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Un nouveau parti en Italie : La Sinistra Democratica

Imaginez Laurent Fabius et Henri Emmanuelli annoncant la création d'un parti formé à partir d'une scission de l'aile gauche du Parti Socialiste et souhaitant l'union avec la gauche des centristes . C'est ce qui ce passe en Italie avec la création de la Sinistra Democratica (Gauche Démocratique).

Le 5 mai 2007 à Rome est né la Sinistra Democratica* (SD) fondé par Fabio Mussi, ministre de l'Université et de la Recherche, et Gavino Angius, vice-président du Sénat, leaders de deux motions minoritaires (25% des voix à elles deux) au IVe congrès de la Democratici di Sinistra** (DS). Ce nouveau mouvement socialiste à pour but l’unification et le renouvellement de la gauche italienne. Le mouvement, composé en majorité d'ex-adhérents de la Democratici di Sinistra, est né en réaction à la décision du IVe congrès de la Democratici di Sinistra de fusioner avec la Marguerita*** de Francesco Rutelli et Romano Prodi pour construire le Parti Démocratique (PD).

A l’assemblée de Rome, Fabio Mussi, devant 5.000 personnes enthousiastes a exposé le but et l’identité au fondement de cette nouvelle organisation. La SD travaillera au grand projet d’unir la gauche (elle est actuellement divisée dans une dizaine de partis ne pesant chacun pas plus de 2% a l’exception de Rifondazione Comunista, 5-6%) dans un nouveau parti politique pour créer en Italie une nouvelle force de gauche de gouvernement. Un parti qui ne sera pas necessairement l’ennemi du Parti Démocratique. Mussi a adressé un appel à se mettre en route vers l’unité aux leaders des partis situés à la gauche du PD.

Une longue route

Pendant qu’au niveau national le groupe parlementaire de la SD se constitue et que l’on organise la confrontation avec les autres formations politiques, dans les territoires se produit un bouillonement des initiatives comme la constitution de comités unitaire qui ont vite commencé à recueillir les adhésions au mouvement en formation et à travailler pour le parti unitaire de la gauche. D’ailleurs, les problèmes ne manquent pas tant au niveau structurel, qu’au niveau politique. La « Sinistra Democratica » n’a pas de sièges où réunir ses militants et cherche à maintenir les sections où elle a été majoritaire lors du congrès des DS, mais le résultat est incertain.

Les problèmes politiques sont plus difficiles à surmonter et ils sont pour la plupart extérieurs au mouvement, par exemple le SDI (Socialisti Democratici Italiani)**** d'Enrico Boselli, heritier du Parti Socialiste de Benito Craxi, ne veut pas des communistes dans un éventuel parti unitaire, les communistes quant à eux ne veullent pas quitter l'International Communiste pour entrer dans l’International Socialiste. Cependant la Sinistra Democratica est semble consciente que pour surmonter ces difficultés, apparemment insurmontables, beaucoup de patience ainsi qu'un travail préalable sur les lignes idéologiques seront necessaires.

*Sinistra democratica : Gauche démocrate, Parti en formation à la suite de la décision de la Democratici di Sinistra de fusioner avec la Marguerita (Democrate-chrétien) pour former le Parti Démocrate.

**Democratici di Sinistra : Démocrate de Gauche, principal parti de la coalition de centre gauche, l'Unione (l'Union) qui à conduit Romano Prodi à la présidence du Conseil Italien. C'est l'heritier du PCI (Parti Communiste Italien). Le leader de ce parti est Piero Fassino.

***La Marguerita : Parti du centre, membre de la coalition de l'Ulivo (l'Olivier) avec la Démocratici di Sinistra. C'est un parti d'inspiration démocrate-chrétien. Ses dirigeants sont Romano Prodi et Francesco Rutelli

***Socialisti Democratici Italiani : Sociaux-Démocrate Italien, parti de centre gauche italien, membre de la coalition de l'Unione. Son leader est Enrico Boselli.

(le site d'information leCourant.net- mai 2007)

Gestation difficile à gauche

Par Allessandro Mantovani, journaliste.

Alors que le maire de Rome, Walter Veltroni, lance sa candidature pour le leadership du nouveau Parti démocrate (PD) rassemblant la plupart des Démocrates de gauche (DS) et des centristes proches de Romano Prodi, la discussion paraît beaucoup moins avancé sur le projet d’unifier les forces de la gauche de la gauche sous forme de confédération « arc-en-ciel », de « cartel électoral » ou de parti unifié. On parle plutôt d’un « chantier » ouvert entre Refondation communiste, le Parti des communistes italiens, les Verts et les anciens DS aujourd’hui SD (Gauche démocrate) n’ayant pas suivi la démarche du PD, emmenés par l’actuel ministre de l’Université, Fabio Mussi.

Pour l’instant, le seul acquis est l’unité d’action des quatre ministres représentant les différents courants à l’intérieur du cabinet. Paolo Ferrero (PRC, Solidarité sociale), Alessandro Bianchi (PDCI, Transports), Alfonso Pecoraro Scanio (Verts, Environnement) et Mussi (SD) ont inauguré leur initiative commune sur les thèmes de la politique sociale et de l’écologie.

Franco Giordano, secrétaire du PRC qui vient de créer autour de lui-même la Sinistra europea (Gauche européenne), propose de mettre en place dès juillet une coordination permanente des bureaux politiques des quatre forces, mais, pour l’heure, il n’a pas eu de réponse. Oliviero Diliberto, leader du PDCI, insiste sur son idée de la « confédération » (candidatures sous un seul symbole, mais les partis survivraient). Mais il n’a pas eu, lui non plus, de réponse. Le débat est toujours ouvert chez les Verts, le seul parti qui ne partage pas l’héritage du Parti communiste italien. Mais c’est surtout le SD qui freine.

Car Mussi n’est pas seul.

Le courant de Gavino Angius, ancien président des sénateurs DS ayant quitté le PD, propose de regarder davantage du côté du petit Parti socialiste (SDI) plutôt que de celui des communistes. Il semble par ailleurs que le SD, dont nul ne connaît la force réelle, cherche à renforcer celle-ci par le biais d’une campagne d’adhésions et de fêtes populaires afin de peser davantage face à Refondation. La recomposition d’une nouvelle entité n’est donc pas pour demain.

(L'Humanité du 29 juin 2007)

Tag(s) : #Débats

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