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Population lybienne "secourue"

 

Lu sur http://lepetitblanquiste.hautetfort.com

Les Français approuvent les guerres... loin de chez eux

Selon un récent sondage IFOP, 58% des Français seraient favorables à une intervention militaire en Syrie sous l’égide de l’ONU.

On avouera que c'est un choix facile quand on ne connaît de la guerre que les images et les commentaires du journal télévisé de 20 heures.

Depuis un an que la France vit dans une atmosphère électorale, de nombreuses questions ont accaparé le débat public à l’exception des opérations meurtrières auxquelles se livraient durant ce temps les armées de la République aussi bien en Afghanistan qu’en Libye et en Côte d’Ivoire.

Tout se passe comme si, transcendant le clivage gauche-droite, un quasi-consensus régnait dans l’opinion pour approuver la politique belliciste du gouvernement d’hier et de celui d’aujourd’hui.

Tout se passe, aussi, comme si les Français acceptaient comme argent comptant les justifications « humanitaires » des aventures militaires de leur pays quitte, une fois les bombardements et autres atrocités accomplis, à ne plus se soucier de ce qu’il était advenu des populations « secourues ».

Qu’on se souvienne de l’intervention en Libye. Elle avait pour prétexte une répression ordonnée par Mouammar Kadhafi dont les médias répétaient qu'elle avait fait 6.000 victimes (estimation contredite par l’association Human Rights Watch pour laquelle le nombre de victimes s'élèverait en réalité à 200 ou 300 dont la plupart mortes au combat).

Or, qui s’inquiète maintenant de savoir ce qu’a coûté en vies humaines l’intervention militaire de la France et de ses alliés ?

Les nouvelles autorités libyennes parlent de 30.000 morts tandis que des villes comme Syrte ont été littéralement rasées par les bombardements de « nos » avions. Et l’hécatombe se poursuit, puisque la Libye a sombré dans un chaos où des milices surarmées font régner la terreur.

Aujourd’hui, du même pas que Sarkozy pour la Libye, Hollande est en pointe pour préconiser une action militaire contre la Syrie. Même la chancelière allemande peut se payer le luxe de se démarquer en déclarant qu'il n'y avait aucune raison de « spéculer sur des options militaires ».

Tout comme son prédécesseur, il sait exploiter l’émotion suscitée et entretenue par les médias dont on sait qu’ils ne reculent devant aucun moyen - fusse le mensonge - pour diaboliser le nouvel ennemi de l’Occident.

Cette continuité entre Sarkozy et Hollande a d’ailleurs valu à ce dernier un satisfecit du secrétaire général de l'UMP qui a déclaré : « C'est une position (…) qui me paraît conforme aux valeurs qui sont les nôtres ».

Alors que les auteurs du massacre de Houda n’ont pas été identifiés et qu’ils refusent la commission d’enquête internationale proposée par la Russie, les principaux gouvernements occidentaux ont expulsé leurs ambassadeurs syriens. Là encore, le gouvernement de Hollande s’est distingué en étant le premier à annoncer cette décision.

Il n’est pas « politiquement correct » de dire que, par son consentement, un peuple est responsable de la politique de son gouvernement.

Et, pourtant, dans une lettre de 1882 Friedrich Engels, lui-même, n’écrivait-il pas : « Vous me demandez ce que pensent les ouvriers anglais de la politique coloniale. (…) ils jouissent en toute tranquillité (…) du monopole colonial de l’Angleterre et de son monopole sur le marché mondial ».

Il n’y a donc aucune raison de disculper les Français qui acceptent aussi facilement les guerres occidentales et leurs conséquences.

Car, s’ils se laissent abuser par la propagande officielle c’est qu’ils le veulent bien, les guerres qui se sont enchaînées ces trente dernières années ayant montré à quel point la machine médiatique savait user de la manipulation et du mensonge pour légitimer les agressions les plus barbares.

Il reste que cet aveuglement peut être imputé en partie au fait que les forces politiques qui, traditionnellement, savaient s’opposer aux aventures coloniales ou néocoloniales ont, aujourd’hui, déserté ce combat.

Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr

Tag(s) : #Débats

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