fin du quinquennat de François Hollande, mais de Jean-Luc Mélenchon. L’insoumis, candidat de l’Union populaire, oscille entre 9 % et 13 % des intentions de vote et parvient à mobiliser dans ses meetings, comme dimanche dernier à Montpellier, avec 8 000 personnes. Dès lors, son entourage n’en doute pas : « Jean-Luc Mélenchon incarne ce vote efficace qui permet la qualification au second tour », note Adrien Quatennens, assurant, mercredi, que « les ingrédients sont réunis pour que la dynamique de 2017 se reproduise ».

En tête de la gauche dans les sondages, ses proches travaillent à cette dynamique. Et ont reçu sur ce terrain un soutien des plus inattendus. Mercredi, Ségolène Royal a pris tout le monde de court. « Le vote utile à gauche, c’est Mélenchon », lâche la candidate socialiste de 2007, estimant au passage qu’il fait « la meilleure campagne ». « Si la gauche veut être au second tour, il faut que les responsables se réunissent, en regardant ce qui nous rassemble et non ce qui nous divise », a-t-elle ajouté, jugeant que l’insoumis « est en train d’arrondir les angles sur ce qui pouvait déplaire chez lui ». Dans la foulée, le député FI temporise : « Son mérite est d’autant plus respectable, car je sais que son soutien n’est pas un ralliement. » Et pour cause, la FI théorise la concurrence, à gauche, entre un « bloc populaire » et le centre gauche composé du PS et d’EELV.

Côté socialiste, la gêne est palpable

D’autant que la rupture entre Jean-Luc Mélenchon et le Parti socialiste s’est concrétisée après la campagne présidentielle de Ségolène Royal. Peu après l’échéance, qui s’était conclue par une tentative de rapprochement avec le centriste François Bayrou, l’ex-sénateur étrillait, dans un livre, une campagne incarnant « crûment et ouvertement une mutation idéologique que François Hollande a préparée de façon homéopathique au fil de ses dix années à la tête du PS ». Au congrès de Reims, l’année suivante, il claquait la porte après la victoire de la motion des proches de l’ex-ministre.

Côté socialiste, la gêne est palpable. L’intéressée avait repris sa carte en 2021, espérant en vain une investiture pour les sénatoriales. «  Je ne sais pas si Ségolène Royal est la bonne boussole. Il y a cinq ans c’était Macron ; il y a trois ans, Jadot. Et il y a quelques jours, Pécresse ! » tance le premier secrétaire, Olivier Faure. « Ségolène est passée de Désir d’avenir à désir de nuire. Sauf à être invitée sur les plateaux, elle n’est plus rien aujourd’hui », s’amuse un proche d’Anne Hidalgo.

Preuve de l’impasse dans laquelle se trouve la social-démocratie, ni la candidate PS ni Christiane Taubira ou encore l’écologiste Yannick Jadot ne trouvent grâce aux yeux de l’ancienne ministre de l’Environnement. « J’ai dit vote utile, pas soutien », a-t-elle clarifié jeudi, n’oubliant pas au passage de tacler un PS qui, « avec 2 %, rompt tristement avec ses électeurs et son histoire ». Ambiance.

Tag(s) : #Elections
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