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La conférence de Copenhague aura lieu du 7 au 18 décembre 2009
 

Voir un dossier complet d’Attac et des Amis de la Terre sur http://www.france.attac.org/spip.php?article10164

 

Dans ce dossier :

Extraits de l’appel du FSM de Belém
Climate Justice Now !

« Une fois encore, ceux qui sont à l’origine des problèmes nous expliquent qu’ils ont des solutions : le marché d’émission de gaz carbonique, le prétendu “charbon propre”, l’énergie nucléaire, les agrocarburants, et même un “new deal” vert. Mais ce sont des fausses solutions, des illusions néolibérales. Il nous faut aller au-delà de ces illusions.

Les solutions réelles au changement climatique sont en train de se construire avec ceux qui ont toujours protégé la terre et ceux qui se battent tous les jours pour défendre l’environnement et leurs conditions de vie. Nous devons aujourd’hui globaliser ces solutions. Pour nous, les luttes pour la justice climatique et la justice sociale sont une même chose. C’est la lutte pour l’accès à la terre, la défense des forêts, l’accès à l’eau, la réforme agraire et urbaine, la souveraineté alimentaire et énergétique, la lutte pour le droit des femmes et le droit des travailleurs. C’est le combat pour l’égalité et la justice pour les populations indigènes, pour les peuples du “Sud global”, pour la répartition des richesses et la reconnaissance de la dette écologique historique des pays du Nord.

(...) Le mouvement pour la justice climatique revendique la défense des “biens communs” et met les questions sociales et économiques au cœur de notre combat contre le changement de climat. Nous appelons les salariés, les paysans, les pêcheurs, les jeunes et les étudiants, les peuples indigènes et tous les êtres humains concernés, du Nord comme du Sud, à rejoindre cette bataille commune pour construire les solutions réelles à la crise climatique pour le futur de la planète, celui de nos sociétés et de nos cultures ».

(texte complet : http://www.france.attac.org/spip.ph...)


Autre extrait :

« 2- Le climat prisonnier de la finance carbone

Les mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto


Le protocole de Kyoto a autorisé la construction d’un marché des permis et crédits d’émission, comptabilisés en tonnes équivalent carbone, à partir de « mécanismes de flexibilité ». Ce marché du carbone comprend deux parties essentielles, liées entre elles.

Il existe un marché des droits d’émission (ou « droits à polluer »), émis par les États, sur lequel les compagnies électriques et industrielles soumises à des plafonds d’émission échangent des droits d’émission qui leur sont alloués : à l’échelon européen, ce sont les crédits-carbone, appelés EUA (European Union Allowances). Sur ce marché, s’échangent les crédits qui n’ont pas été utilisés par les entreprises ou qu’elles ont récupérés, ou bien dont elles ont besoin. Le marché européen ou ETS (Emissions Trading System) est le premier marché des droits d’émission à fonctionner depuis 2005. Les gagnants ont été les entreprises qui ont une production intensive en énergie et qui ont bénéficié du marché des crédits. L’effondrement du prix de la tonne carbone en 2007 et sa volatilité illustrent l’échec de ce marché à permettre la réduction des émissions. D’autres marchés de ce type vont être mis en place en Australie et aux États-Unis.

Le marché du carbone comprend un autre compartiment, avec l’échange des crédits d’émission. Sur ce marché, circulent les certificats de réduction d’émissions, des crédits, non émis par les États, mais obtenus à l’extérieur dans le cadre des mécanismes de flexibilité du protocole de Kyoto. Ces crédits rémunèrent des émissions « évitées » grâce à des investissements « propres ». Le premier mécanisme, dit de mise en œuvre conjointe (MOC), concerne essentiellement des investissements en Europe de l’Est, qui ont offert des possibilités d’obtention des droits à bas coûts pour le remplacement d’industries vétustes.

Mais le mécanisme le plus important est le mécanisme de développement propre (MDP) qui s’applique aux investissements dans les pays en développement. Des entreprises des pays riches peuvent financer des projets « additionnels ». La règle d’additionnalité veut que les porteurs de projets, reconnus au titre du MDP par l’ONU, montrent que ces projets n’auraient pas eu lieu en l’absence de ce mécanisme (par exemple projet de remplacement du charbon par des énergies renouvelables) et qu’ils permettent réellement d’éviter des émissions par rapport à la poursuite de la situation antérieure. La réalisation des projets reconnus en tant que MDP donne lieu à l’attribution de crédits appelés Unités de réduction certifiée des émissions (URCE), qui peuvent être négociés aussi bien sur le marché européen que sur le marché international. Les entreprises des pays riches ont pu ainsi acheter des droits à bon marché et éviter les coûts de passage à une production sobre en carbone.


Vers des « subprimes carbon » ?


Les opérations d’achat et de vente sur ces marchés des droits d’émission et des crédits passent par des marchés dérivés et des contrats à terme, qui contiennent des promesses de vente de quotas d’émission ou de crédits, dans une certaine quantité, à un certain prix, à une date donnée. Pour l’instant, les marchés du carbone, bien qu’en augmentation, sont encore restreints, mais la priorité donnée à la finance carbone pour réguler le changement climatique les appelle à grandir très rapidement. Un rapport récent des Amis de la Terre International souligne la profusion de contrats « bad carbon » ou encore « junk carbon » (carbone pourri), pour lesquels les risques de non-exécution sont importants et dont le prix peut s’effondrer (
http://www.foe.org/subprimecarbon). Les risques sont en effet de plusieurs ordres : difficultés à évaluer les effets réels d’un projet sur les émissions futures, indépendance contestable des organismes d’évaluation, difficultés pour vérifier l’additionnalité des projets, vente des crédits à terme avant même qu’ils soient délivrés, etc.

Les risques désormais flagrants des marchés financiers se combinent donc avec la logique industrielle à grande échelle. Les projets pouvant être enregistrés sur ces marchés sont exclusivement ceux de l’industrie et de l’agro-industrie, qui, contrairement aux activités traditionnelles et locales, ont accès au marché du carbone après validation comme projets MDP.

3- Pour un financement public de la lutte contre le changement climatique

Attac et les Amis de la Terre donnent la priorité à la réduction des émissions à la source. Cela suppose des réglementations et des normes contraignantes, choisies et décidées démocratiquement et sur la base d’une coopération internationale renouvelée.
Pour cela, et dans le souci d’une véritable justice climatique à l’échelle de la planète, un financement public de la lutte contre le changement climatique s’impose.

À Poznan, en décembre 2008, plus de 160 ONG, organisations des peuples indigènes et associations pour une justice climatique ont lancé, en reprenant une proposition élaborée par le groupe des pays en développement appelé « G77 plus la Chine », un appel pour un financement de la réponse au changement climatique, qui serait placé sous l’autorité de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), et donc indépendant de la Banque mondiale qui tend à se poser comme l’outil de financement. C’est nécessaire pour permettre un transfert sur une grande échelle de ressources financières des pays riches vers les pays pauvres.

Le financement doit être obligatoire et automatique, selon le principe des Nations unies affirmant « des responsabilités communes mais différenciées sur la base des contributions historiques et actuelles au réchauffement climatique et de leur capacité à payer ». L’administration des fonds doit être transparente et démocratique, avec une représentation forte des pays en développement, des peuples indigènes, des mouvements sociaux et environnementaux, des mouvements de femmes.

Le Fonds mondial pour le climat doit apporter les outils nécessaires pour l’élaboration de plans nationaux de lutte contre le changement climatique, qui garantissent la participation des peuples, des communautés, des individus. L’accès direct à ce fonds doit être garanti pour les plus vulnérables, par le biais des associations populaires, des mouvements sociaux, des ONG et des mouvements de base – notamment des associations de femmes. Les activités du fonds doivent mettre l’accent sur des accords-clés de l’ONU, définissant les Droits de l’homme élargis, et le fonds doit renforcer le droit des peuples à la souveraineté alimentaire et énergétique. Plus généralement, les pays du Sud s’accordent sur quelques principes fondamentaux : le financement de l’adaptation et de la lutte contre le changement climatique doit être séparé de l’aide publique au développement et prendre la forme de subventions et non de prêts. Les contributions devraient être différenciées en fonction du PIB, des émissions, de la population. De manière générale, ces pays proposent des sources de financement indépendantes du marché, et la levée de nombre de brevets sur les technologies appropriées.

Le financement suppose la mise en place de taxes globales qui doivent compter parmi les instruments de régulation publique. Dans cette optique, les taxes en effet ne sont pas seulement des régulateurs du marché, elles doivent permettre les transferts de richesse nécessaires au financement de la lutte contre le changement climatique et à la transition vers des économies écologiquement viables. Selon de nombreux experts, l’instauration d’une taxe internationale sur les émissions est la seule option réaliste, qui procède à une sorte de revue de détail sur la question. Cependant, il faut inscrire la fiscalité écologique dans la démarche plus large de la gestion des biens publics mondiaux. (www.france.attac.org/spip.php?artic...). »


Ce Mercredi 18 novembre, le collectif
Urgence Climatique Justice Sociale (UCJS) avait invité les 8 partis partis ou mouvements de gauche – PS, Verts, PCF, PG,NPA, Alternatifs, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique et Objecteurs de Croissance – à répondre à 6 questions* et confronter leurs analyses et propositions…

 

 

Tag(s) : #Débats

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