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A l’heure où les services publics, la Fonction publique en particulier, font, sous divers subterfuges, l’objet d’une tentative de démantèlement systématique, il paraît utile, voire indispensable pour ceux qui veulent lutter sur des bases solides, de fréquenter le blog de René Bidouze, un des meilleurs spécialiste de la question. Blog ouvert début mai.

 

Voir http://renebidouze.over-blog.fr

 

Eléments biographique sur René Bidouze  http://renebidouze.over-blog.fr/pages/elements-biographiques-3030519.html

 

Deux notes récentes :

 

Une   citation que j’aime bien de mon compatriote béarnais Pierre Bourdieu, sociologue de renommée mondiale, décédé il y a quelques années

                                  (La noblesse d’Etat, Les Editions de minuit, 1989)   

 

« Ce sont ces nouveaux mandarins, friands de primes et toujours prêts au pantouflage, qui, las de prêcher l’esprit de « service public » (pour les autres), comme dans les années 1960, ou de célébrer le culte de l’entreprise privée, surtout après 1980, prétendent gérer les services publics comme des entreprises privées, tout en se tenant à l’abri des contraintes et des risques, financiers ou personnels qui sont associés  aux institutions dont ils singent les (mauvaises) mœurs, en matière de gestion du personnel notamment ; ce sont eux qui s’en prennent, au nom des impératifs de la modernisation, aux personnels d’exécution, ces « nantis » de la fonction publique, protégés contre les risques de la libre entreprise par des statuts rigides et crispés dans la défense corporatiste des acquis sociaux ; ce sont eux qui vantent les mérites de la flexibilité du travail, lorsqu’ils ne prônent pas, au nom de la productivité, la réduction progressive des effectifs ».

 

Voici les « perles » annoncées  dans le précédent article :

 

Thierry de Montbrial dans une introduction à un ouvrage publié en 2002 par l’Académie des sciences morales et politiques dont il est le président sous le titre La France du nouveau siècle, déclarait qu’il convenait  de « substituer un système différencié de régulation par objectif et par contrat »  au statut « monolithique d’inspiration soviétique » publié en 1946,  émettant ainsi une appréciation  démentie par le contenu,  les sources  et  les modalités de l’élaboration de ce statut, la situation politique et juridique des fonctionnaires soviétiques  au service du Parti - Etat  n’ayant  rien de commun avec celle des fonctionnaires français.

 

Maurice Druon, de l’Académie française, publiait dans Le Figaro du 22 septembre 2003, un article intitulé La CGT contre la France où il concluait ainsi ses charges contre les fonctionnaires : « Il faudrait en tout premier, et par ordonnance, changer le statut de la fonction publique que les communistes fabriquèrent en 1946, faire voter cette loi contre le droit de grève qui était promise et qui ne fut jamais mise en chantier, et rogner le pouvoir des commissions paritaires qui sont des soviets installés dans chaque ministère... » Chacune de ces appréciations recélait une inexactitude et une outrance révélant une ignorance des données historiques et juridiques de la fonction publique alliée à la prétention et à la mauvaise foi.

 

Jacques Marseille, professeur à la Sorbonne, directeur de l’Institut d’histoire économique et sociale, affirmait que la caractéristique  du statut  des fonctionnaires, dont il estimait qu’il est « fossilisé » est d’être « conforme aux principes alors défendus par la CGT ». Entre autres affirmations tendancieuses et juridiquement  inexactes il fustigeait « ce fameux statut général élaboré par Maurice Thorez et sanctionné par la loi du 19 octobre 1946. » pour affirmer que  « cinquante années ont passé et ce statut, toujours en vigueur, continue de régir le fonctionnement de notre administration »

 

Philippe Caïla, directeur du cabinet d’André Santini, éphémère secrétaire d’Etat à la fonction publique dans le gouvernement de François Fillon,  participant à une Rencontre-débats en janvier 2009, a peut-être emporté la palme en affirmant que « le statut de 1946 sentait un peu le pétainisme ».

 

Diverses  personnalités, parmi lesquelles Alain Minc et quelques autres se sont illustrées dans la dénonciation   des « protégés » et des « nantis ».

 

Ainsi  ceux qui aujourd’hui  reprennent sous d’autres formes une offensive qui s’est manifestée avec plus ou moins d’acuité au long de ces soixante années ne manquent pas de devanciers.

Voir aussi La "révolution" de la fonction publique est une forfaiture, par Anicet Le Pors

Tag(s) : #Débats

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