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[L’abolition de la peine de mort a été décidée par Mitterrand et votée par le Parlement avec une partie de voix de l’opposition, ceci alors qu’une majorité des Français était contre.

 

C'était un acte d’homme d’Etat car Mitterrand avait annoncé avant son élection qu’il le ferait. Le peuple s’est donc prononcé pour lui en toute connaissance de cause.

 

Certains osent comparer cette situation avec la  « réforme » actuelle des retraites. Ce rapprochement néglige un fait essentiel du point de vue démocratique : avant son élection, Sarkozy avait annoncé qu’il n’y toucherait pas, le rendez-vous étant pris pour 2012 (loi Fillon 2003) rappelait-il. Il triche donc avec ses engagements, la grande majorité du peuple est contre selon tous les sondages. L’opposition est contre à 100%.

 

La souveraineté populaire est donc bafouée. Il y a bien là ce qu’on appelle une forfaiture. Rien d’un acte courageux d’homme d’Etat respectant la démocratie.]

 

Jean-Paul LECOQ

Député de Seine-Maritime (PCF-Front de gauche)

 

Réforme des retraites – CMP

mercredi 27 octobre 2010 – 1ère séance

 

Explication de vote

M. le Président, MM les ministres, Mmes et MM les rapporteurs, mes chers collègues,

Ce n’est pas seulement sur un texte de loi que nous sommes appelés aujourd’hui à voter, mais sur l’organisation par le Président de la République et par ce Gouvernement d’une régression sociale sans précédent, sur une des étapes de la déconstruction méthodique des acquis du programme du Conseil National de la Résistance, sur la remise en question du droit social par excellence que constitue le droit à la retraite à 60 ans.

Cette forfaiture du Président de la République face aux agences de notation et aux exigences anti sociales de l’Europe libérale est d’autant plus révoltante que M. Sarkozy avait martelé en 2007 et en 2008 qu’il n’avait pas reçu de mandat des français pour réformer le système des retraites, et qu’il s’était auparavant déclaré fermement attaché au droit à la retraite à 60 ans qu’il avait soit disant voté !!!

Un mensonge entrainant les autres, vous avez, MM les ministres, menti aux français pour tenter de faire avaler le sirop amer de votre réforme anti sociale : mensonges par action ou par omission sur vos comparaisons européennes, gage selon vous de la pertinence de votre démarche, mensonges sur la démographie, sur la situation des femmes face à la retraite, sur les carrières longues, sur la pénibilité, sur le maintien des niveaux de pension, sur votre volonté de sauvegarder la retraite par répartition alors même que vous donniez un avis favorable à des amendements visant à accroitre la part des retraites par capitalisation au détriment de celle du régime général… excusez du peu !!!     

Comme si cela ne suffisait pas, vous avez conduit cette réforme à la hussarde, poussés en cela par le Président de la République pour qui la moindre anicroche sonne comme un affront personnel auquel il faut répondre par la force et l’autoritarisme, bien loin malheureusement de la sérénité qu’on serait en droit d’attendre d’un chef d’état.

Cette réforme dont les principales dispositions étaient déjà actées à l’Elysée avant même les premières concertations a donné lieu à simulacre de dialogue avec les partenaires sociaux, auquel ont succédé un véritable putsch parlementaire, puis un passage en force au Sénat…

Notre démocratie est en berne après cette démonstration d’autoritarisme parlementaire et exécutif d’autant plus vaine que vous proposez désormais un large débat en 2013… que ne l’avez-vous fait dès cette année ? Quel aveu d’incompétence et de vanité !

Cependant mes chers collègues, la fin du débat parlementaire (si tant est que l’on puisse appeler ceci un débat) ne siffle pas la fin du match.

Vous refusez de voir et d’entendre que 70% des français refusent votre pseudo-réforme : 57 % se prononcent contre le report de l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans ; 65 % sont contre le passage à soixante-sept ans pour toucher une retraite sans décote, et la même proportion juge vos concessions sur la pénibilité et sur les carrières longues insuffisantes.

Par ailleurs 70% de nos concitoyens soutiennent les mobilisations (commencées en mars 2010 je vous le rappelle). Et depuis le 24 juin, le mouvement social n’a pas faibli, loin s’en faut. 

Alors que vous enterrez déjà la mobilisation, sachez qu’au Havre et son agglomération, ils sont toujours en grève et ce matin les Pompiers les ont rejoints : Total Raffinerie de Normandie, Total Fluide, la CIM, Eliokem, Pétrochemicals, SNCF, Chevron, centrale EDF, Fouré Lagadec, Dresser, Vinci, Ponticelli, Optéor.., Konecranes, Aircelle, Lafarge, Yara et bien d’autres encore… et vous parlez de grève de fonctionnaires !!

Demain jeudi, nous serons des millions à travers le pays dans la rue. Nous serons parmi ces citoyens, ces salariés du privé et du public, les personnels dockers, portuaires, hospitaliers, enseignants, les agents territoriaux, les retraités, les jeunes… face à votre autisme qui a conduit a cette contestation populaire, transformant la mobilisation contre cette réforme en un mouvement de révolte beaucoup plus large contre votre politique fiscale et économique, contre vos mesures sociales régressives, et contre le mépris, le dédain et le cynisme avec lequel vous traitez les travailleurs et les gens modestes.   

Exaspérés par cette contestation populaire qui enfle, vous tentez de restreindre le droit de grève ou de casser la mobilisation en réquisitionnant les personnels grévistes dans les entreprises. Vous vous obstinez à diviser le peuple : public contre privé, nantis des régimes spéciaux contre pauvres travailleurs de PME, retraités contre jeunes… jusqu’où comptez-vous aller ?

Ne voyez vous pas que partout, dans le public comme dans le privé, chez les jeunes autant que chez les retraités, le peuple refuse de se mettre à genoux et de se laisser ainsi humilier en abdiquant sur un de ses droits sociaux les plus emblématiques des luttes ouvrières ? 

Avez-vous oublié que le « peuple ne se soumet jamais à un pacte de subordination à un chef, fut-il élu » et que le scénario des luttes revendicatives ne se décrète pas à l’Elysée.

Le Président, ce Gouvernement et cette majorité ont aujourd’hui perdu la bataille de l’opinion, et c’est désormais le peuple français qui, comme aux tournants de notre Histoire, porte les valeurs républicaines que vous bafouez sans vergogne.

Les députés du groupe GDR seront toujours aux cotés du peuple qui se bat pour ses droits, pour en acquérir de nouveaux, et voteront résolument contre votre réforme rétrograde.

Tag(s) : #Débats

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