Lundi 23 janvier 2012
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Communiqué de presse de Marie-Christine Vergiat - Députée
européenne Front de gauche - membre de la commission libertés civiles, justice et affaires intérieures
18 janvier 2012
Hongrie : séance un peu surréaliste au Parlement
européen
A-t-il vraiment été question de démocratie, d'Etat de droit et de
droits de l'Homme ?
Un Premier ministre d'un Etat membre a fait le déplacement pour
venir s'expliquer dans l'enceinte démocratique de l'Union européenne. C'est une chose assez inhabituelle pour qu'elle soit notée. Nous aurions pu nous en réjouir. Si nous ne savions pas que cela
sera exploité à des fins de politiques purement intérieures.
De quoi a-t-il été question ? D'une Constitution votée, à la
va-vite, en quelques semaines, par un gouvernement profitant d'une écrasante majorité qui est une majorité de circonstances.
De quoi a-t-il été question ? D'une Constitution votée, à la
va-vite, en quelques semaines, par un gouvernement profitant d'une écrasante majorité qui est une majorité de circonstances.
Une Constitution, adoptée en avril dernier, entrée en vigueur depuis le 1er janvier. Mais entre temps plus de 300 lois ont été votées dont
30 lois dites cardinales qui ne peuvent quasiment plus être modifiées et qui portent sur des sujets pour le moins importants au regard des valeurs soi disant européennes : atteintes à
l'indépendance des magistrats certes, mais aussi mise en cause de la liberté d'expression et du pluralisme des médias, conception de la nationalité, renoncement à la forme républicaine de l'Etat,
mise en cause de la séparation de l'Eglise et de l'Etat à travers la survalorisation des valeurs chrétiennes, conception "étriquée" de la famille, mise en cause des minorités et tout
particulièrement des homosexuels et des Roms, libertés syndicales... La liste est longue et comporte des oublis.
Le Parlement européen a alerté la Commission dès juillet mais il a
fallu attendre décembre pour que M. Barroso s'inquiète de l'indépendance de la Banque centrale hongroise.
Belle démonstration de la réalité des valeurs européennes.
Les procédures lancées hier ne sont donc pas à la hauteur des
problèmes pas plus que les réponses hongroises. Surfant sur les conséquences sociales de la crise économique et financière, que les institutions européennes démontrent chaque jour leur incapacité
à gérer, la peste brune frappe à nouveau aux portes de l'Europe, à coup d'exploitation des nationalismes et des peurs.
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