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La lecture des tableaux électoraux sur les élections présidentielles rappelle que , traumatisés par la présence de Le Pen au second tour et partie prenante de la formidable levée en masse antifasciste initiée par la jeunesse, nous n’avons pas pris en compte que paradoxalement le résultat d’ensemble de la gauche était meilleur en 2002 qu’en 1995. Ceci met en lumière le caractère foncièrement pervers de l’élection présidentielle, dans son principe même mais également dans ses modalités. En effet pour que l’extrême droite soit ramenée à sa juste influence politique, il aurait suffit que la règle soit la même que pour les élections législatives, à savoir que la qualification pour le second tour ne soit pas limitée aux deux premiers mais dépende d’un seuil , par exemple d’être au-dessus de 10 % des suffrages exprimés. Il n’y a  évidemment aucune justification logique autre que l’opportunité politique au mauvais sens du terme à une telle différence de règle entre les législatives et la présidentielle et la caractéristique première dans les différents modes d’élections est l’arbitraire du moment que l’on élimine le seuil mode démocratique possible , à savoir la proportionnelle.

 

 

Il existait une élection à la proportionnelle intégrale , c’étaient les européennes. Elle a été remplacée par un système de circonscriptions à partir de l’argument grotesque du rapprochement nécessaire entre les élus et les électeurs. Qui donc connaît son député européen « grand régional »? Par contre le résultat quant à la répartition de sièges est limpide : avec le même pourcentage national les listes soutenue par le PCF passent de sept à deux élus. Cette modification d’opportunisme électoral a eu une autre conséquence beaucoup plus grave : je rappelle que sur la base du succès de la Gauche populaire et citoyenne en Ile-de-France la direction du Parti a voulu alors étendre l’expérience à l’ensemble de la France à l’occasion des élections européennes. Le conseil national a adopté cette stratégie et il avait été décidé que sur les sept circonscriptions, trois auraient une tête de liste non communiste. Yves Salesse (qui du coup aurait acquis une certaine notoriété) était sollicité (et était d’accord) pour le sud-ouest et la porte-parole de la confédération paysanne(on n’imagine même plus que cela a failli se faire !) pour l’est. En Ile-de-France où il était évident qu’il fallait faire réélire Francis Würtz qui devait donc être tête de liste on avait en deux Hamida Ben Sadia et en trois Debons : à part l’Ile-de-France ce rassemblement a échoué en raison des oppositions des fédérations locales. On voit ainsi que nous tombons dans tous les pièges institutionnels : si le mode de scrutin pour les européennes n’avait pas été modifié , on aurait constitué une liste de type Gauche populaire et citoyenne pour l’ensemble de la France avec donc une expérience de pratique de l’union renforcée et la question de la recherche d’une candidature commune aux présidentielles se serait présentée sous d’autres conditions.

 

 

 

Gérard Badeyan

 

Tag(s) : #Débats

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