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« Pas de profit sur la pandémie » : le combat de l'eurodéputé Marc Botenga
Samedi 6 Mars 2021

Élu belge de la gauche européenne, Marc Botenga bataille contre les logiques marchandes. Il milite pour lever les brevets sur les vaccins et rappelle que « s’il y a des fonds publics, il faut un contrôle public et de la transparence ».

 

Mener des combats au niveau européen est possible. Marc Botenga s’y emploie. À 40 ans, il est élu député européen pour le Parti du travail de Belgique (PTB) en 2019. Il est aujourd’hui l’un des animateurs d’une campagne européenne sur la transparence des vaccins. Avec des militants d’autres pays, ils se sont lancé le défi de collecter un million de signatures, dans le cadre d’une initiative citoyenne européenne (ICE), pour qu’une législation garantisse la transparence sur les contrats passés avec les laboratoires et que les entreprises pharmaceutiques ne fassent « pas de profit sur la pandémie ». Le PCF en France, Podemos en Espagne, Die Linke en Allemagne, les gauches italiennes sont de la bataille.

 

La santé avant la logique de propriété intellectuelle

Ces derniers mois, on a vu Marc Botenga intervenir dans les médias belges, français, italiens, espagnols, et même britanniques malgré le Brexit. Ce qui est assez rare pour un député européen. L’idée de départ de l’initiative citoyenne : « S’il y a des fonds publics, il faut un contrôle public et de la transparence », explique-t-il à « l’Humanité Dimanche ». En effet, la Commission et les États membres de l’Union européenne (UE) ont déversé des centaines de millions d’euros pour financer la recherche et la production de vaccins.

« Les géants pharmaceutiques influencent énormément nos États et la Commission. Il nous faut un contre-pouvoir pour peser », estime le député, qui appelle à dépasser la logique de propriété intellectuelle. Avec d’autres, il a contribué à ce que la Commission publie – dans une version fort expurgée – les contrats qui la lient aux laboratoires pharmaceutiques.

 

« On a besoin de démonter la logique néolibérale, soutient le député. La structure de l’acide ribonucléique (ARN) messager a été développée dans les universités états-uniennes. Le vrai moteur de l’innovation a été l’investissement public. » Les grands groupes privés ont arrêté la recherche sur les ARN messagers en 2016, rappelle le parlementaire. Or ils vont engranger des profits. « Pfizer envisage 25 % de marge bénéficiaire. Si on utilise ses services pour fabriquer les vaccins, on peut le compenser. Mais cela ne justifie pas qu’ils conservent la propriété intellectuelle », dénonce-t-il.

Pathétique « nationalisme vaccinal »

À ses yeux, c’est une course contre la montre. En laissant les brevets au privé, les capacités de production des industries pharmaceutiques – qui n’ont pas développé le vaccin – ne sont pas exploitées à plein. Et, de ce fait, on assiste à un pathétique « nationalisme vaccinal » qui consiste à prendre des doses aux autres pays.

 

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S’occuper de santé n’est pas nouveau pour Marc Botenga. Avant d’arriver dans les Hémicycles de Bruxelles et de Strasbourg, il a milité au sein de l’ONG Médecine du tiers-monde, désormais Viva Salud. Juriste, il a déjà auparavant travaillé sur les droits de propriété intellectuelle. Avant de rejoindre le PTB, la force montante de la gauche communiste belge, dont il est le premier député européen.

Tag(s) : #Coronavirus
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