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61% des Français ne sont pas satisfaits du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Du travail pour A. SANTINI, ministre de la Fonction publique et maire d’une commune voisine…

 

Mais attention, s’il s’agit là d’un bon point d’appui pour les luttes, il est nécessaire mais non suffisant de défendre le nombre d’emplois du service public.

 

C’est l’occasion de signaler la sortie d’un document de 44 pages, très clair et parfaitement rigoureux, intitulé:

L’évolution historique des fonctions publiques d’emploi et de carrière en France et dans le monde

rédigé par René BIDOUZE et publié par l’institut CGT d’histoire sociale

 

http://www.ihs.cgt.fr/

 

L’auteur est un ancien responsable de la CGT Fonction publique (UGFF), ancien directeur de cabinet d’A.LE PORS, ministre de la Fonction publique (1981-1984) lors de la dernière réforme d’ampleur du Statut général des fonctionnaires et Conseiller d’Etat.

 

Quelques extraits :

 

« Le statut général des fonctionnaires a connu trois versions : la loi du 19 octobre 1946, l’ordonnance du 4 février 1959, et les lois de 1983-1984-1986.Chacun de ces textes a subi un grand nombre de modifications entre 1946 et 1959 et entre 1959 et 1981. Entre 1986 et 2006, le nombre des modifications est sans commune mesure avec les périodes précédentes… »

 

« Non seulement l’idée selon laquelle on pourrait souffrir d’une sorte de « statu quo » ou d’un risque de « sclérose » ne correspond à aucune réalité, mais l’inflation de textes législatifs ou réglementaires est en soi plutôt un défaut qu’un avantage. »

 

« -les adversaires du statut général, qui se caractérisent par un attachement plus ou moins affirmé aux conceptions anciennes de l’autorité de l’Etat et de ses rapports avec les personnels et leurs organisations syndicales n’ont pas désarmé. »

 

« Si l’on veut défendre efficacement la conception française de la fonction publique, il ne faut pas s’en tenir à des considérations quantitatives ni se laisser prendre à certaines apparences…Il en est ainsi par exemple, de l’affirmation selon laquelle le statut ne couvrait qu’un million de personnes en 1946 et cinq millions aujourd’hui si elle n’est pas assortie du rappel que la population de la France est passée de quarante à soixante trois millions d’habitants,  que les  structures de la fonction publique de l’Etat ont profondément évolué, notamment par la création de nouvelles administrations, le développement des fonctions techniques, le quadruplement des effectifs du personnel enseignant, et que les réformes institutionnelles concernant les collectivités locales ont été poursuivies par la décentralisation de 1982 qui connaîtra de nouveaux horizons… »

 

« Sur le fond, l’administration et la fonction publique sont au cœur de la vaste entreprise du libéralisme allant de ce qu’on appelle social-libéralisme aux formes exacerbées et agressives des conservateurs. » 

« Les prémices de cette nouvelle tendance semblent se situer dans la politique dite de « renouveau des services publics » du gouvernement de Michel ROCARD en 1990. »

 

Citation du rapport de 2003 du Conseil d’Etat sur ce sujet : 

 

« Les fondements et principes liés au fait que l’employeur public, par ses missions et prérogatives, n’est pas un employeur comme les autres, restent nécessaires aujourd’hui, comme hier, pour doter les agents publics d’un « état », les soustraire au favoritisme et à l’arbitraire et leur permettre de se consacrer en toute impartialité et autonomie, au service public. »

 

A lire donc, pour se battre sur l’ensemble du terrain…

 

[Le risque d'attaque contre le statut est dans l'air du temps, notamment européen: le gouvernement socialiste portugais vient de faire passer sous régime contractuel 80% de ses agents, limitant le périmètre statutaire à la haute fonction publique et aux fonctions dites"régaliennes"- J. Allain].

 

Tag(s) : #Livres et documents

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