Municipales 2026 : « trop souvent, le sujet du service public est abordé de manière dépolitisée », regrette Arnaud Bontemps
Une large coalition d’associations et d’ONG a lancé une campagne à portée nationale afin de réclamer des futurs candidats de s’engager sur 14 propositions pour renforcer les services publics. Rencontre avec Arnaud Bontemps, co-porte-parole du collectif Nos services publics.
le 1 février 2026
Le collectif Nos services publics, a été cofondé en 2021 par Arnaud Bontemps et Lucie Castets, l’ex-candidate à Matignon du Nouveau Front populaire veut ” défendre une autre vision du service public” attaqué” de toutes parts par les libéraux.
Il est à l’initiative de la campagne « Pour des services publics locaux » lancée ce jeudi 29 janvier par une coalition d’une vingtaine de collectifs, d’associations, d’ONG et de syndicats.
Quelle est l’origine de cette campagne ?
Arnaud Bontemps
Co-porte-parole du collectif Nos services publics
Les élections municipales sont un moment important de la vie démocratique et, trop souvent, on les réduit à une question de casting. Nous avions envie de rappeler que c’était avant tout une question de quotidien : le bus qui passe en bas de chez nous, les espaces verts, l’accès à la cantine de l’école et la qualité de la nourriture.
Sur tous ces sujets-là, les élus locaux font des choix. Ils ne sont pas juste des gestionnaires, ils proposent une vision. Nous avons voulu la mettre dans le débat public et interroger les candidates et les candidats : sont-ils prêts à s’engager concrètement pour des services publics locaux ?
Est-ce aussi parce que cette thématique des services publics était peu présente ou peu mise en avant dans les débats ?
Ce qui est frappant, c’est qu’à peu près tout ce que peuvent faire les élus municipaux se rapporte d’une manière ou d’une autre au service public. Or, trop souvent, le sujet est abordé de manière trop dépolitisée. Parce que le service public intègre à la fois la vie des gens très concrète et une vision de la société.
Le service public, c’est la liberté de s’alimenter, de se déplacer. C’est l’égalité face à la santé, face à l’école, face au logement. C’est la fraternité quand nous parlons de démocratie locale ou d’accès à la culture. Le service public, c’est rendre réelle la devise républicaine qui figure au fronton des mairies pour lesquelles les candidats sont en lice.
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Il ne nous échappe pas du tout que le contexte financier est très dégradé ; encore en 2025, c’est 8 milliards d’euros qui ont été supprimés des dotations des communes. C’est pour cette raison que nous avons construit des propositions à la fois ambitieuses, mais toutes réalisables, quelle que soit la taille de la commune et quel que soit le contexte budgétaire.
Est-ce que cette initiative s’adresse uniquement aux candidates et candidats issus de la gauche, ou au contraire à tout le monde, toutes couleurs politiques confondues ?
Nous nous adressons à tous les candidats, à une exception notable qui est celle de l’extrême droite. Parce que l’extrême droite, malgré tous ses discours, non seulement attaque les services publics à l’Assemblée nationale quand elle veut, par exemple, les définancer massivement, mais plus encore elle en nie les principes mêmes quand elle fait de la préférence nationale le cœur de son programme.
Donc, l’extrême droite ne signera pas cette charte parce qu’elle est à l’exact opposé de ce qu’elle défend. Une fois dit ça, l’interpellation reste très large et vise justement à une clarification. À démasquer, en mettant les services publics dans le débat, les propositions qui abîmeraient le service public ou les listes qui ne sont pas prêtes à s’engager sur 14 exigences qui font sens ensemble.
Elles ne peuvent pas être prises à la carte. Nous ne pouvons pas dire que nous nous engageons sur les transports mais pas sur l’école, sur la santé mais pas sur la culture. Tout ça est étroitement lié.
Voir la charte des engagements sur
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