Mardi 3 novembre 2009
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08:27
Vous avez dit délation ?
(Lu dans le dernier bulletin de la Ligue des droits de l’homme –section
Malakoff-Bagneux-Montrouge
http://ldh92sud.over-blog.com )
Raymond Federman est décédé le 6 octobre dernier à San Diego aux Etats-Unis.
Ecrivain, auteur de très nombreux ouvrages, à travers son écriture originale, il crée le concept de « surfiction » (une seconde voix interpelle le narrateur). Raymond Federman est né en 1928 à
Montrouge.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, il n’existe aucune évocation de lui sur
la commune : ni plaque, ni nom de rue (« personnellement, je préfèrerais une petite impasse, ça m’irait mieux » disait-il). Il a vécu pourtant les treize premières années de sa vie à Montrouge... jusqu’en 1942 : «
environ 5h30 du matin, le 16 juillet 1942, la police française qui faisait le sale boulot de le J’ai ta peau, comme disait Max Jacob, est venue nous arrêter au 4, rue Louis Rolland à
Montrouge ». Cette arrestation est facilitée par la dénonciation de
certains voisins. Ses parents et ses deux soeurs meurent en déportation. Caché dans un débarrras, Raymond Federman échappe à la rafl e du Vel d’Hiv.
Dénonciations, délations... Des pratiques d’un autre âge ? Hélas non, à en croire
la Cimade (service oecuménique d’entraide). « Déjà effectives dans le secteur public, les arrestations de personnes en situation irrégulière se multiplient à l’initiative d’entreprises
privées, qui n’hésitent pas à piéger leurs clients ». Ainsi, récemment, plusieurs sans-papiers ont été dénoncés en Île- de-France alors qu’ils se rendaient dans des banques ou des agences de
téléphonie.
Selon le journal Politis, cela aurait été le cas pour un sans-papier s’étant rendu
dans une banque à Montrouge le 27 août dernier : « Pour ce faire, l’homme utilise une (vraie) pièce d’identité d’emprunt. La guichetière s’en aperçoit et disparaît. Débarque la police,
direction le centre de rétention de Bobigny. »
Comme le souligne le journal Le Parisien du 08/10/09 : « Ce cas est
symptomatique d’une tendance croissante à la délation, de la part d’employés du privé comme du public », constate la Cimade, indignée « d’un zèle qui dépasse le cadre des obligations
professionnelles. »
Dénonciations, délations... autre temps et malheureusement, les mêmes moeurs
exécrables refont surface, encouragées par un gouvernement qui joue sur cette fibre de l’identité nationale et du rejet, sur l’air d’une Marseillaise instrumentalisée, pour faire oublier
l’essentiel de ses responsabilités !
CR-MCT
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