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Depuis plusieurs années et de façon accentuée durant la campagne électorale présidentielle, Nicolas Sarkozy a abondamment manipulé l’histoire pour chercher à séduire tous les électorats et disqualifier ses adversaires au nom de l’identité nationale. On l’a ainsi vu se revendiquer sans vergogne de grands hommes de gauche comme  Jean Jaurès et Léon Blum. 

 

Il a aussi osé se référer à Guy Môquet, jeune lycéen communiste arrêté par la police française bien avant l’invasion de l’URSS, fils d’un député communiste alors emprisonné par le gouvernement français. Guy Môquet a été fusillé par l’occupant allemand le 22 octobre 1941 à Chateaubriand. Certes, la mémoire de ce jeune communiste de dix-sept ans assassiné par les nazis n'est la propriété exclusive de personne, mais l’utilisation du combat des communistes à des fins électoralistes par un candidat dont le principal objectif était par ailleurs de récupérer les voix de l’extrême-droite représente non seulement une usurpation indécente mais dénote aussi une tendance au salmigondis idéologique caractéristique d’une démarche populiste.

 

Dans cette manipulation de l’histoire, le thème sans cesse repris par Nicolas Sarkozy a été celui du refus de la repentance concernant l’histoire de France. Cette question de la repentance a été inventée de toutes pièces par Sarkozy pour mieux discréditer ses adversaires accusés de ternir à dessein l’histoire de France parce qu’ils n’aimeraient pas leur pays. Plus prosaïquement, il a été inventé pour rassembler sur son nom les voix des nostalgiques de diverses périodes sombres : colonisation, esclavage, déportation avec Vichy, répression des « indigènes », guerres coloniales, soutien aux potentats d’Afrique après l’ « indépendance »…

 

En réalité personne ne songe à une quelconque repentance au sujet du passé. Il s’agit  simplement de savoir d’où nous venons, c’est la meilleure manière de déterminer où nous allons…assumer l’histoire de France pour ce qu’elle est avec ses lumières et ses ombres.

 

 Nicolas Sarkozy a-t-il fait un acte de repentance en assistant pour sa première cérémonie officielle à la journée consacrée à la mémoire de l’esclavage reconnu comme crime contre l’humanité et auquel la France a participé des siècles durant ? Se veut-il le président de la rupture sur ce sujet du nécessaire travail permanent de mémoire ? C’est l’un des rares points positifs de son bilan, Jacques Chirac a eu le courage politique de reconnaître la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs  durant la deuxième guerre mondiale. Le nouveau président veut-il revenir là-dessus ?

 

Gardons ceci en tête : le refus de la repentance par Nicolas Sarkozy  cesse lorsqu’il s’agit de faire allégeance aux Etats-Unis de Georges Bush. Lors d’une rencontre avec celui-ci le 12 septembre 2006, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à critiquer l’ « arrogance » dont aurait fait preuve la France à l’égard des Etats-Unis lors de la guerre en Irak. C’est ainsi sur l’acte de politique étrangère le plus marquant de la présidence de Jacques Chirac qui s’était opposé au nom de la France à une guerre engagée sous des prétextes mensongers (et dont les conséquences catastrophiques pour le peuple irakien et pour le Moyen-Orient sont aujourd'hui dramatiquement évidentes) que Nicolas Sarkozy juge nécessaire de faire amende honorable !

 

Et si Nicolas Sarkozy avait été président de la république en 2003, la France aurait participé à cette guerre funeste. Et ce n’est pas le bon docteur Kouchner qui aurait essayé de le retenir puisqu’il était pour « y aller », au nom d’un droit d’ingérence qui en général est le cache -misère des opérations colonialistes et impérialistes, et ceci depuis bien longtemps…

Tag(s) : #Débats

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