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Michel Andrieu nous a envoyé une citation de Cicéron qui donne à penser. Elle date de 2063 ans et voici ce qu’elle dit :

 

Les finances publiques doivent être saines,

Le budget doit être équilibré,

La dette publique doit être réduite,

L’arrogance de l’administration doit être combatte et contrôlée,

Et l’aide aux pays étrangers doit être diminuée de peur que Rome ne tombe en faillite.

La population doit encore apprendre à travailler au lieu de vivre de l’aide publique.

 

On retrouve presque la problématique actuelle en matière économique et sociale !

Oui, mais aujourd’hui on a des éléments d’analyse dont on ne disposait pas du temps de Cicéron. Que les finances publiques soient saines, le budget équilibré et la dette réduite, qui pourrait être contre ? Sauf qu’on évacue présentement ce qui provoque tous les désordres que l’on connaît dans ces domaines.

Le mécanisme même de notre société, la recherche du profit, s’est emballé et l’accumulation des capitaux exigeant une rémunération colossale, il n’y a pas de morale et plus de limite.

Les spéculations financières qui provoquent la grave crise monétaire que nous vivons s’inscrivent dans cette logique. Les opérations boursières sont de plus en plus déconnectées de toute production. On fait de l’argent avec de l’argent et si besoin est on détruit le potentiel industriel et économique pour réaliser un tel objectif.

La dette publique ? Eh bien mais quoi de plus intéressant que de faire profiter les banques et leurs actionnaires, via le paiement des intérêts des emprunts souscrits par les Etats ! D’autant que ces mêmes banques savent où trouver les capitaux qu’elles prêtent à taux élevé après les avoir obtenus à taux intéressant. L’économie capitaliste est super bien organisée au plan international et européen en particulier !

Si on prend l’exemple de la Grèce on constate qu’elle est tout simplement étranglée par ce type de dispositif.

Un  dispositif qui s’accompagne d’ailleurs d’une mise en condition des esprits. Au nom de la réduction de la dette on appelle les peuples à des sacrifices dans le domaine social : diminution des services publics, du pouvoir d’achat des salaires et des pensions de retraite, allongement de la durée du temps de travail, régression des conditions de la protection sociale…

L’ensemble n’est pas de nature à faire repartir la croissance à la hausse, on peut le vérifier avec ce qui se produit dans les pays du sud de l’Europe !

Et il se trouve des « bobos », qui au demeurant ne doivent manquer de rien, en tout cas pas du nécessaire, pour nous vanter les mérites de la décroissance ! On n’a d’ailleurs pas besoin de prêcher celle-ci, c’est déjà une réalité au plan industriel, agricole, technologique… !

On pourrait ajouter qu’apprendre à travailler n’est pas spécialement aisé quand précisément, sur fond de dépression économique, il y a de moins en moins d’emplois !

Cicéron ne dit rien du recours à la force armée qui faisait partie du paysage traditionnel dans le Rome antique. Aujourd’hui on est confronté à la même conception des rapports entre les peuples et les Etats : « la raison du plus fort est toujours la meilleure ».

S’y ajoute bien sûr le poids des complexes militaro-industriels dans les Etats les plus puissants dont on connait les dégâts actuels et les risques pour demain.

N’y a-t-il pas une autre alternative que le maintien d’un système condamné par l’Histoire ?

 

Jacques Cros

Tag(s) : #Débats

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