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Pauvre Mme BOUTIN!

 

Ex-héroïne de la lutte anti-PACS,

 

-formant déjà un couple improbable avec une beurette issue du PS et qui, semble-t-il, en arrive à confondre chômeur et glandouilleur,

 

-obligée de revoir son décret d’application de la loi DALO (droit au logement opposable que le premier projet aboutissait à vider de toute substance),

 

-elle pensait sans doute passer une bonne semaine dans son Algeco lyonnais, où elle a installé une partie de son cabinet, par son ministère, pour le prix de deux colloques dit-elle...

 

C’est raté, selon Le Monde http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-957888@51-952250,0.html . Elle n’a pu signer la convention qu’elle souhaitait avec l’Union Sociale de l’Habitat (USH- qui rassemble l’ensemble des organismes HLM). C’est une très bonne nouvelle car cela signifie que la résistance s’organise.

 

En cas d’accord, elle aurait pu faire avaler à ses interlocuteurs, sans autre forme de procédure, le programme démagogique de Sarkozy en la matière dont le mot d’ordre est « tous propriétaires ».[1]

 

Notre Office Public de l’Habitat (OPH), nouveau nom donné aux OPHLM suite à un récent glissement (de par la loi Borloo sur l'habitat) vers des règles de gestion proches du privé, notamment en matière de gestion de personnel, était représenté à ce congrès.

 

La traduction concrète du programme visé par le pouvoir est la vente de 40000 logements HLM par an au niveau national. Les offices réfractaires seraient privés de conditions financières avantageuses pour construire de nouveaux logements sociaux.

 

Voilà donc un gouvernement qui fixe comme objectif prioritaire aux préfets la chasse aux sans-papiers, qui ne fait rien pour qu’ils interviennent auprès des élus qui ne respectent pas le quota de 20% de logements sociaux dans leur commune (pourtant inscrit dans la loi SRU) et qui veut encore réduire, en fait, l’offre sociale de logements.

 

On comprend que les représentants du mouvement HLM, et pas seulement ceux de gauche, aient été rétifs. Pour ceux qui penseraient que ce n’est pas utile d’occuper des postes de pouvoir, il convient de préciser que le môle de résistance[2] dans cette affaire a été la Fédération des offices, membre de l’USH. Avec raison, S. Peu, adjoint au maire de Saint-Denis et vice-président de cette fédération, a qualifié de « crampe idéologique » une politique qui, même dans le Sarkoland, est sur le terrain en échec relatif.

 

Ainsi, il faut savoir que dans les Hauts de Seine, laboratoire de cette politique, on est très loin des 4000 logements sociaux vendus promis par l’ancien président du conseil général… Par exemple, au Plessis Robinson, ville voisine dirigée par M. Pemezec, UMP bon teint, la plupart des logements sociaux déjà vendus sont des pavillons individuels, et les petits bâtiments ex-cités jardins (420 proposés, 156 vendus, 150 en cours). Ceci n’est pas étonnant, la coexistence de propriétaires sociaux et individuels dans un même immeuble collectif n’étant pas simple en gestion courante : les objectifs prioritaires d’un bailleur social et d’un petit propriétaire ne sont généralement pas les mêmes. Ceci conduit à regrouper les ventes par bâtiment, là où c’est fait, ce qui complique évidemment des opérations naturellement basées sur le volontariat des locataires candidats à l’achat.

 

Face aux 1,3 millions de ménages qui en France sont sur liste d’attente, ce gouvernement crée, pour des raisons essentiellement idéologiques, ce que les technocrates appellent un « effet d’aubaine » (relatif ! car pour certains ménages cela reste très lourd, à l’achat puis en dépenses courantes)[3], cherche à contraindre à vendre les villes (de gauche, sauf exception) qui souhaitent développer une offre sociale  et ne propose en réalité rien de concret pour favoriser une offre diversifiée de logements sur l’ensemble des territoires.

 

Tous ces problèmes se posent avec une acuité particulière en Ile de France. Vous savez ce que la droite ferait à Malakoff si elle en avait les moyens politiques.



[1] Voir à ce sujet notre article du 24/08/07sur ce blog;

[2] On notera au passage que M. Delebarre, ancien directeur de cabinet de P. Mauroy Premier Ministre et président de l’Union Sociale de l’Habitat, s’est dit ouvert à la vente de logements sociaux « sous conditions » ;

[3] Tant mieux pour ceux qui en bénéficient mais, là encore, bel exemple où la démagogie coule à flots…

Tag(s) : #Niouzes diverses

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