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  (source: CDSP)

Les agents de la statistique publique durcissent leur action

 

 

PARIS, 11 déc 2008 (AFP) -15:16:46

Les fonctionnaires de la statistique publique opposés depuis plusieurs semaines à un projet de délocalisation à Metz (Moselle) ont durci leur mouvement de protestation jeudi, en bloquant momentanément des statistiques sur l'emploi et le site internet de l'Insee.

Le collectif "Sauvons la statistique publique", composé d'agents et de syndicats du secteur (Insee, Dares, Drees, etc), veut "alerter l'opinion publique sur les menaces réelles qui pèsent aujourd'hui sur les missions du service statistique public".

A leur initiative, la publication des chiffres de l'Institut national de la Statistique et des Etudes économiques sur les créations d'emplois salariés dans le secteur privé au 3e trimestre, prévue jeudi matin, a été bloquée et repoussée au 16 décembre.

Interrogée par l'AFP, la direction de l'Insee n'a pas voulu faire de commentaires.

Dans le cadre de cette "semaine de perturbations", "le fonctionnement des services est perturbé dans toutes les régions et tous les établissements", a précisé à l'AFP Julie Herviant, porte-parole de l'intersyndicale.

Les agents de la statistique publique s'opposent à la délocalisation d'un millier d'entre eux à Metz, annoncée en septembre par Nicolas Sarkozy pour compenser la fermeture de casernes en Moselle.

Un rapport, remis début décembre au Premier ministre, a préconisé le transfert d'ici 2013 de plus de 500 agents dans un nouvel établissement à Metz, qui en accueillerait à terme 750.

Les pouvoirs publics n'ont pas encore fait connaître leur décision.

Statisticiens et syndicats estiment qu'une telle délocalisation nuirait à la qualité scientifique de leurs travaux, qui requièrent des échanges réguliers, et donc une proximité géographique, entre chercheurs.

Une pétition en ligne a recueilli plus de 19.000 signatures, dont celles de nombreux sociologues, économistes, etc.

Les statisticiens craignent aussi une volonté politique de porter atteinte à leur indépendance, et l'ont fait savoir par une série de pastiches détournant les modèles de leurs publications conjoncturelles régulières.

Dans une étude factice intitulée "Insee dernière" - au lieu "d'Insee première" - datée de 2012, ils expliquent ainsi que "les actions de l'Etat ont permis une diminution spectaculaire du nombre de chômeurs dans les zones urbaines sensibles (ZUS)", parce qu'en raison de la délocalisation, "les données ne peuvent plus être publiées".

Dans un autre pastiche, ils font état d'une évolution "indubitable" de l'emploi salarié en septembre 2016, calculée selon "la technique du doigt mouillé".

Après plusieurs manifestations et journées d'action, les statisticiens ont décidé de participer samedi à Paris et en régions, à une journée d'actions et de défilés avec d'autres agents de services publics menacés par des fermetures ou délocalisations, comme Météo France ou l'Office national des Forêts (ONF).


AFP - 11 décembre

 

 

Site internet de l'Insee bloqué par des agents opposés à la délocalisation

 

PARIS, 11 déc 2008 (AFP) - 09:57:36

 

Le site internet de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a été bloqué jeudi à 9H45 par une action collective des agents de la statistique publique opposés au projet de délocalisation à Metz (Moselle), selon un communiqué.

"Consulté par 50.000 internautes chaque jour, le site www.insee.fr est un outil essentiel qui permet aux journalistes, aux entreprises, aux étudiants, aux chercheurs et à l'ensemble des citoyens d'accéder gratuitement à l'ensemble de l'information économique et sociale produite par l'institut", rappelle le collectif "Sauvons la statistique publique", composé d'agents et de syndicats du secteur.

"Et si demain cette production n'était plus accessible à tous, mais réservée à la seule information du pouvoir politique ? Qu'en serait-il de la qualité du débat démocratique ?", ajoute-t-il.

C'est pour symboliser ce risque, illustré selon eux par la volonté du gouvernement de délocaliser un millier d'emplois de la statistique publique à Metz, que les agents concernés ont bloqué l'accès au site, afin "d'alerter l'opinion publique sur les menaces réelles qui pèsent aujourd'hui sur les missions du service statistique public".

Un rapport, remis début décembre au Premier ministre, préconise de transférer plus de 500 agents de la statistique publique dans un nouvel établissement à Metz d'ici 2013, et de porter à terme les effectifs de ce site à 750.

Quand il consultait le site de l'Insee, l'internaute se voyait indiquer jeudi matin qu'il était inaccessible car "en cours de maintenance" et devait être à nouveau en service "en fin d'après-midi".

La publication des chiffres sur les créations d'emplois salariés au 3e trimestre, initialement prévue jeudi matin, a également été repoussée au mardi 16 décembre, en raison du mouvement social des statisticiens, avait indiqué mercredi l'Insee dans un communiqué.

 

 

REUTERS - 11 décembre

 
Les agents de l'Insee mobilisés contre la délocalisation

PARIS (Reuters) - 11h14

Publication d'indicateur reportée, site internet bloqué : les agents de l'Insee sont mobilisés jeudi contre le projet de délocalisation d'une partie des services de la statistique publique à Metz, en Lorraine.

La diffusion des chiffres révisés des créations d'emplois, prévue à 8h45, a été reportée au 16 décembre et le site www.insee.fr est bloqué depuis 9h45.

"Les actions décidées visent à la perturbation générale du fonctionnement des établissements au cours des semaines à venir," indique, dans un communiqué, la coordination de la statistique publique qui regroupe des agents de l'Insee et des Services statistiques ministériels.

La coordination a également appelé à manifester le 13 décembre "avec d'autres institutions politiques publiques menacées de démantèlement" et se réunira à nouveau le 8 janvier pour déterminer la forme de futures actions.

Julie Herviant, une des porte-parole du "comité de défense de la statistique publique" qui est à la pointe du mouvement, a indiqué à Reuters que le blocage du site internet durerait "au moins toute la journée" et que d'autres indicateurs pourraient être reportés. "Ce sera tenté, on ne peut pas garantir et on ne peut pas prévenir non plus parce que sinon ça risque de rater mais il y a un programme dans ce sens, au moins pendant quelques jours", a-t-elle dit à Reuters.

Le mécontentement gronde depuis l'annonce du projet de délocalisation à Metz à la rentrée de septembre mais jamais encore une publication officielle de statistique n'avait été retardée.

Le "comité de défense de la statistique publique" proteste contre le projet de délocalisation de 1.500 emplois publics dans d'anciennes casernes de Metz, décidé par le président de la République après la réforme de la carte militaire.

Le gouvernement fait valoir que ce déménagement doit apporter de l'activité à des territoires qui en ont besoin et réduire le coût de gestion des administrations, mais les statisticiens en colère estiment qu'il sera coûteux et dangereux pour la pérennité de la statistique publique.

Véronique Tison, édité par Yves Clarisse



AFP - 10 décembre

 

 

Publication des chiffres sur l'emploi salarié retardée (Insee)

 

PARIS, 10 déc 2008 (AFP) - 18:51:22

 

La publication des chiffres sur les créations d'emplois salariés au 3e trimestre, initialement prévue jeudi matin, a été repoussée au mardi 16 décembre, en raison d'un mouvement social des statisticiens, a indiqué mercredi l'Insee dans un communiqué.

"En raison du mouvement social en cours à l'Insee, nous ne serons pas en mesure de diffuser les statistiques de créations d'emplois salariés dans le secteur concurrentiel - données révisées du 3e trimestre 2008 - jeudi 11 décembre à 08H45 comme prévu", annonce l'institut, ajoutant que "ces résultats seront diffusés mardi 16 décembre à 08H45".

"Pour la même raison, la parution de l'estimation de l'évolution de l'emploi salarié au mois d'octobre initialement prévue jeudi à 12H00 est reportée au mardi 16 décembre à 12H00".

Dans un communiqué, l'intersyndicale de la statistique publique reconnaît avoir mené "une action de blocage à l'Insee et au service statistique du ministère de l'emploi (Dares) visant à retarder la publication des chiffres de l'emploi".

"Conscients de l'importance de ces chiffres dans le contexte économique actuel", les agents "ont voulu alerter l'opinion et les pouvoirs publics de la menace imminente qui pèse à la fois sur la qualité et l'indépendance du service public de la statistique" indique le communiqué.

Les syndicats de la statistique publique protestent contre le projet de délocalisation de statisticiens vers Metz, envisagé par le gouvernement pour compenser les fermetures de casernes en Moselle, induites par le livre blanc de la Défense.

Ils ont appelé à une semaine "de perturbations", marquée par "diverses manifestations, débats et évènements dans tous les établissements parisiens ou régionaux", publiant une série de pastiches sur les publications statistiques.

Un rapport, remis début décembre au Premier ministre, préconise de transférer plus de 500 agents de la statistique publique dans un nouvel établissement à Metz d'ici 2013, et de porter à terme les effectifs du site à 750.

 

 

Marianne2.fr - 11 décembre

 
L’Insee invente l’E-grève

Les agents de l’Insee innovent. Opposés au projet de délocalisation d’une partie de leurs services à Metz, ils ont décidé de bloquer pendant toute la journée l’accès au site internet de l’institut, un site qui accueillerait en moyenne chaque jour 50 000 visiteurs. Le comité de défense de la statistique publique n’en est pas à son premier coup sur le web : fin novembre, ses membres avaient mis l’Insee en vente sur E-bay. E-grève, E-activisme : les agents de l'Insee en auraient-ils assez de se faire E-ntuber ?

 

La Croix - 11 décembre

 Les statisticiens de l’éducation dénoncent « la censure du ministère »

Rapports non publiés, projets de division des services, défiance des politiques. La morosité gagne la direction chargée des études statistiques de l’éducation nationale

 

C’est un outil de référence pour les professionnels de l’éducation et destiné aussi à éclairer le grand public. Chaque année, en octobre « L’état de l’école » dresse un le bilan du système éducatif français. Mais cette année le document n’est pas disponible.

 

Lacune administrative ? Non. Le travail a bien été réalisé par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp). Volonté politique, alors ? C’est le sentiment qui se diffuse de plus en plus dans les bureaux de cette direction où les 150 à 200 fonctionnaires n’hésitent plus à parler d’une véritable censure exercée par le cabinet du ministre Xavier Darcos.

 

« De plus en plus de documents que nous produisons restent dans les placards, regrette un haut fonctionnaire qui cite l’exemple d’une vingtaine de « notes d’information » enterrées. Il y a quelques années, la rue de Grenelle en publiait une soixantaine par an.

 

Les syndicats se mobilisent

 

En cette fin d’année, sur le site Internet du ministère, la dernière parue date d’octobre et porte le numéro 29. Les syndicats se mobilisent. « Des dossiers sont classés confidentiels. Les résultats d’enquêtes aussi précieuses que celle sur l’absentéisme ne sont pas rendus publics ni même communiqués aux premiers intéressés, les établissements, s’alarme Daniel Blondet, du SGPEN (CGT). La Depp était une instance d’information, elle devient un outil au service de la communication du gouvernement. »

 

Au cabinet de Xavier Darcos, on infirme de telles intentions : « Le dossier de la rentrée scolaire présenté par Xavier Darcos fourmillait de données préparées par la Depp. Il n’est pas question de remettre en cause cette direction. Elle fournit des instruments au service du ministre qui reste le dernier garant de l’opportunité de leur diffusion. » Il en faudra sans doute davantage pour redonner confiance aux statisticiens et autres analystes de la rue de Grenelle qui évoquent un long déclin. « Il faut se souvenir de ce qu’était la Depp il y a quelques années, songe à voix haute un fonctionnaire. Claude Thélot – presque un ministre bis – donnait quasiment une conférence de presse par mois. »

Pour Jean-Claude Émin, ancien de la Depp, retraité depuis un an, les relations entre le ministre et la Depp ont commencé à se dégrader sous Claude Allègre. « Mais c’est sans commune mesure avec ce qui se passe depuis quelque temps. Il n’y a plus de conférences de presse, cette fonction d’information du grand public n’existe plus, précise-t-il. Durant la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait dénigré les statistiques de la rue de Grenelle et vanté les comparaisons internationales.»

 

Défiance du pouvoir actuel à l’égard des statistiques publiques

 

Il est vrai qu’il a fallu attendre la publication d’études comme celles de l’OCDE, au début des années 2000, pour que soient mises en évidences les mauvaises performances du système français. De plus, les ministres de l’éducation s’emportent régulièrement contre des prévisions de la Depp qui surévaluent le nombre d’élèves.

Ce que Jean-Claude Émin relativise : « Un écart de quelques milliers d’élèves sur plusieurs millions…

Statistiquement, on ne peut pas faire mieux. » L’ancien cadre de l’éducation nationale estime qu’il s’agit là d’un prétexte qui cache la défiance du pouvoir actuel à l’égard des statistiques publiques en général.

L’affaire de la Depp arrive en effet dans un contexte tendu. Les projets du gouvernement de délocaliser l’Insee ou les services statistiques de différents ministères à Metz provoque la mobilisation des scientifiques (www.sauvonslastatistiquepublique.org). Officiellement la Depp n’est pas concernée, mais cette direction va, en revanche, être séparée en deux ensembles rattachés à deux ministères, enseignement supérieur et enseignement scolaire.

« D’un point de vue scientifique, c’est aberrant, certaines évaluations ne peuvent être réalisées qu’à l’échelle de l’ensemble du système éducatif », explique un fonctionnaire. Pour Patrick Gonthier, secrétaire général d’Unsaéducation « le malaise est très profond. Les professionnels ont vraiment l’impression qu’on cherche à les affaiblir pour mieux montrer qu’ils ne sont pas utiles. »

 

Bernard GORCE


Libération - 11 décembre

Pastiche statistique

Pour protester contre le projet de délocalisation à Metz (Moselle) de 1 000 emplois des services de la statistique publique, les agents de l’Insee, de la Dares (ministère du Travail) et de la Drees (Santé) ont réalisé des pastiches de leurs études. Ainsi le Premières informations de la Dares est devenu Foutaises informations, affichant un graphique fantaisiste de l’évolution de l’emploi jusqu’en 2016. Il est assorti d’un petit commentaire dont seuls les statisticiens apprécieront l’humour : «Il semble que la courbe sorte de l’intervalle de confiance, ce qui est inhabituel mais plausible vu la méthode utilisée.» Quant aux vrais chiffres de l’emploi, leur publication devrait être retardée.

 


Lemonde.fr - 11 septembre

La France détruit plus d'emplois qu'elle n'en crée

La France continue de détruire plus d'emplois qu'elle n'en crée. Au troisième trimestre 2008, la perte nette d'emplois s'élève à 12 800 (-0,1 % comparé au trimestre précédent, +0,8 % sur douze mois), selon les chiffres communiqués, jeudi 11 décembre, par l'Unedic. Au deuxième trismestre, la perte nette avait été de 32 000 au deuxième trimestre (-0,2 %). Le nombre total de salariés recensés dans les entreprises cotisant à l'assurance-chômage (secteur privé) était de 16,73 millions à fin septembre 2008.

L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), qui fédère les Urssaf et dont le champ de calcul différent, a pour sa part annoncé 71 000 destructions d'emplois (-0,4 %), après une stagnation au deuxième trimestre (0 %).

Ce recul aurait dû être confirmée par l'Insee, jeudi matin, mais la publication des données a été bloquée par un mouvement de protestation des statisticiens. L'intersyndicale de la stastistique publique s'oppose notamment au "projet de démantèlement" et à la perspective de "délocalisation" à Metz. Dans son estimation provisoire du 14 novembre, l'institut avait toutefois annoncé la destruction de 10 800 emplois - un recul du même ordre que celui présenté par l'Unédic - après 27 500 destructions d'emplois au deuxième trimestre 2008.

Le ralentissement de l'emploi se fait de plus en plus nettement sentir dans les secteurs clés de l'activité économique, l'industrie et la construction : 19 000 postes ont été détruits dans l'industrie (–0,6 % et deux fois plus qu'au deuxième trimestre 2008). Les secteurs du textile et de l'habillement, ainsi que la "cokéfaction" et le "raffinage", l'industrie du bois et du papier sont les plus destructeurs d'emplois.

La construction, touchée directement par la crise financière, enregistre aussi une baisse importante. Si le solde reste positif avec une hausse de 0,2 %, soit +2 600 postes, celle-ci est néanmoins quatre fois moins importante qu'au deuxième trimestre.

Au total, le recul de l'emploi est toutefois moins important au troisième trimestre qu'au trimestre précédent Ce résultat s'explique par une activité économique moins catastrophique, l'Insee ayant annoncé une très légère augmentation du PIB de 0,1 % au troisième trimestre.

Surtout, la chute de l'activité intérimaire, très forte au deuxième trimestre avec 62 000 emplois en moins, s'est un peu ralentie : - 28 600 emplois intérimaires de juillet à septembre.

Le répit, qui s'explique notamment par le fait que les entreprises avaient anticipé très tôt, dès le deuxième trimestre, le ralentissement de la production, ne sera que de courte durée. En effet, les chiffres de l'emploi intérimaire pour octobre, sont très mauvais : - 28 700, soit autant que pour l'ensemble du troisième trimestre.

Ce dernier trimestre s'annonce très mauvais pour l'emploi en général et "le bilan final de 2008 devrait être négatif", selon l'Unedic, qui précise que la dernière année marquée par un recul de l'emploi salarié était 2003.

Rémi Barroux


Le Figaro.fr - 11 décembre
Le site de l'Insee bâillonné par des agents en colère

Le portail de l'Institut national de la statistique et des études économiques est bloqué par des agents opposés au projet de délocalisation à Metz.

Les agents de l'Insee sont en colère. Pour protester contre le projet de déménagement de leurs services de Paris à Metz, ils ont décidé de « délocaliser » le site web officiel de l'Institut national de la statistique et des études économiques. En clair, le site est bloqué, totalement inaccessible aux internautes depuis jeudi matin. Selon silicon.fr, le site a arboré dans la journée un message signalant que «La qualité des informations disponibles sur le site est en danger !», mais lefigaro.fr n'a pu y avoir accès.

Cette action, inédite à cette échelle, est revendiquée par le collectif Comité de Défense de la Statistique Publique, déjà auteur de la pétition « Sauvons la statistique publique ! ». L'organisation indique vouloir par ce biais « alerter l'opinion publique sur les menaces réelles qui pèsent aujourd'hui sur les missions du service statistique public ». Selon le comité, le site de l'Insee « consulté par 50 000 internautes chaque jour » est, de part son accès libre et gratuit à toutes les données, le garant d'une « statistique produite de façon indépendante, en toute transparence et accessible à tous ».

Ils s'opposent à la délocalisation d'un millier d'entre eux à Metz, annoncée en septembre par Nicolas Sarkozy pour compenser la fermeture de casernes en Moselle. Un rapport, remis début décembre au premier ministre, a préconisé le transfert d'ici 2013 de plus de 500 agents dans un nouvel établissement à Metz, qui en accueillerait à terme 750. Selon eux, ce projet «mené sans concertation», a en fait pour objectif le «démantelement» de l'Insee.

Outre la pétition qui a recueilli 19.000 signatures, le Comité de Défense de la Statistique Publique a produit des pastiches dont une étude factice intitulée «Insee dernière» - au lieu «d'Insee première» - datée de 2012, dans laquelle ils expliquent que «les actions de l'Etat ont permis une diminution spectaculaire du nombre de chômeurs dans les zones urbaines sensibles (ZUS)», parce qu'en raison de la délocalisation, «les données ne peuvent plus être publiées». Dans un autre pastiche, ils font état d'une évolution «indubitable» de l'emploi salarié en septembre 2016, calculée selon «la technique du doigt mouillé».

Interrogée par lefigaro.fr, l'Insee signale qu'une communication sur l'emploi salarié prévu jeudi matin a également été bloquée par le collectif. Le Parti socialiste a indiqué dans un communiqué «soutenir le mouvement entamé par les agents de l'Insee» et «condamné les pressions politiques du Gouvernement qui s'exercent aujourd'hui sur l'institut», en affirmant que ce retard était une première «depuis plus de 45 ans».

L'Insee n'a en revanche souhaité faire « aucun commentaire » sur le blocage du site web. Ni sur la méthode utilisée, ni même sur les moyens entrepris pour en rouvrir l'accès.


Le JDD.fr - 11 décembre
Insee : Les agents contre la délocalisation

Les agents de l'Insee se sont à nouveau mobilisés jeudi contre le projet de délocalisation d'une partie des services de la statistique publique à Metz, en Lorraine. La publication d'indicateurs (notamment la diffusion des chiffres révisés des créations d'emplois) a été reportée, le site internet devrait lui rester bloqué toute la journée. Une manifestation est prévue pour le 13 décembre, "avec d'autres institutions politiques publiques menacées de démantèlement" précise un communiqué. A l'Insse, 1.500 emplois publics sont concernés par cette délocalisation dans d'anciennes casernes de Metz, voulue par Nicolas Sarkozy après la réforme de la carte militaire.


20 minutes - 12 décembre

 

Un canular à l'Insee

Les statisticiens ont le sens de l'humour. Le « comité de défense de la statistique Rhône-Alpes », des agents de l'Insee qui luttent contre un projet de regroupement des services à Metz, vient de faire parvenir un faux courrier aux maires de la région. Alors que l'Insee doit les informer officiellement, en décembre, de leur population légale, ils ont reçu une lettre indiquant « qu'en raison du démantèlement de la statistique publique », l'Institut n'était pas en « mesure de fournir ces chiffres ». « Certaines mairies ont bondi en lisant ce canular, mais se sont montrées compréhensives envers nos arguments », indique le comité.

  


 
13 décembre: manifestation des services publics délocalisables

14 heures, Rue de Tournon- métros Mabillon ou Odéon

Tag(s) : #Annonces et compte-rendus de réunions
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