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Lu sur http://www.cerisesenligne.fr/

 

Une nouvelle entourloupe

 

Si la crise économique que traverse notre pays a des conséquences fâcheuses, voire catastrophiques, pour une grande partie de nos concitoyens, pour le gouvernement, elle est surtout l’occasion de mettre en œuvre le programme libéral que le MEDEF lui souffle à l’oreille depuis des années. Il en est ainsi de la TVA dite "sociale", qui vise à transférer vers l’impôt une partie des cotisations sociales.

Il s’agit d’une mesure inégalitaire, injuste et inefficace.

Inégalitaire, car la TVA est l’impôt le plus inéquitable et anti-redistributif qui soit, les mêmes taux s’appliquant à tous, quelles que soient les différences de revenus.

Injuste, car cette nouvelle hausse de la TVA, après une première hausse du taux réduit en septembre dernier, va restreindre encore plus le pouvoir d’achat de ceux qui n’ont pour vivre que leur salaire, leur pension de retraite ou les indemnités chômage.

Enfin, il s’agit d’une mesure inefficace pour lutter contre le chômage : depuis 2007, pour s’en tenir au présent quinquennat, les exonérations de cotisations sociales patronales sur les bas salaires, qui poursuivent le même objectif d’allégement du coût du travail et qui ont coûté à l’État la bagatelle de 108 milliards d’euros, n’ont nullement empêché l’augmentation d’un million du nombre de chômeurs.

La TVA "sociale" permet surtout au gouvernement de poursuivre son entreprise de remise en cause du pacte républicain conclu après la guerre. Ce pacte est basé sur un financement solidaire de notre système de protection sociale par un prélèvement direct sur les richesses créées par le travail dans les entreprises. Le remplacer par un financement par l’impôt, et qui plus est par un impôt non progressif, constitue une nouvelle étape dans la mise à l’écart des partenaires sociaux et dans la privatisation de notre protection sociale, pour le plus grand bénéfice des grands groupes d’assureurs privés comme Malakoff-Médéric, dirigé par… le frère du président de la République !

Les dépenses de protection sociale représentent un quart du PIB de notre pays. Pour le gouvernement, c’est un montant trop élevé qui nuit à la compétitivité. Pour ma part, je considère au contraire que c’est un montant modeste au regard de l’importance des différents aspects de la vie ainsi couverts, de la maternité aux retraites en passant par la famille, les accidents du travail, la santé et le chômage.

Le niveau des seules dépenses de santé est, rapporté au nombre d’habitants, moins élevé dans notre pays qu’en Allemagne, si souvent citée en exemple. Or, il ne s’agit pas seulement d’une dépense permettant aux salariés d’être en bonne santé, mais également d’un investissement dans un secteur d’activité non délocalisable offrant à la fois des emplois qualifiés et non qualifiés.

* Jacqueline Fraysse, Députée des Hauts-de-Seine

Jacqueline Fraysse Députée des Hauts-de-Seine, 27 janvier 2012

Tag(s) : #Editorial

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