Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Réunir une douzaine de participants pour discuter politique pendant cette semaine très chargée en manifestations et réunions de toutes sortes n’était pas chose évidente.  

Un retour rapide sur la longue séquence électorale que nous venons de vivre était indispensable.  

 

La droite a gagné parce qu’elle avait un vrai projet, libéral et autoritaire, construit patiemment pendant les dernières années.  

 

Elle avait aussi une stratégie de communication prenant bien en compte une attente centrale de l’électorat : que le politique parle à chaque individu et soit capable de lui donner envie d’y croire. [1]  

 

Face à cela, la faible attractivité du PS a confirmé l’essoufflement du modèle social-démocrate, phénomène patent dans toute l’Europe. Une stratégie de communication brouillonne et brouillée par les rivalités  de personnes a fait le reste.  

Du côté de la gauche antilibérale, la désertion précoce de la LCR et l’éclatement de la candidature unique du mois de décembre 2006 lié à l’aveuglement de la direction du PCF ont conduit à rendre inaudible, voire invisible le projet politique qui aurait pu se dégager sur la base des 125 propositions … Le jeu un peu « perso » de José n’a rien arrangé : l’insurrection électorale n’a pas eu lieu !  

 

Pourtant, c’était sa candidature qui s’éloignait probablement le moins de ce que nous aurions voulu.  

Le seul à s’en sortir, c’est le candidat de la LCR, parce que c’est un meilleur casting qu’Arlette, au moins auprés des jeunes, et parce qu’il n’a pas été mouillé dans l’expérience ministérielle de la gauche plurielle (contrairement à Marie-Georges et à Dominique…).  

 

Tout cela reflète, plus profondément, l’essoufflement complet et définitif, pourtant déjà largement acté, du modèle apparu avec la révolution d’octobre. Cela reflète aussi le manque de maturité de la recomposition politique inévitable sur le champ politique de la transformation sociale progressiste.   

Le(s) modèle(s) nouveau(x)[2] est (sont) à reconstruire à partir des idées progressistes portées par les luttes quelquefois anciennes (libertés, social, féminisme) et aussi plus récentes (alter mondialisme, écologie). Mais tout cela ne débouche, l’histoire le montre, sur un nouveau « logiciel politique » qu’à l’occasion d’un événement structurant.   

Typiquement, et pour rester dans l’actualité récente, la création récente de Die Linke (La Gauche) en Allemagne est ainsi un des effets de la réunification allemande. Elle résulte de l’impossibilité pour le PDS  venu de l’Est de passer à l’Ouest et de la nécessité pour la vraie gauche ouest allemande de s’organiser, avec un apport nouveau, indépendamment de la social démocratie du SPD, elle-même tout aussi épuisée (en tant qu’outil de transformation sociale) que notre PS.    

Nous avons pensé que le non de gauche du 29 mai 2005 pouvait être ce type d’événement pour la France et  avoir une force propulsive suffisante. Cela n’a pas été le cas faute de volonté, de clairvoyance et d’audace créatrice de la part des directions politiques qui étaient en mesure de peser sur la situation.   

Le choc du 22 avril puis celui du 6 mai, combinés à une séquence législative qui montre que le rebond est possible, aura-t-il été salutaire ? Nous le saurons assez vite. 

Des interventions de  plusieurs participants à notre réunion, se dégage un grand scepticisme, voire une réticence dorénavant, quant à l’articulation de notre activité avec celle des partis constitués d’une part, avec celle de dirigeants plus ou moins autoproclamée constituant la coordination nationale d’autre part…D’autres intervenants sont nettement plus optimistes et pensent que cette-fois-ci, ça bouge vraiment dans les appareils politiques concernés.

Il est un peu tôt pour trancher cette différence d’appréciation.  

Autant l’envie de poursuivre en local est partagée, autant le sentiment de « s’être fait avoir » au cours de la dernière année conduit à ne pas souhaiter s’inscrire dans une organisation structurée plus largement, départementale ou nationale. La tentation de se réfugier dans les luttes sectorielles mais concrètes existe évidemment. Pourtant, l’acquis d’un lieu de discussion et d’action politique tel que ce collectif réunissant des citoyens de sensibilités diverses est indéniable.  

 

Donc, nous continuons...                              

 

Notes subjectives de Joël ALLAIN à partir de  cette réunion utile et sympa.



 

 

 

 

 

 

[1] De ce point de vue, le slogan pourtant trompeur « travailler plus pour gagner plus » est un bijou de la communication politique: la plupart des gens demandent que l’on reconnaisse leurs efforts et qu’ils soient récompensés…en même temps il oppose les gens entre eux, puisque l’on a assez spontanément tendance à penser que les autres en font moins que soi-même;  

 

La culture du ressentiment de proximité, c’est à dire le fait de penser que le responsable de ses problèmes, c’est le voisin d’à côté plutôt que le décideur capitaliste ou le gouvernant, combinée au fait que l’identification à un groupe, à une classe est aujourd’hui très rare, c’est la base de la campagne sarkozienne.

[2] Ici , modèle ne signifie pas « schéma ou dispositif à recopier » mais plutôt « référence logique pour aider à réfléchir et à se situer » .

Tag(s) : #Annonces et compte-rendus de réunions

Partager cet article

Repost 0