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Ce blog est le blog d'un collectif regroupant des citoyens militants issus d'Alternative Citoyenne, du PCF, du NPA, d'ATTAC, des syndicalistes, des militants associatifs et des citoyens sans  engagement  dans une organisation.

C'est un lieu d'information et de mobilisation citoyenne antilibérale et unitaire. Internaute de rencontre, n'hésites pas à t'y exprimer.

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Jeudi 2 juillet 2009


Lu sur
http://www.lepartidegauche.fr/rencontres/773-declaration-commune-npa-pg-rencontre-30-juin

Déclaration commune du NPA et du PG à l'issue de leur rencontre du 30 juin


La rencontre des délégations du NPA et du Parti de Gauche respectivement conduites par Olivier Besancenot et Jean-Luc Mélenchon qui a eu lieu le 30 juin au siège de ce dernier a donné lieu à la déclaration commune suivante :


Le NPA et le Parti de Gauche constatent les ravages provoqués par la crise globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale et écologique, dans laquelle la politique des classes dirigeantes a plongé le monde. Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe de plein fouet le monde du travail et l'offensive de Nicolas Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés annoncée lors du Congrès de Versailles et dont la volonté de retarder l'âge du départ à la retraite est un élément phare.

Face à cette offensive pour faire payer les frais de la crise aux classes populaires, devant l'urgence de la situation, quelques soient par ailleurs les divergences entre les deux formations, le NPA et le Parti de Gauche souhaitent œuvrer à la préparation d'une contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences au premier rang desquels la garantie d'un emploi, l'augmentation des salaires mais aussi tout refus de recul de l'âge de la retraite.


Sarkozy et la droite se prévalent des résultats des élections européennes pour donner une légitimité à leur politique réactionnaire. Pourtant seul un électeur sur dix a donné son suffrage à l'UMP. Il s'agit en réalité moins d'une victoire de la droite que de l'incapacité de la gauche à lui opposer une véritable alternative. En proposant d'accompagner ce système et en se contentant de remèdes homéopathiques qui ne le remettent pas en cause, cette gauche devient du coup inutile aux yeux du plus grand nombre. C'est ce qui explique la crise profonde des partis de la sociale démocratie en Europe.

L'abstention massive des classes populaires et des jeunes - phénomène le plus important de ces élections - illustre cruellement cette tendance de fond. Cette abstention est certes liée au rejet de l'actuelle construction libérale et anti démocratique de l'Europe. Mais aussi au fossé de plus en plus grand entre les aspirations populaires et l'offre de la gauche institutionnelle. Dans une situation où la crise va s'aggraver, il y a là un risque majeur. On ne peut que s'inquiéter de la progression de l'extrême droite. Elle prouve qu'elle peut profiter du désespoir des milieux populaires.


Les deux partis soulignent également l'ambiguïté du vote Europe Ecologie. Il reflète une prise de conscience salutaire de la crise écologique. C'est décisif ! Mais ses porte-paroles en font aussi une stratégie politique pour dépasser le clivage gauche/droite. Pour nous, on ne peut ignorer le lien étroit entre la logique prédatrice du capitalisme et le désastre environnemental.


Ils s'accordent pour favoriser l'unité la plus grande contre les projets de la droite et du patronat que ce soit dans le domaine social, écologique, et des droits et des libertés. Le NPA et le Parti de Gauche sont ainsi unis actuellement dans la mobilisation contre l'EPR ou dans le comité national contre la privatisation de La Poste. Mais ils avancent aussi des propositions d'initiatives sur le terrain de la lutte contre les licenciements.

Les deux formations estiment aussi indispensable d'unir les forces de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système capitaliste aux élections régionales. Il est urgent de rendre plus crédible une véritable alternative au système.

Les deux partis constatent que les propositions issues de leurs instances nationales respectives sont suffisamment proches pour leur permettre d'avancer dans cette voie unitaire pour les élections régionales. En conséquence, ils se prononcent au premier tour des régionales pour un accord national pour les 21 régions hexagonales sur des listes associant les forces qui composent aujourd'hui le Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO, Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la Fédération, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social.

Le NPA les nomme « forces anticapitalistes », et le PG « l'autre gauche ». Ces listes seraient porteuses des exigences des classes populaires, d'un programme d'urgence en rupture avec la logique capitaliste et le productivisme pour les régions. Elles seront autonomes et indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie.

Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que des régions basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des fusions « techniques » ou « démocratiques » des listes de gauche à l'exception de tout accord incluant le Modem.


Pour le NPA, au sein de l'institution, les élus de ces listes conserveront leur liberté totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et des budgets défavorables aux travailleurs et à la population.

Il subsiste évidemment au stade de cette première rencontre des questions à régler.


Pour le Parti de Gauche, l'ambition est d'être en situation d'appliquer le programme de ces listes dans le nombre le plus important possible de régions. Le plus sûr moyen d'imposer ce rapport de force consiste à placer ces listes en tête des listes de gauche au soir du premier tour.


Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. En effet, le NPA constate que les majorités de gauche ayant géré les régions depuis 6 ans n'ont pas mené de politique visant à satisfaire les besoins de la population et à répondre aux exigences écologiques. Elles ont pris des mesures qui leur étaient défavorables, par exemple des subventions accordées à des entreprises qui licencient.


A ce stade, les deux partis estiment que ces différences n'empêchent pas de poursuivre le processus entamé aujourd'hui. Au contraire, les deux partis estiment que leur rencontre aujourd'hui contribue à renforcer une dynamique positive et s'en félicitent. Un rassemblement aussi ambitieux est possible, il peut changer bien des choses. Pour le rendre toujours plus crédible, le Parti de Gauche et le NPA vont poursuivre leurs contacts, et s'invitent d'ores et déjà à leurs rendez-vous de l'été. Ils proposent également à tous les partenaires pressentis un groupe de travail commun pour commencer à avancer sur le contenu de ce que pourrait être le programme d'un tel rassemblement pour les régionales.


Paris, le 30 juin.


Pour le NPA
: Pierre Baton, Olivier Besancenot, Frédéric Borras, Pierre François Grond, Ingrid Hayes, Guillaume Liégard, Danielle Obono

Pour le Parti de Gauche : Jean Luc Mélenchon, Gabriel Amard, Eric Coquerel, François Delapierre, Audrey Galland, Raquel Garrido, Pascale le Neouannic, Corinne Morel Darleux

Par Joël Allain - Publié dans : Tracts, déclarations et pétitions - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Mercredi 1 juillet 2009


Le statut de la fonction publique, un acquis pour la société ? TABLE RONDE

Lu sur http://www.humanite.fr/2009-06-27_LeaderN_Le-statut-de-la-fonction-publique-un-acquis-pour-la-societe-TABLE

AVEC : Jean-Marc Canon, secrétaire général de l’Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT ; Anicet Le Pors, ancien ministre de la Fonction publique (1981-1984), membre du Conseil d’État ; Georges Tron, député UMP, rapporteur du budget de la fonction publique.


Cette année, pour la première fois, les collectivités territoriales ont embauché davantage de personnels sur contrat que de personnels sur statut. Avec la mise en oeuvre des projets du gouvernement, cette tendance ne fera que s’amplifier… L’objectif n’est-il pas de réduire le statut des agents de la fonction publique, voire de le supprimer ?

 

Georges Tron. Je peux comprendre qu’on pose la question ainsi, mais j’ai une approche différente. Quand on gère les collectivités locales, dispose- t-on aujourd’hui des marges de manoeuvres nécessaires pour s’adapter à leurs nouvelles prérogatives, pour faire face à des situations inédites qui supposent des compétences particulières, souvent conjoncturelles ? Non, si nous restons dans une logique calée sur le statut. C’est la réponse aux besoins, et non l’objectif de réduire le statut, qui commande le souhait de recourir plus facilement aux contrats et de faire de l’embauche contractuelle, sauf pour les fonctions régaliennes, la règle – ce qui est l’objet de la proposition de loi qui sera peut-être prochainement discutée à l’Assemblée nationale. Car il est nécessaire de s’adapter en visant un triple objectif : davantage de souplesse, de mobilité et autant de garanties pour les titulaires de la fonction publique.

Anicet Le Pors. Le gouvernement entreprend une réforme de la fonction publique en passant par la fonction publique territoriale parce qu’il espère y trouver un levier pour réduire au maximum le nombre de fonctionnaires et dénaturer le statut général. C’est là en effet que l’on a recruté massivement des contractuels sur des emplois permanents, en infraction franche au statut. Cette question ne peut pas être ramenée aux seules préoccupations de gestion. Le statut est une pièce importante du pacte républicain. Il a une légitimité historique. C’est à partir de l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’on a posé le problème de l’accès égal des citoyennes et des citoyens aux emplois publics, à partir de l’article 15 qu’on a fondé la responsabilité du fonctionnaire dans l’accomplissement de ses missions. C’est une loi de 1834 sur les officiers qui a distingué le grade et l’emploi. C’est en France qu’on a développé, à la fin du XIXe siècle, une école du service public qui lui a donné sa forme originale. C’est en 1924 qu’il y a eu la reconnaissance de fait des organisations syndicales. La consécration législative est intervenue à la Libération, dans le cadre du programme du CNR, avec le statut du 19 octobre 1946. Toute cette évolution va vers l’affirmation du bien commun, de l’intérêt général.

Georges Tron. N’ayons pas une vision figée. Le statut de 1946, avec les modifications apportées dans les années 1980, ne doit pas être un point d’arrivée mais un point de départ. Il faut donc savoir ce que l’on garde et ce que l’on fait évoluer. C’est très loin d’un débat sur la gestion, cela s’inscrit dans l’évolution historique que vous décrivez.

Anicet Le Pors. Le statut général des fonctionnaires n’a ni point de départ ni point d’arrivée, c’est une création continue. Nous sommes aujourd’hui dans un système qui couvre trois fonctions publiques. J’ai eu l’honneur d’animer son évolution au début des années 1980 en m’efforçant d’assurer une bonne dialectique entre l’unité nécessaire sur les principes républicains et la diversité indispensable. Mais s’il n’évoluait pas, il se scléroserait.

Jean-Marc Canon. Défendre le statut pour le statut n’a pas de sens. Il n’existe que parce qu’il donne à tout citoyen, quel que soit son lieu de résidence, sa philosophie, sa religion, ses options politiques, la garantie de bénéficier d’une égalité de traitement. En liant consubstantiellement les droits et les devoirs des agents de la fonction publique, il nous préserve de pratiques clientélistes et discriminatoires. Quelle est la situation actuelle ? Sur les 5,2 millions d’agents de la fonction publique, plus de 1 million ne sont pas sous statut. 30 % à 35% des agents de la fonction publique territoriale ne sont pas titulaires. Le statut doit-il évoluer ? Certainement. Et cela a déjà été largement le cas. Mais, pour la CGT, les réformes doivent répondre à l’intérêt général. Or, en ce moment, les prétendues souplesse et modernité ne sont que le paravent derrière lequel est organisé son démantèlement.

Modernisation ou démantèlement ? Vous semblez d’accord sur le principe d’évolutions nécessaires du statut mais pas du tout sur l’appréciation des transformations en cours…

Georges Tron. Les réformes que nous engageons sont-elles dans la lignée de l’évolution du statut ? Par exemple, l’harmonisation du système des corps de l’État avec, comme référence, l’organisation qui prévaut dans la fonction publique territoriale vise à mettre en place des outils de lisibilité qui, en donnant une efficacité accrue en matière de gestion, favoriseront la mobilité et seront générateurs d’éventuels gains de productivité. J’emploie ces mots sans vergogne car ces gains de productivité peuvent être redistribués aux agents tout en étant une source d’économie pour la collectivité. Quant aux réductions d’effectifs, je n’ai jamais considéré qu’elles étaient l’alpha et l’oméga d’une politique de la fonction publique. Il n’empêche que cette question est inéluctablement liée à toute une série de paramètres, à commencer par celui de la juste rémunération des agents. Lorsque nous parlons d’évolution du statut, sommesnous dans une logique qui considère qu’il existe une base intangible et des éléments réformables ou pensons-nous que rien n’est intouchable. Ma conception est plutôt celle-là. Elle ne me semble pas en contradiction avec la trajectoire historique décrite par Anicet Le Pors, et je la crois assez ajustée aux bouleversements qui s’opèrent aujourd’hui, y compris dans la sphère publique qui ne se gère plus comme il y a soixante ans.

Anicet Le Pors. Pour ma part, je défends le statut pour le statut. Pour une raison simple, c’est qu’il est législatif. On retrouve là le conflit entre la loi et le contrat. Est-ce la loi ou le contrat qui doit régir les relations entre les fonctionnaires et leurs employeurs ? Je maintiens que c’est la loi, parce que c’est l’intérêt général qui est en cause. Le gouvernement, quant à lui, veut poursuivre dans le sens ouvert par la loi Galland du 13 juillet 1987 concernant la fonction publique territoriale. Une loi qui a été une sorte de revanche de certains élus par rapport aux réformes de 1981-1984. Une loi qui a réintroduit la liste d’aptitude, ce système inadmissible des « reçus-collés » qui fait qu’on peut être reçu à un concours et ne jamais être nommé. Une loi qui a changé les corps en cadres, freinant de ce fait la mobilité, qui a ouvert la fonction publique territoriale aux contractuels. La loi Galland s’est inspirée du modèle européen à l’anglo- saxonne. Or, il faut savoir que la Grande- Bretagne ou l’Allemagne ne comptent que 500 000 à 700 000 fonctionnaires sous statuts, avec des droits syndicaux et sociaux diminués. C’est un modèle que nous récusons et c’est ce modèle que le pouvoir actuel voudrait faire fructifier aujourd’hui en France. Cela dit, la « révolution culturelle » dans la fonction publique annoncée par le président de la République dans son discours de Nantes, le 19 septembre 2007, n’aura peut-être pas lieu. D’abord parce que les personnels et l’opinion prennent conscience de ce qui est en jeu, ensuite parce que la crise a fait la démonstration que l’existence en France d’un service public étendu était un puissant amortisseur social du point de vue de l’emploi, des salaires et de la consommation, des retraites et de la protection sociale. Enfin, sur le plan très important de l’éthique, alors que l’immoralité du système capitaliste, notamment financier, s’étale sous nos yeux, la fonction publique française, basée sur des principes républicains et employant des millions de personnes, est un rempart contre la corruption.

Jean-Marc Canon. La CGT est pour la loi, absolument pas pour le contrat. En défendant le statut, son amélioration, il ne s’agit pas de défendre un pré carré ou des privilèges, mais l’intérêt général, la citoyenneté. La question des effectifs n’est pas pour nous un sujet tabou. Elle doit être examinée à l’aune des missions que l’on confie à la fonction publique et faire l’objet d’un vrai débat. Et, puisqu’il s’agit du bien commun, la CGT revendique que les citoyens soient interpellés, donnent leur avis sur le nombre des agents nécessaires. Mais ce débat n’a pas eu lieu alors que les réductions d’emplois tombent comme à Gravelotte. Le projet de loi qui doit passer à l’Assemblée nationale en plein été – ce qui en dit long sur certaines pratiques – prévoit, au nom de la réorientation professionnelle, qu’un agent touché par une restructuration et qui n’aurait pas répondu favorablement à trois offres d’emplois se situant sur un lieu quelconque du territoire national serait mis dans une position de pré-licenciement, sans salaire, sans continuité de ses droits à la carrière et à la retraite. Il prévoit aussi que les agents non titulaires, dont le nombre augmenterait, seraient confiés à des agences d’intérim. Pour justifier ses projets, le gouvernement invoque régulièrement l’insuffisance de mobilité des agents de la fonction publique. Or la dernière enquête de l’INSEE souligne que leur taux de mobilité est du même ordre que celui des salariés des entreprises de plus de 500 salariés. Il invoque aussi l’insatisfaction des citoyens alors que toutes les enquêtes font état de taux de satisfaction globalement extrêmement forts vis-à-vis des agents de la fonction publique. Ce qui nous est proposé aujourd’hui n’est en rien une réponse aux besoins du pays et des citoyens. Sous couvert de modernité, c’est un formidable retour en arrière.

Georges Tron. Je partage votre jugement sur le fait que la fonction publique n’est pas mal perçue. Pourtant, à certains moments, nos concitoyens peuvent aussi en avoir une vision extrêmement péjorative qui s’exprime dans une agressivité dont peuvent témoigner de nombreux agents au contact du public. Je relève que vous ne faites pas des effectifs une question taboue. D’ailleurs leur baisse est davantage liée à des transferts des administrations centrales vers les opérateurs qui en dépendent mais ont des statuts particuliers. Une diminution des effectifs d’un côté est actuellement compensée, quasiment à l’unité près, par une augmentation chez les opérateurs. Nous devons nous interroger sur les missions que l’on assigne à l’État. De ce point de vue, la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale, par plusieurs parlementaires dont je suis, fait bien la distinction entre les fonctions régaliennes comme la tenue de l’état civil, et celles qui ne le sont pas. Concernant le système des « reçus-collés », il n’y a pas une année où les élus ne sont pas interpellés sur ce problème. Je suis d’accord avec vous, il faut en finir avec cette aberration. Mais sur la mobilité, je n’ai pas la même appréciation que l’INSEE. Nous avons dans la fonction publique territoriale des besoins que pourraient parfaitement remplir des agents de la fonction publique d’État. Par exemple, il n’est vraiment pas facile pour un agent de l’éducation nationale d’être muté dans la fonction publique territoriale alors que c’est son souhait. J’ai été confronté à cette difficulté dans ma commune. La mobilité est donc pour moi un des objectifs majeurs. Nous sommes dans des situations totalement absurdes, sclérosées. Pour preuve encore, la façon dont on gère aujourd’hui la rémunération sur la base du point d’indice unifié pour les trois fonctions publiques. Cela me paraît déconnecté de l’urgence du moment. La période de crise est exceptionnelle, les finances de la France ne permettent pas de dégager les moyens de faire un effort prioritaire sur la fonction publique hospitalière, comme ce serait nécessaire. Il faut donc revenir sur l’unicité du point qui, à mes yeux, n’est pas un acquis incontournable. Je suis sensible au fait que ce serait sans doute un frein à la mobilité, je souhaiterais donc que l’on réfléchisse, dans le cadre du projet de loi, à des contre-freins. Il ne faut pas faire cela de façon désordonnée.

Anicet Le Pors. Si vous dites que le point d’indice ne doit plus être l’instrument de base de la rémunération des fonctionnaires cela signifie qu’ils seront principalement rémunérés sur une base discrétionnaire de primes ou d’indemnités. Il faut être plus clair…

Jean-Marc Canon. Vous demandez plus de mobilité, mais en même temps vous souhaitez une évolution différenciée de la valeur du point d’indice. Si cette mesure était mise en oeuvre, elle entraînerait un éclatement de la grille indiciaire aujourd’hui unique, et la mobilité entre les trois versants de la fonction publique serait encore plus compliquée. Nous sommes pour une unification des trois fonctions publiques et même pour réfléchir à des corps communs : quelle différence professionnelle entre les postes de secrétaire administratif dans une mairie, un ministère ou un établissement hospitalier ? Autre remarque : même avec les transferts d’emplois aux opérateurs nous sommes dans une spirale de baisse des effectifs de la fonction publique. Et j’observe que ces opérateurs emploient en moyenne 60 % de non-titulaires. Ce sont aussi des endroits où le temps partiel, généralement imposé, est double ou triple de ce qu’il est dans la fonction publique dite centrale. Voilà la souplesse qu’on nous vante tant.

Georges Tron. Je ne remets pas en cause le point d’indice mais son unicité et son augmentation homogène. Il y a des collectivités qui n’ont pas de ressources et qui sont en difficulté parce qu’une négociation au niveau de l’État dit que tout le monde doit être augmenté à la même vitesse. Pour la même raison, nous n’avons pas les moyens de faire de la fonction publique hospitalière une priorité.

Anicet Le Pors. C’est la porte ouverte à toutes les inégalités. Nous ne serons pas d’accord sur ce point ! Sur les effectifs, je veux poser une question  : y a-t-il trop de fonctionnaires ? Je me réfère à une étude récente du centre d’analyse stratégique qui a compté le nombre d’agents rémunérés sur prélèvements obligatoires, ce qui permet des comparaisons. En France, il y a 93 agents publics pour 1 000 habitants, à peu près comme au Royaume-Uni. Le minimum est au Japon, avec 41 pour 1 000, le maximum au Danemark, avec 154 pour 1 000. La règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partants à la retraite est obscurantiste. Elle n’est fondée sur aucune réflexion méthodologique. Son seul objectif est de baisser autoritairement la dépense publique. Enfin j’ai relevé que les premières mesures du comité interministériel de modernisation ont été de supprimer le haut conseil du secteur public, le comité d’enquête sur les coûts et rendements du service public, le conseil national d’évaluation, venant après la suppression du commissariat général du Plan, suivi aujourd’hui de l’exode de l’INSEE à Metz… Il y a une philosophie derrière tout cela, c’est l’affaiblissement des moyens de gestion rationnelle. On enlève les instruments de la main visible pour s’en remettre à la main invisible du marché.

Le président de la République et le gouvernement veulent introduire dans la fonction publique l’intéressement, le salaire au mérite, la mesure de la performance. N’est-ce pas contradictoire avec l’idée de missions au service des usagers, par définition, irréductibles à la standardisation ?

Anicet Le Pors. Concernant le système de rémunération, il est très difficile d’apprécier la performance individuelle ou le mérite. Le fonctionnaire doit être jugé sur sa responsabilité individuelle mais elle ne peut être détachée de celle de son service et de son administration. Il faut faire appel au concept d’efficacité sociale, qui suppose transparence et démocratie.

Georges Tron. Ce n’est pas très distant de la façon dont l’intéressement est envisagé dans le projet Diefenbacher. Il est normal qu’il soit introduit dans notre dispositif et ne soit pas basé exclusivement sur la performance individuelle. Dans l’état actuel des finances publiques, comment mieux rémunérer les agents, comment mieux reconnaître la qualité de leur travail alors qu’ils ont aujourd’hui le sentiment que ce n’est pas le cas ? Il faut un autre partage de la masse salariale entre des agents moins nombreux mais mieux payés, en fonction de critères nouveaux. Je suis favorable à la généralisation de l’intéressement collectif, qui ne soit pas uniquement calé sur la maîtrise des coûts mais aussi sur la qualité des services rendus aux usagers.

Jean-Marc Canon. On nous parle de rémunération individuelle au mérite et d’intéressement selon une performance collective. D’abord on peut s’interroger sur l’évaluation du mérite. Ensuite s’agissant de l’intéressement, ce qui existe dans le privé est assis sur le chiffre d’affaires et les bénéfices de l’entreprise. Transférer ces critères dans la fonction publique, c’est changer de monde. D’ailleurs le rapport Diefenbacher précise que, pour la fonction publique hospitalière, c’est la tarification à l’activité qui doit servir de socle à l’intéressement. C’est bien le signe d’une dérive dans le système de rémunération. Le service public n’a pas de but lucratif et ne doit pas en avoir. Et si on multiplie la part de la rémunération liée au système indemnitaire, des fossés de plus en plus grands vont se multiplier entre collectivités, ministères, hôpitaux publics. Il y aura ceux qui auront les moyens de mieux rémunérer leurs agents et ceux qui ne le pourront pas. Sur fond de mise en concurrence, les fonctionnaires des établissements pauvres auront le plus grand mal à accéder à l’emploi dans les établissements riches. À propos des salaires des agents de la fonction publique, il faut se garder d’aborder la question uniquement en termes de coût mais regarder aussi ce qu’ils représentent en termes de justice, de croissance pérenne. 5% d’augmentation de la valeur du point représentent 600 millions d’euros de cotisations salariales pour la maladie, davantage que l’équivalent du forfait non remboursable de un euro par consultation médicale. Et pourquoi les dépenses publiques devraient- elles baisser ? On dit qu’elles sont un frein à la croissance. Mais de 1986 à 1995, elles ont augmenté de façon continue. Et la croissance était en moyenne de 2,5 % chaque année. De 1996 à 2007, elles ont baissé. Et la croissance est tombée à 2% de moyenne annuelle. Tous les pays, sauf l’Allemagne, qui ont procédé à des plans de suppressions d’emplois dans leurs services publics sont revenus à un niveau d’emplois égal ou supérieur à ce qu’il était précédemment. Les emplois de la fonction publique doivent être liés à ses missions. Les hôpitaux ontils aujourd’hui les effectifs suffisants pour accomplir leurs missions ? À l’évidence non. C’est bien la preuve que les suppressions d’emplois de fonctionnaires répondent à un dogme.

Le statut des fonctionnaires est-il, selon vous, un acquis pour la société ?

Anicet Le Pors. Je ressens très mal le fait que, de manière obsessionnelle depuis des années, certains présentent les fonctionnaires comme des privilégiés. Cette idée sous-tend aujourd’hui les projets du pouvoir. Il faut au contraire se demander comment faire en sorte pour que ce soient les salariés protégés par un statut qui deviennent la référence pour tous plutôt que l’alignement dans la précarité ? J’en arrive à une idée portée par la CGT, le statut du travail salarié. Elle implique, selon moi, de définir, dans le Code du travail, le noyau des garanties fondamentales de tout travailleur salarié et de réordonner, autour les conventions collectives, les contrats du secteur privé, mieux les encadrer, les rendre comparables. Ce qui n’effacera pas la séparation entre secteur public et privé ni la légitimité, au regard de l’intérêt général, du statut des fonctionnaires.

Georges Tron. Qu’entend-on par acquis ? S’il s’agit avec le statut de chercher à se protéger, dans une société comme la nôtre où les risques de précarité sont évidents, c’est parfaitement légitime. S’il s’agit de rechercher une organisation optimale du service public, la réponse est oui. Si nous sommes dans une logique de maintien de la séparation entre sphère du public et du privé et que le statut ne concerne que le public, je suis d’accord. Mais s’il s’agit de considérer que le statut est intouchable, ne doit pas évoluer pour répondre aux requêtes de la société, il ne faut pas hésiter à dire que le mot acquis est excessif.

Jean-Marc Canon. Le statut des fonctionnaires est un acquis et un atout pour toute la société. Il garantit une fonction publique de haut niveau, qui ne connaît pas de dérive majeure, comme la prévarication qu’on peut connaître ailleurs. C’est un socle pour aujourd’hui et pour demain. Il faut bien sûr l’améliorer, le faire évoluer. Mais les réformes menées sont à l’opposé des évolutions que nous souhaitons.

Table ronde réalisée par Olivier Mayer et Jacqueline Sellem

Voir aussi Fonctionnaires: le rapport Silicani, négation d’une fonction publique républicaine

 

Par Joël Allain - Publié dans : Débats - Communauté : Les blogs citoyens
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Mardi 30 juin 2009


Lu sur
http://www.mouvements.info/FMI-la-super-banque-centrale-de.html

 

Par Jean-Marc Salmon

 

La crise financière a relancé les débats sur la création d’une monnaie de réserve mondiale. Mouvements avait ouvert le débat avec Dominique Taddéi, favorable à cette idée, dans le cadre d’une vaste réforme du système Onusien, sous l’égide duquel le FMI jouerait. Une solution peu réaliste, pour J-M Salmon, qui lui répond ici.

Créer une « super monnaie de réserve » et en confier la gestion au FMI : voilà une idée qui (res) surgit simultanément un peu partout dans le monde. Sur ce même site, Dominique Taddéi l’a défendue dans le cadre d’une réorganisation du système de l’ONU [1] (accéder à l’article de D. Taddéi). Peu avant la conférence du G 20 à Londres, les autorités chinoises ont proposé des schémas de transformation du Fonds monétaire international (FMI) en une super banque centrale [2]. Enfin, une commission d’experts, présidée par Joseph E. Stiglitz, doit rendre compte à l’ONU des moyens de sortir de la crise et devrait avancer ses opinions sur la question.

Nul doute que la crise, en s’approfondissant, mette à nu ce qui avait été enterré à Bretton Woods : le débat sur une monnaie de réserve mondiale. On sait qu’au nom de la Grande- Bretagne, John M. Keynes avait proposé, en vain, la création d’un « Bancor » dont la valeur aurait été indexée sur un « panier » de trente matières premières, dont l’or. Cette monnaie globale aurait été adossée à une chambre de compensation, « l’International Clearing Union », dans le cadre d’un système de taux de change flexible.

En définitive, Washington imposa sa puissance : le dollar adossé à l’étalon or servit de référence dans un système de taux de change fixe. Mais, les taux sont ajustables, au gré des déséquilibres commerciaux, les monnaies devant être convertibles.

Les propositions actuelles prennent, en général, comme point d’appui les Droits de tirage spéciaux (DTS), une unité comptable du FMI qui permet d’allouer des ressources additionnelles aux États membres [3]. Les DTS ont été créés en 1967 lors de la réunion de Rio et mis en place en 1969, alors que le système de Bretton Woods faisait entendre ses premiers craquements. Deux ans plus tard, les Etats-Unis abandonnaient l’étalon or. Alors que Wall Street se désolait de la chute de la productivité et des profits, des perspectives prometteuses et nouvelles s’ouvraient en tournant le dos au secteur productif [4]. Le délitement du système de Bretton Woods ouvrait la porte à un cycle de libéralisation du capitalisme sous la conduite des marchés financiers. L’émergence d’un système de taux de change flottant permit la spéculation sur les marchés des changes, le FOREX.

Le poids du FOREX devint tel que les interventions des banques centrales ne leur permettaient plus de contrôler ce marché. La banque centrale d’Angleterre l’apprit à ses dépens sous les coups de boutoir des spéculateurs conduits par George Soros.

Dans le contexte actuel de la crise financière et économique qui frappe les États-Unis, le cauchemar des dirigeants chinois est que le dollar devienne l’objet d’une spéculation à la baisse et soit emporté par une tourmente spéculative. D’où l’intérêt nouveau qu’ils portent aux DTS du FMI. L’avantage prêté aux DTS est de rabaisser le rôle du dollar. Le DTS est une unité comptable du FMI composée d’un panier de quatre monnaies, où le dollar pèse 44%- le choix des monnaies et leur poids est défini par les instances du FMI. Rappelons que, dans le cadre d’un accord informel entre les Etats-Unis et les puissances européennes, qui contrôlent le FMI, le directeur du Fonds est un Européen, et celui de la Banque mondiale un Américain. La valeur du DTS est actualisée quotidiennement en dollar, au taux de change du jour.

Le schéma le plus souvent avancé permettrait la transformation par chaque État d’une partie de ses réserves de change en DTS. Ainsi, la Chine, qui dispose des plus importantes réserves de change au monde, plus de 2 000 milliards de dollars, pourrait les y déposer et recevoir en échange des DTS. Le cauchemar chinois d’une dépréciation du dollar serait largement allégé puisque l’€uro pèse 34% dans le panier DTS.

Dans le raisonnement des autorités chinoises, il conviendrait que ce transfert ne déprécie pas le dollar. Que pourrait dès lors faire le FMI de tous ces dollars ? Les convertir en obligations du Trésor américain [5]].Ce serait une carotte pour convaincre les États-Unis de perdre leur rôle central dans le système monétaire mondial. En effet, ils disposent d’un droit de veto dans les instances actuelles du FMI. Les autorités chinoises affirment qu’elles déposeront d’importantes réserves de change au FMI en échange d’une mise à jour des rapports de force au sein du FMI. Les droits de vote des États reflètent largement l’état du monde au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Les indexer sur le PIB reviendrait à donner la troisième place à la Chine, c’est dire que les pays européens perdraient beaucoup de leur influence, et par ricochet les États-Unis.

Si on veut bien se souvenir que la ratification de l’amendement de 1997 à l’accord sur les DTS est bloquée, on devine que ce chemin sera long, voire impraticable. Mais, dans un scénario où la crise actuelle se transformerait en une dépression économique de longue durée, ces obstacles géopolitiques fondraient-ils ? Le besoin d’une coopération accrue des autorités chinoises sera-t-il irrésistible ? Au point que les pays européens accepteraient un fort affaiblissement de leur influence ?

Rappelons qu’en 1978-79, les puissances financières essayèrent déjà de transformer de facto les DTS en une super monnaie de change. Or, depuis quelques années, nous étions passés à un système de taux de change flottants. Que serait-il advenu des fonds en dollars déposés au FMI et transformés en DTS si le cours du dollar avait baissé ou monté ? Cet obstacle rendit impossible l’accord entre les pays de l’Europe de l’Ouest et les États-Unis.

Cet obstacle disparaîtrait dans un système de taux de change fixe. La crise des politiques monétaires, financières et économiques engagées dans les années soixante-dix peut-elle se dénouer, entre autres, par le retour à un système de taux de change fixe et ajustables ? Gardons en tête que le camp de ceux qui recherchent un taux de change fixe avec le dollar a pris du poids avec la montée en puissance de la Chine et des pétromonarchies durant ces trente dernières années. Seront-ils du côté des vainqueurs géopolitiques de la crise ?

À l’inverse, du côté des taux de change flottants, l’€uro, qui a besoin d’un corset de « critères » pour se tenir droit, faute de la colonne vertébrale d’un vrai budget d’État européen, résisterait-t-il aux pressions d’une crise longue, alors que ces « critères » entravent des politiques de relance conséquentes, dites contra-cycliques [6] ?

La transformation des DTS en super monnaie de réserve ne répondrait sûrement pas aux obstacles que voulait surmonter John M. Keynes avec le « Bancor » lors des travaux préparatoires à la conférence de Bretton Woods. Avec l’abandon de l’étalon or, les monnaies ont été largement dématérialisées. Les banques centrales ont acquis une plus grande latitude pour imprimer du papier. Pour les banquiers centraux, maintenir un taux de change demande aujourd’hui de séduire d’abord les marchés et de posséder un bon jeu de postures, du savoir-faire dans l’affichage des taux directeurs, etc. La super monnaie de réserve actuelle, le dollar, sert essentiellement à des fins spéculatives. Deux décennies après l’abandon de l’étalon or pour le dollar, la quantité de dollars échangés à des fins spéculatives atteint presque 90% des transactions sur le FOREX. Ou, autrement dit, la spéculation sur les marchés des changes pèserait certaines années neuf fois plus que la part du commerce mondial libellé en dollars. Il y a une relation étroite entre le développement de la spéculation monétaire et la récente dématérialisation des monnaies.

On est à l’opposé des conceptions de John M. Keynes où la monnaie de réserve mondiale aurait contribué à réconcilier le commerce mondial avec des politiques nationales de plein-emploi (y compris par la possibilité de recours à des mesures protectionnistes). Dans cette tentative de transformer le FMI en super banque centrale, les multiples références à John M. Keynes relèvent d’un procédé rhétorique proche de celui utilisé pour rapprocher les politiques de Barack Obama et du New Deal. On sait que John M. Keynes n’avait pas de mots assez durs pour stigmatiser la propension de Wall Street pour « l’économie casino » [7]. Le Bancor était conçu comme un instrument lié à des échanges commerciaux. Et il ne s’inscrivait pas dans une perspective de dématérialisation des monnaies. Son panier de référence aurait été constitué de trente matières premières, dont l’or. L’ICU aurait eu le pouvoir de lever des taux d’intérêts élevés, de 10% au besoin, sur les pays dont le commerce aurait été nettement excédentaire pour les contraindre à réévaluer leurs monnaies. Si ce système avait vu le jour, il serait douteux qu’un pays dans la situation de la Chine persiste à sous-évaluer sa monnaie ou les Etats-Unis à surévaluer le dollar.

John M. Keynes avait anticipé la nécessité de mécanismes de rééquilibrage des déséquilibres. Avec un FMI réformé, il n’y aurait rien de cela. Comment se résoudrait ce déséquilibre monétaire entre le yuan et le dollar, accepté pour des raisons différentes par Washington et Pékin – déséquilibre qui accentue l’attrait des faibles salaires des travailleurs chinois, exacerbe la concurrence entre les salariés du monde, exagère l’afflux d’investisseurs étrangers, particulièrement en Chine, accentue les exportations chinoises, et contribue à augmenter temporairement le pouvoir d’achat des milieux populaires américains ? Comment se résoudrait ce déséquilibre commercial entre la Chine et les États-Unis, qui amène le gouvernement chinois à accumuler des obligations libellées en dollars, confortant des déficits publics américains toujours plus élevés ? Comment se résoudraient les déséquilibres sociaux en Chine ? Aux Etats-Unis ? Comment pourrait perdurer l’endettement croissant des milieux populaires et des classes moyennes américaines, qui permet de repousser d’une crise à l’autre, le règlement des échéances et des déséquilibres [8] ? Et, sinon, pourraient-ils imposer une réévaluation de leurs rémunérations ?

Les relations entre la Chine et les Etats-Unis sont une ligne de force aujourd’hui, l’une des diagonales où s’articulent les déséquilibres du social, de l’économie, de la monnaie et de la finance, un des axes de la crise capitaliste, euphémisée souvent en « crise d’excès de liquidité ».

Qui va payer la crise ? Et pour quelle sortie de crise ? Les propositions de réforme du FMI éludent ces questions majeures.

Publié par Mouvements, le 11 juin 2009. http://www.mouvements.info/FMI-la-super-banque-centrale-de.html

P.-S.

L’article de Dominique Taddéi : Au-delà de la relance et de la régulation économiques, la géopolitique.

Voir également, de Dominique Taddéi : Régulations des changes et réforme du Fonds monétaire international
Par Joël Allain - Publié dans : Débats - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 29 juin 2009

INVITATION

Elu-e-s Alternative citoyenne au Conseil Régional IDF

 

Expériences et enseignements en débats pour des politiques de transformation sociale !

 

Engagé-e-s dans le réseau « Alternative Citoyenne » constitué après le choc des présidentielles de 2002, nous avons été élu-e-s au Conseil Régional d’Ile-de-France en 2004 dans le cadre de la campagne « Gauche populaire et citoyenne », coorganisée avec le parti communiste. Nous avons essayé de mêler des expériences riches et diverses issues de sphères associatives, syndicales, politiques, culturelles. Avec 7,2 % des voix, notre liste avait vraiment fait événement. Notre projet était ambitieux puisque nous disions vouloir battre la droite, changer la gauche, faire de la politique autrement, et modifier le rapport du mouvement social aux institutions et celui des institutions au mouvement social : « de la rue aux urnes » et « des urnes à la rue ».

 

Depuis notre élection, nous cherchons à faire bouger les politiques régionales dans le bon sens, dans le dialogue et parfois la confrontation au niveau du groupe aujourd’hui Communiste Alternative Citoyenne Républicain et Parti de Gauche (CACRPG) et au niveau des autres forces de gauche et des Verts. Pas toujours facile mais souvent passionnant si l’on y regarde de près. Depuis plus de cinq ans, nous avons tâtonné mais aussi beaucoup expérimenté et beaucoup appris. Nous avons contribué très directement à des décisions importantes comme la gratuité des transports en commun pour les RMIstes et une partie des personnes aux minimas sociaux, les autres étant couverts à 75%.

 

Nous avons pesé sur les orientations du SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France) par des choix d’aménagement luttant réellement contre les inégalités et associant solidarité, visée sociale et écologie. Nous avons aussi eu le sentiment de marquer les travaux de la Région de préoccupations majeures en matière de démocratie – de même au STIF – de lutte contre les discriminations et pour l’égalité des droits, de logement, de transport, de formation et d’emploi…

 

Mais, même si nous avons cherché à innover en sollicitant réseaux associatifs et syndicaux, nous avons aussi le sentiment d’avoir été très peu visibles dans une Région qui ne l’est elle-même pas beaucoup. A l’orée de la prochaine campagne régionale, et quelle que soit la configuration politique de celle-ci, nous ressentons le besoin et pensons extrêmement utile de mettre en débat les enseignements et réflexions que nous tirons de notre expérience, pour amplifier et rendre incontournable cette démarche de conquêtes citoyennes.

 

Voilà pourquoi nous vous proposons de nous retrouver

 

Le 1er Juillet

De 18 h 30 à 21 h

AGECA

177 rue de Charonne – 75011 Paris

M° Alexandre Dumas (Ligne 2) ou Charonne (Ligne 9)

 

En espérant vous voir nombreux et nombreuses pour ce moment que nous voulons convivial et constructif.

 

Mouloud Aounit, El-Madani Ardjoune, Tarek Ben Hiba, Jean Brafman, Bénédicte Bauret, François Labroille, Mehdi Lallaoui, Claire Villiers, Malika Zediri...

 

Le blog des élu-e-s d’Alternative Citoyenne : www.alternativecitoyenne-elus.org/

Par Gérard Badeyan et Didier Goutner - Publié dans : Annonces et compte-rendus de réunions - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Dimanche 28 juin 2009



Forum-débat le 3 juillet à la Mutualité

 

Le 3 juillet, à la Mutualité (Paris), le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire organisent un forum-débat, ouvert aux actrices et acteurs des mouvements sociaux, pour réfléchir, ensemble, à la riposte à Sarkozy et aux contenus d'un bon projet pour la Gauche.

 

TOUR DE VIS SARKOZISTE

 

FORUM/DEBAT

Vendredi 3 juillet

de 18 à 22h

Mutualité

salle Jussieu

métro Maubert-Mutualité


Tables rondes avec la participation de Maryse Dumas,
Annick Coupé, Gérard Aschieri, Martine Billard, Aurélie Trouvé,
Evelyne Sire-Marin, Dominique Noguères,
Roland Gori                                    


En présence de Marie-George Buffet, Jean-luc Mélenchon et Christian picquet


Dans son discours de monarque à Versailles,  SARKOZY vient d'annoncer un nouveau et sévère tour de vis des dépenses publiques et sociales : il va "porter le fer dans les dépenses  inutiles ou non prioritaires", dit-il, ce qui signifie qu'il va poursuivre et accélérer  sa politique de destruction sociale : fin de la retraite à 60 ans, poursuite des privatisations,  casse des lycées et des universités. Il veut s'attaquer aussi aux collectivités locales, qui réalisent pourtant 70% des investissements publics et doivent déjà faire face à un désengagement accéléré de l'Etat. Son programme? Moins d'élus, moins de compétences, moins d'emplois, c'est à dire moins de démocratie, moins de services rendus aux habitants, moins de  services publics. Dans le même temps, ce chef d'une droite, pourtant aux affaires depuis 2002, s'est exonéré de toute responsabilité dans la situation économique et sociale du pays et a fait l'impasse sur les deux principaux sujets de préoccupations des Français que sont l'emploi et le pouvoir d'achat. Avec la promotion et l'entrée d' hommes du Président, le remaniement annoncé jeudi marque une nouvelle étape dans le durcissement de la politique du gouvernement. , Face à ce programme de régression sociale et démocratique, l'heure est à la riposte.

UNE FENETRE D'ESPOIR

 

Le 3 juillet à la Mutualité

Dans cet esprit, Le PCF, le Parti de gauche et la Gauche unitaire ont décidé d’organiser, le 3 juillet, à la Mutualité, à Paris, un forum-débat articulé autour de trois thèmes: la transformation sociale, l'écologie,les droits et libertés. Un certain nombre de personnalités, actrices et acteurs de la vie sociale (Maryse Dumas (CGT), Annick Coupé (Sud), Gérard Aschieri (FSU), Martine Billard (députée Verte), Aurélie Trouvé (ATTAC), Evelyne Sire-Martin (ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature), Dominique Noguères (Ligue des Droits de l'Homme), Roland Gori (professeur de psychopathologie à l'université, initiateur de l'Appel des Appels) ont accepté d'ouvrir les trois débats, en présence de MG Buffet, JL Mélenchon et C. Piquet qui réagiront sur ces différents thèmes.


TOUT PEUT BOUGER


Cette rencontre sur les contenus de la transformation sociale sera un signal politique important, un appel  à démultiplier ce travail un peu partout dans le pays dans les semaines et les mois à venir. Et à partir de ce travail, de nouvelles batailles communes pourront se construire sur les questions sociales, écologiques, démocratiques... Au delà du travail commun des organisations, réfléchir à l'implication citoyenne et populaire , il s'agit d'élargir et investir ce rassemblement. Sur le terrain, des citoyens, des acteurs du mouvement social sont déjà disponibles. A nous tous d'inventer, dans la proximité, des lieux de rencontre, de travail, des espaces adaptés, ouverts, souples, en évitant des structurations  qui dénatureraient la démarche. Ne figeons pas les  frontières. Adressons nous très largement à l'ensemble du peuple de gauche. Tout peut bouger en faisant appel aux acteurs des mouvements sociaux, aux électrices et électeurs de gauche dans leur diversité.

Les résultats du Front de gauche pour changer d'Europe aux élections du 7 juin dernier sont encourageants (6,47% et cinq élus), en dépit d’une situation politique problématique (abstention record, succès relatif de l’UMP, sévère défaite du PS, brouillage politique…). La démarche d'union du Front de gauche s'incruste dans le paysage politique, elle ouvre une fenêtre d'espoir. Il s'agit à présent, pour les militants communistes, d'ouvrir des fronts sur tous les fronts, de transformer l'essai marqué aux européennes, de prolonger la dynamique militante et unitaire, d'offrir une perspective à gauche. Ce qui a fonctionné de bout en bout, durant cette campagne, c’est qu'on a construit, ensemble, une union sur un contenu et des objectifs clairs, et non à partir d’un périmètre de rassemblement préétabli. Les communistes entendent donc poursuivre et élargir la démarche du Front de gauche, en continuant à interpeller toutes les forces politiques et sociales à gauche, socialistes, écologistes, associatives, d'extrême-gauche, vous les citoyens pour mobiliser contre la nouvelle offensive Sarkozy et pour bâtir des propositions alternatives.

Tract du PCF

Par Joël Allain - Publié dans : Annonces et compte-rendus de réunions - Communauté : Unissons nous à gauche...
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