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Amiable

Lu sur http://mhamiable.fr

Le ministre de l'Education nationale a présenté le 23 janvier son projet de loi pour refonder l'école.

Notre système éducatif, on le sait, est gangrené par les inégalités sociales et territoriales. Depuis 2006 par exemple, la part des étudiants issus des milieux populaires dans l'enseignement supérieur recule...Il y a donc urgence à ce que la réforme mette au centre de ses objectifs l'enfant qui n'a que l'école pour apprendre.

Or si les propositions rompent avec la logique destructrice des suppressions de poste en en créant 60 000 en 5 ans et en favorisant le retour à la formation des enseignants... la territorialisation de l'éducation proposée risque de renforcer les inégalités. Selon qu'on sera une région riche ou pauvre, volontaire ou pas, les moyens alloués ne seraient pas les mêmes. Ce n'est déjà que trop le cas. Je ne suis pas opposée à la décentralisation et à l'action au plus près des territoires, c'est souvent un gage d'efficacité. Mais, si on ne s'attaque pas aux profondes inégalités particulièrement à l'œuvre en Île-de-France l'école n'aura pas les moyens, seule de répondre aux défis qu'elle doit relever.

Il faut donc, ensemble, prendre le temps du débat. Comme il faut prendre sur les rythmes scolaires et au-delà, le rythme de l'enfant. Annoncée dés les premiers jours du gouvernement de François Hollande, cette réforme nécessaire du temps scolaire ne peut se voir imposée à tous - enfants, parents, enseignants, agents communaux, municipalités - sans prendre le temps de la concertation et de la réflexion sur les moyens de sa mise en œuvre.

J'entends ou je lis les attaques - que je juge inadmissibles - contre les enseignants, accusés de corporatisme et d'immobilisme. C'est méconnaître leur travail et leur engagement, c'est aussi oublier que, depuis 10 ans, ils ont été maltraités et qu'aujourd'hui, il faut redonner de la confiance, de l'espoir et aussi, disons-le, de la reconnaissance (ce qui passe aussi par une rémunération à la hauteur du rôle que la Nation entend leur donner).

En ce qui concerne les villes comme la nôtre, elles consacrent déjà beaucoup à l'éducation. Elles souhaitent continuer à le faire, voire l'amplifier, autour d'un projet partagé qui s'inscrira dans le projet éducatif local. Mais là encore, les élus demandent le dialogue et les moyens d'assumer leurs responsabilités.

Prendre le temps de l'écoute et de la concertation, définir ensemble les priorités et nos ambitions est indispensable pour conduire le projet de l'école de demain.

Marie-Hélène Amiable

Maire de Bagneux

Tag(s) : #Débats

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