Dans une société ou, à de rares cas prés, il coûte toujours plus cher, à l’échelle d’une vie, d’être
locataire que propriétaire, il est normal de préfèrer être propriétaire de son logement.
Là où la démagogie commence, c’est quand ceci est mis au centre de la politique du logement. N. Sarkozy et les siens savent bien que ce n’est
pas possible pour tout le monde. Ceci est particulièrement vrai dans des zones urbaines comme la partie centrale de la région parisienne, dans le Sarkoland (le 92) tout spécialement. Il suffit de
lécher les vitrines des nombreuses agences immobilières de Malakoff pour s’en rendre compte…
La mesure de déduction des intérêts sur les emprunts immobiliers contractés depuis le 6 mai et relatifs à
l’achat d’une résidence principale n’est pas négligeable pour ceux qui en bénéficieront et, une fois encore, tant mieux pour eux, mais ne répond pas à la vraie question : comment
loger convenablement tout le monde à raison de ses moyens et sans alimenter la ségrégation spatiale déjà si marquée en région Ile de France, avec toutes les conséquences qui
s’ensuivent ?
Pour cela, la seule politique capable d’atteindre ces objectifs est celle suivie avec constance dans
notre ville, et depuis des dizaines d’années, d’offre diversifiée de logements en location sociale, privée et en accession à la propriété. Il suffit d’aller voir ce qui se passe
dans des villes voisines où ce cap essentiel n’a pas été tenu pour comprendre : il y a des politiques qui favorisent la ségrégation et d’autres qui contribuent à une mixité sociale
harmonieuse !
Ce n’est pas l’optique du pouvoir actuel. Ce n’est pas une surprise au regard des 2% de logements sociaux
de Neuilly, en infraction claire avec la loi SLRU.
Revenons à la loi TEPA dite « paquet fiscal». On passera sur le fait que le candidat de l’UMP a
promis n’importe quoi au meeting du Havre où il a « assaisonné » durement son ministre des comptes publics (E. WOERTH, qui avait raison sur ce point) en expliquant que, contrairement
aux dires du ministre, tous les prêts en cours pourraient bénéficier de la déduction fiscale alors que l’on savait que c’était inconstitutionnel…
C’est une confirmation de la méthode constante du nouveau président qui cherche d’abord l’effet d’annonce sans
véritable considération pour les résultats réellement attendus.
Les 6 à 7 milliards qui vont être dépensés pour l’exonération fiscale des intérêts auraient sûrement été
mieux employés à relancer le logement social ou à favoriser le logement de telle où telle catégorie, par exemple les jeunes qui ont un mal fou à trouver des logements abordables pour cette
rentrée…
En plus, il va falloir compenser le trou budgétaire, alors que la croissance du PIB est en
berne.
La mesure va
relancer l’achat de logement et créer quelques emplois dans le BTP ? Ce serait bien mais rien n’est moins sûr puisque les taux d’intérêt remontent dans le contexte de la crise
financière mondiale. Ce qui est sûr, par contre, c’est que la hausse des prix de l’immobilier va être relancée ( tant mieux pour les propriétaires- indice
INSEE-notaires : +8% sur les douze derniers mois en moyenne dans la région ), ce qui contribuera à éliminer quelques candidats à l’achat, y compris dans notre ville.
Pendant ce temps-là, la création d’emploi est atone, et le bon M. HIRSCH a obtenu 26 millions d’€ pour
financer son revenu de solidarité active.
A l’issue de ce panorama partiel mais non partial car basé sur des faits, on comprend pourquoi Mme
LAGARDE ministre en charge de ces mesures s’est « amusée » à reprendre début juillet, devant un parterre de financier de la place de Paris, le « Enrichissez-vous ! » de
GUIZOT, ce ministre du 19 éme siècle.
Quelle rentrée …plutôt pluvieuse.
Une fois n’est pas coutume, il me paraît indiqué de lire dans Le Figaro la récente interview de Manuel
VALLS pour comprendre comment la gauche en tant que telle peut disparaître du panorama politique.
http://www.lefigaro.fr/elections-legislatives-2007/20070821.WWW000000331_manuel_valls_sortons_le_ps_du_carcan_des_courants.html
Joël ALLAIN
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