pour « contribuer à un rassemblement de la gauche de transformation sur un projet solidaire »
Vrai succès de participation avec plus d’une cinquantaine de présents, la rencontre organisée le 1 er
juillet par les éluEs « Alternative Citoyenne » (1) du Conseil Régional a mêlé un retour sur expérience et une projection sur les enjeux des prochaines élections régionales de
2010.
Elle a notamment réuni des eluEs du groupe CACRPG comme Gabriel Massou et Daniel Brunel, ou des Verts
comme Francine Bavay, des responsables des Alternatifs (Roland Mérieux, Jean-Jacques Boislaroussie), des communistes unitaires (Gilles Alfonsi, Pierre Zarka) , de la Gauche unitaires (Francis
Sitel, Lars Steinau), de la Fédération (Clémentine Autain, Gilles Monsillon), du NPA (Léonce Aguirre), des militantEs de réseaux (Monique Dental pour le réseau féministes
« ruptures » ; Rosandre Valleray pour Gauche citoyenne du 94 etc…)
Par la diversité des présentEs et le contenu des échanges, elle a été une occasion très positive de dialogue dans un contexte d’un débat public croissant sur le devenir de la métropole
parisienne.
Elle a permis aux éluEs « Alternative Citoyenne » d’affirmer leur engagement pour contribuer à la construction d’une liste de rassemblement de la gauche de transformation sur un projet
solidaire.
Dans sa présentation Claire Villiers a d’emblée cherché à traiter « les enjeux
du devenir de cette région », en regardant ce qui a bougé depuis 2004 et « ce que nous disions en 2003 en termes de stratégie ». Elle a insisté sur
l’approfondissement des crises économiques, sociales, écologiques et démocratiques qui exacerbe l’affrontement sur la conception du développement de la Région. Elle a ainsi explicité les clivages
essentiels entre la vision d’une métropole mondialisée fondée sur la compétition forcenée entre les territoires et celle « d’une métropole solidaire ancrée sur des logiques de
coopération ». Elle a souligné en même temps le bien fondé des trois intuitions fondatrices de notre démarche en 2003 : « donner la priorité à la lutte contre les
inégalités, se rassembler et changer le rapport à l’institution ». Elle a dit les problèmes rencontrés et les avancées, les dégâts au plan
général de la division pour la gauche de gauche, les difficultés à articuler l’activité institutionnelle et l’implication des forces syndicales et associatives mais aussi la capacité qu’a eu le
groupe CACRPG à tenir dans cette période et à imprégner des choix importants.
Activités des éluEs et enseignements politiques
La discussion a entremêlé des interrogations sur l’activité des élus et les enseignements à en tirer mais aussi et surtout des
interventions sur le sens des affrontements en cours sur le devenir de la région, le grand Pari(s) et Paris-métropole… sur les constructions politiques à développer dans la perspective de
2010.
Parfois sceptiques sur la visibilité du travail des élus (Clément Aumenier), voir leur efficacité
(Monique Dental), les interventions ont le plus souvent mis l’accent sur l’intérêt de l’expérience, avec des interrogations sur les marges de manœuvre des éluEs (Evelyne Perrin). Ont été mis en
évidence l’importance du débat sur le « grand Paris » (Christian Berthier), sur l’intérêt du travail entrepris autour de l’élaboration du SDRIF, la prise en compte des
problématiques environnementales et de développement durable (Pierre Gineste) , la portée de résultats sur la gratuité de transports avec une mobilité facteur de liberté (Serge Becq). Les
témoignages d’EluEs ont illustré les difficultés rencontrées et des succès (Tarek Ben Hiba, Madani Ardjoune) et l’idée a été avancée par Claire Villiers d’en faire des contributions écrites
permettant de répondre aux interpellations.
Les enseignements politiques à en tirer ont été logiquement variables selon les intervennantEs dont
le propos mériterait en soi une restitution. L’échange a en effet permis d’approfondir la réflexion sur le rapport aux institutions et sur participation aux exécutifs. Pierre Zarka est revenu sur
la dissociation du social et du politique. Clémentine Autain a insisté sur la nécessité d’un projet initial clair pour ne pas se mettre en position de faiblesse. Elle en a déduit la
nécessité à la fois d’un travail sur le contenu et d’une liste de 1er tour rassemblant largement. Daniel Brunel a mis l’accent sur le besoin de rassemblement des forces de transformation, sans
laisser se développer l’idée d’une alliance avec le MODEM et sans esquiver les prises de responsabilités. Léonce Aguire a craint une « régionalisation du débat » au détriment de la
remise en cause du mode de développement et du lien avec les mobilisations sociales. Rosandre Valleray a plaidé pour ne pas dépendre des partis
politiques et annoncé les états généraux de la gauche citoyenne dans le Val de Marne pour travailler à des propositions concrètes ». Jean Brafman a insisté sur les nouveaux espaces de démocratie à conquérir et Mehdi Lalaoui sur l’objectif « région solidaire et antirelégation ». Gabriel Massou a déduit de son
expérience du groupe CACRPG depuis six ans l’idée qu’il fallait une ambition bien supérieure à celle de 2004, en ne se contentant pas être un simple aiguillon mais en portant un projet
global.
Contribuer à une liste de rassemblement sur un projet solidaire
Sur les perspectives, François Labroille a explicité les idées suggérées par les EluEs Alternative Citoyenne. Il a d’abord dit leur
conviction « qu’il est impossible de dissocier les contenus d’un projet et le rassemblement large pour le porter ». Quels que soient les mots « grand Paris,
Paris métropole », il y a une nouvelle séquence avec des accélérations et de nouveaux enjeux. Il ne suffit pas de caricaturer le projet de la droite… Il y a de vraies questions mais de vrais
clivages. Il a souligné la crédibilité du travail accompli par Patrick Braouzec dans ce contexte, comme celui de Pierre Mansat, qui sont des acteurs reconnus dans ces débats majeurs. Dans
ce contexte, la référence d’Alternative Citoyenne de 2004 reste pertinente : « une gauche de transformation renouvelée et rassemblée ». L’objectif est celui d’une vocation
majoritaire : « notre idée commune est qu’il faudrait un rassemblement large, très ouvert à toutes les sensibilités, qui ne résigne pas à l’accompagnement des dérives du PS et qui
soit pleinement inscrit dans la volonté d’une majorité de toute la gauche avec les Verts au conseil régional »…
Il a ajouté que les éluEs Alternative Citoyenne ne prétendaient évidemment pas être la matrice
d’une telle liste ; qu’ils n’étaient pas les adeptes d’une simple réplique du Front de Gauche ou les supplétifs de qui que ce soit. Ils veulent aider à construire une liste pluraliste et
« interpellant toutes les sensibilités de la gauche de transformation, structurées ou pas, qu’il s’agisse du PCF, de la fédération, du NPA, de la gauche des Verts ou du PS et des
multiples réseaux militants ou associatifs que nous pouvons connaître ».
Leur contribution est donc de faire converger les initiatives qui ont cette perspective, de
travailler à leur complémentarité et non à leur mise en concurrence. Cela peut se faire éventuellement dans le cadre d’initiatives que le groupe CACRPG peut développer en tant que tel ou de
façon plus autonome. Ils proposent de se mobiliser dès l’automne sur quelques sujets transversaux, de fonctionner en laboratoire d’idées, de prendre des initiatives pour les discuter sur des
localités et des territoires… et donc de contribuer à ce travail d’élaboration d’un véritable projet adossé à un large rassemblement.
Rendez-vous dès septembre pour continuer.
(1) Mouloud Aounit, El-Madani Ardjoune, Tarek Ben Hiba, Jean Brafman, Bénédicte Bauret, François Labroille, Mehdi
Lallaoui, Claire Villiers, Malika Zediri...
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