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Lu sur
http://www.france.attac.org/spip.php?article10425


L’Assemblée nationale a adopté le principe d’une taxe additionnelle de 10% sur les bénéfices des banques. Ce fut un vote acquis à la surprise générale puisque le gouvernement s’y opposait bien que le Commission des finances se fut prononcée en faveur d’un tel amendement au projet de loi de finances 2010.


Est-il vrai que « les banques n’ont pas commis de faute[1] », comme le répète à l’envi Mme Lagarde ? Elles ont participé à la frénésie spéculative qui a précédé la crise, elles possèdent des comptoirs dans les principaux paradis fiscaux, elles ont appelé au secours les fonds publics mais ont poursuivi leurs habitudes de rémunérations exorbitantes pour les principaux managers et traders. Parallèlement, elles rechignent à prêter de l’argent pour faciliter le développement de véritables activités productives.

S’agit-il donc de pratiques normales au regard des besoins de la société ou fautives ? Les banques ont prouvé une fois encore que la finance actuelle est « socialement inutile », comme l’avait dit il y a peu Adair Turner, responsable de l’autorité bancaire britannique.

L’association Attac rappelle l’urgente nécessité d’un encadrement public strict du secteur bancaire et financier, la séparation des banques de dépôts et d’affaires, l’instauration d’une fiscalité sur les profits financiers qui n’ont aucune raison d’être.

Au moment où l’on entend murmurer des appels en faveur d’une taxation des transactions financières internationales, pour un montant certes beaucoup trop faible, il serait mal venu de s’opposer à une contribution supplémentaire des banques. Attac condamne à l’avance toute tentative de refaire voter les députés lundi prochain pour qu’ils s’alignent sur les ordres donnés à l’Élysée, dans les salons des banques ou du Medef.

Il est vrai que les pouvoirs ont pris l’habitude de refaire voter les peuples ou leurs représentants quand ceux-ci ont le mauvais goût d’être rebelles. Il est temps que la parole citoyenne l’emporte sur les intérêts financiers. Dans ce but, Attac souhaite lancer avec d’autres associations et les syndicats une grande campagne d’explication et de mobilisation pour transformer en profondeur l’activité des banques.



[1] Par exemple, la « banque des collectivités locales », organisme public, censée les conseiller sur le plan financier, n’a-t-elle pas fait de faute quand elle les a poussées à se financer avec des produits financiers aujourd’hui déclarés « toxiques » ?

 

En réalité, il y a un an, la réaction des gouvernants libéraux et socio-libéraux, face à la crise financière, a conforté les banques dans l’idée qu’elles peuvent faire n’importe quoi, elles seront  toujours garanties par les pouvoirs publics aux frais des contribuables. Principe de base: si je coule, vous coulez avec moi. La seule entorse à ce principe a été la faillite de Lehman Brothers. L’autre exception a été celle des petits pays, ceux dont la taille des Etats, et  donc des budgets publics, est proche de celles de certaines banques, ce qui rendait difficile le refinancement des banques- cas de l’Islande, de l’Irlande, voire de la Belgique.

 

Pourquoi voulez-vous, dans ces conditions, que les comportements changent, malgré les moulinets, parmi d’autres, de notre Président ? Seuls un changement radical de politique et l’intervention citoyenne péseront [commentaire de la rédaction]

Tag(s) : #Débats

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