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Fase 2011

Extrait du dernier texte d’orientation de la Fase

(Pour lire la totalité du texte, voir http://lafederation.org/ )

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Nos propositions

Les luttes sont centrales dans les processus de transformation de la société. Nous saluons les mouvements des « Indignés ». Dans les actions doit s’affirmer un objectif commun : mettre en évidence ce qui doit changer et comment cela doit changer, sans oublier le rôle et les attributions des élus dans ce changement. Les luttes doivent devenir productrices de politique. Le plus souvent, luttes, élections et gestionnaires institutionnels n’ont pas marché du même pas. Pour rappeler quelques exceptions, et encore avec des contradictions, il faut citer 1936 et en 1945 en France[1] ou au Chili en 1970-73, ou récemment, en Amérique Latine ou en Islande. Ainsi la question n’est pas de faire campagne pour soutenir un homme providentiel. Il s’agit de transformer ce qui risque d’être une campagne électorale traditionnelle profondément délégataire en processus d’envahissement des débats politiques par les mouvements les plus divers. Cet investissement n’a rien à voir avec la mise en cause de l’indépendance de ces mouvements. Au contraire, cette indépendance, implique de ne rien déléguer aux partis et de travailler, sur un pied d’égalité réelle avec ceux qui combattent le capitalisme.

Nous proposons de construire ensemble un vaste chantier public pour définir ce qui doit changer et par quels moyens. Ce chantier ne saurait se limiter au temps électoral, même si ce temps là ne peut être abandonné à nos adversaires.

Qu’implique passer du discrédit profond du capitalisme et de ses recettes à un après-capitalisme ? Qu’est-ce qui doit changer dans le fonctionnement de la société, dans ses institutions économiques, sociales politiques, culturelles et symboliques ? C’est à nous tous de le penser du simple citoyen aux candidats. La différence entre partis politiques et mouvements ne doit pas être une différence de hiérarchie et de responsabilité mais d’approches pour cerner les mêmes questions et les affronter ensemble. Les spécificités qui distinguent syndicats, mouvements, associations, partis politiques demeurent. Mais nous voulons tirer de ce débat commun une force nouvelle.

Nous combattons l'idéologie au caractère totalitaire TINA (there is no alternative, il n’y a pas d’autre alternative) qui se manifeste avec des gouvernements dits de spécialistes encadrés par les technocrates de la BCE comme en Grèce ou en Italie. Ce sont les financiers qui nous plongent dans la crise et ce sont les financiers qui prennent le pouvoir. Il n'y aurait plus de choix politiques de droite et de gauche mais les meilleurs techniques de gestion. La réaffirmation des différences entre droite et gauche est pour les possédants un danger. Faire apparaître le plus fort possible un gauche anticapitaliste dans cette campagne, c'est contribuer à refuser la dérive antidémocratique.

Nous proposons, comme contribution, les axes de ruptures démocratiques, sociales et écologiques, que nous avons formalisés dans « Osons la révolution démocratique ! ». Affirmons les conditions sans lesquelles aucun changement n’est possible : l'appropriation collective, le développement de ce qui est utile socialement et écologiquement, le droit à l’emploi utile pour tous et toutes, le droit des travailleurs à réorganiser collectivement les conditions de travail et de production.

Face à la crise, l’urgence de la justice sociale s’impose. Il faut augmenter les salaires, les pensions et les minimas sociaux. Il faut rétablir la protection sociale et le droit aux soins. Face au rejet croissant du capitalisme, défendre la radicalité du changement social s'impose. Il faut sortir des seuls choix de répartition et de partage des richesses.

Nous participons aux actions politiques extra-institutionnelles encore trop souvent qualifiées de mouvements sociaux. Toutefois, l’enjeu essentiel du moment, dans les luttes comme dans les échéances électorales est que s’affirment une politique et une force alternatives.

Nous mènerons le débat pour construire des campagnes communes pour des objectifs ressentis comme légitimes. Ce sont des leviers pour la suite des mobilisations quand la bataille d’idées fait apparaître la nécessité d’un objectif crucial Quelques exemples pour être concrets : « On ne peut plus laisser les banquiers spéculer » ; « Il faut protéger les épargnants en développant les institutions publiques comme la Caisse des dépôts et fermer la Bourse » ; « Pas de salaire au-dessous de 1700 euros et pas de minimas sociaux détachés du SMIC » ; « Les salariés doivent avoir les moyens de maintenir des entreprises utiles » ; « Il faut un nouveau Code de la nationalité pour fermer la porte aux xénophobes ». « N’attendons pas pour changer les politiques énergétiques et des activités qui préservent l’environnement : la catastrophe écologique n’attend pas les prises de conscience retardées et les refus de changement des dirigeants de la planète ! » Ces exigences supposent que les citoyens prennent le pouvoir sur l’économie et l’appareil d’État.

Des collectifs unitaires, des structures militantes, syndicales et associatives, des regroupements plus ou moins structurés ont mené de multiples actions nationales et locales. Passer maintenant au « global » ne se fera qu’avec ces forces. Les objectifs politiques s’affirmeront avec celles et ceux qui les ont développés : Contre toutes les discriminations à l’encontre des quartiers populaires ; pour des droits égaux entre hommes et femmes .. ; pour la protection sociale ; pour le service public (santé, éducation nationale, recherche, etc.) ; les conditions et les moyens; pour la création culturelle ; pour un changement de propriété et de pouvoir dans les médias.

Il est possible et souhaitable que de tels mouvements envahissent le débat politique et l’espace institutionnel pour rendre leurs exigences incontournables.

Avant, pendant et après les élections du printemps prochain, c’est la lutte politique de classe qu'il faut mener, pour remplacer par d’autres institutions le pouvoir des 1 % qui gouvernent, d'où l'urgence de débattre de nos propositions de Constituante.

Changer la gauche c'est construire une alternative indépendante porteuse de ruptures profondes avec les conceptions économiques et politiques actuelles et avec la domination des capitalistes sur notre vie et le monde.

Pour nous, le Front de Gauche est un moyen pour tenter de constituer un front populaire de combat, un bloc social et politique large et rassembleur. C'est un outil pour résister aux politiques au service du capitalisme, dans les urnes comme dans les luttes. Avant, pendant et après l’élection présidentielle et les législatives, l'existence de ce front peut devenir une opportunité pour que nos intentions ne demeurent pas un discours mais commencent à entrer dans la vie. Choisir l'isolement donnerait le sentiment que rien ne changera jamais et servirait seulement la droite et le patronat.

Nous rassemblons pour que le rapport de forces change, pour que les luttes soient encouragées, pour changer la situation et toute la société et pour une sixième république.

 

Une opinion publique internationale et militante est en train de se créer. Elle va dans notre sens et nous avons une responsabilité : toutes les avancées en France et en Europe peuvent stimuler, dans le monde, des mouvements qui veulent que la roue de l’histoire tourne autrement.

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frontdegauchenouveau



[1] NDLR : on pourrait ajouter la période 1981-1983 …

Tag(s) : #Débats

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