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Dimanche 31 mai 2009


Par Armand Creus, Denis Daumas, Michelle Ernis, Céline Malaisé, Annick Monot, Christian Picquet, membres de la Gauche unitaire, candidats sur les listes du Front de gauche.


Lu sur
http://www.gauche-unitaire.fr/2009/05/30/une-nouvelle-voie-a-gauche-enjeu-vital/


C’est désormais l’évidence, le Front de gauche s’est imposé comme l’événement de la campagne des élections européennes à gauche. En dépit du choix injustifiable de division du NPA, qui a conduit à la formation de la Gauche unitaire, notre démarche inédite de rassemblement, sur des contenus en rupture avec les politiques libérales, a commencé à répondre au besoin largement ressenti d’une alternative politique face à la droite et au libéralisme européen. Nos responsabilités sont donc immenses.

C’est la raison pour laquelle chaque heure compte pour faire reculer l’abstention populaire et convaincre que le vote Front de gauche sera, le 7 juin, le seul vote utile de ce scrutin. La crise historique du capitalisme confronte la gauche et le mouvement social à des défis colossaux. La violence de la course au profit et de la concurrence sans limites se déploie avec une brutalité sans précédent. Pour les classes dirigeantes, la « sortie de crise » passe par une dégradation massive des conditions de vie et de travail du plus grand nombre. C’est la politique que mettent en oeuvre, en France, Nicolas Sarkozy et le MEDEF. C’est celle que codifie le calamiteux traité de Lisbonne à l’échelle de toute l’Union européenne. Pourtant, jamais depuis longtemps la résistance sociale n’a revêtu une telle ampleur. Autour du front syndical uni, c’est la majorité de la population qui refuse de payer une crise dont elle n’est nullement responsable. Le bras de fer engagé entre la droite sarkozyenne et le monde du travail, à l’occasion notamment des journées de mobilisations massives du 29 janvier, du 19 mars et du 1er Mai, est donc loin d’être terminé. Il n’en demeure pas moins que cet affrontement, aux enjeux décisifs pour l’avenir, se trouve tragiquement dépourvu d’un prolongement politique et d’un projet de société à la hauteur des attentes populaires.

Les dirigeants du Parti socialiste ne mènent pas seulement une campagne inconsistante, c’est leur projet même d’accompagnement des logiques capitalistes qui révèle sa faillite inexorable. Poussant toujours plus loin leur dérive droitière, les voilà qui s’orientent vers une alliance avec le Modem. Le prix en sera inévitablement des compromissions toujours plus importantes, dont on verra probablement toutes les conséquences dès les élections régionales de 2010. Partout, la même tendance s’avère d’ailleurs à l’oeuvre : la social-démocratie se retrouve sans autre projet que sa propre survie ; elle met en oeuvre des stratégies d’alliance avec le centre droit, voire avec la droite, au point de gouverner avec cette dernière dans plusieurs pays et de cogérer le Parlement européen avec le Parti populaire européen ; elle se métamorphose progressivement en vague conglomérat démocrate. Nous connaissons l’aboutissement possible d’un tel processus : en Italie, la gauche a purement et simplement disparu du champ politique, pour la plus grande satisfaction de M. Berlusconi.

La responsabilité de notre Front de gauche va donc bien au-delà du scrutin du 7 juin. Elle est de sauver la gauche, de rouvrir le chemin de l’espoir à toutes ces femmes et à tous ces hommes de gauche qui désespèrent de n’avoir plus de représentation politique conforme à leurs aspirations. Jusqu’à ces militants ou électeurs socialistes qui, hier, avaient majoritairement voté non au traité constitutionnel européen et, aujourd’hui, ne veulent pas se résoudre à perdre leurs repères fondamentaux, à confondre leur droite et leur gauche… À travers l’unité que nous avons commencé de réaliser, la gauche de transformation manifeste son ambition de devenir majoritaire à gauche, pour changer radicalement la donne politique dans ce pays.

Dit autrement, le Front de gauche montre qu’il peut exister une autre voie à gauche. Il incarne une gauche qui est de tous les combats contre les injustices et pour l’égalité des droits. Une gauche sans concession face à la droite et aux privilégiés. Une gauche déterminée à défendre ses propositions dans les institutions et à aller jusqu’au bout de la confrontation avec les classes dirigeantes pour les concrétiser. Une gauche qui ne s’arrête pas au milieu du chemin quand il s’agit de défendre les intérêts populaires. Une gauche réellement de gauche, qui fait vivre une alternative à une société de plus en plus inhumaine. Notre campagne a déjà fait bouger les lignes. La qualité de ses propositions a représenté un souffle d’air frais dans un climat politique délétère. Son pluralisme assumé, sa capacité à respecter les spécificités de chacun, qu’il soit communiste, socialiste, écologiste, républicain ou révolutionnaire, lui ont déjà permis de s’ouvrir, sur le terrain, à de nouvelles composantes. Elle est à présent en mesure d’attirer à elle de nouvelles réalités militantes, de convaincre ceux qui ont hésité à s’engager jusqu’à maintenant, d’élargir encore son soutien populaire.

Telle est la bonne nouvelle de ces européennes. Le Front de gauche n’est pas un coup électoral sans lendemain. Fort des acquis d’une campagne rassembleuse, il peut être, il doit être le début de quelque chose de neuf à gauche. À nous, tous et toutes ensemble, de le transformer en un véritable front du peuple de gauche !

Par Joël Allain - Publié dans : Tracts, déclarations et pétitions - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Commentaires

1/ Le PS lors de son deriner congrès a voté à près de 75% des voix pour des motions se prononçant explicitement contre toute alliance avec le MODEM. Depuis toute avance faite au MODEm fait l'objet d'un soutien sans faille de la presse de Sarkozy.
2/ Au Parlement Européen, où le gauche est minoritaire, les groupes PSE et GUE passent rgulièrement des compromis avec tout ou partie de la Droite. Sur les 21 derniers rapports de la GUE, 18 ont été adoptés avec des voix de droite. Est-ce que pour autant la GUE cigère le Parlement européen avec la Droite
Commentaire n°1 posté par Michel Pachkoff le 31/05/2009 à 18h00

Nous avons appris à savoir que les motions de congrés des partis politiques n'engagent vraiment que ceux qui y croient. Souhaitons que celle que tu évoques soit respectée. Nous ferons tout pour.

Toute assemblée prend des décisions à caractère technique:  il n'y a pas de problèmes là-dessus, toutes les tendances peuvent les voter sans ambiguité... Là où les problèmes commencent, c'est par exemple quand on défend les services publics à Paris, alors qu'au nom du compromis européen, on accepte leur recul à Strasbourg ou à Bruxelles.
C'est aussi quand on organise avec l'UE la dérégulation financière à l'origine de la crise actuelle, pour  la présenter comme inéluctable à Paris.
C'est encore quand on participe à l'Europe forteresse contre un prétendu danger de l'immigration...cela donne la directive de la honte.
C'est à nouveau vrai quand, avec la mascarade démocratique de Versailles, on aide Sarkozy à remettre le traité de Lisbonne sur les rails.
Quoique ses députés aient voté dans le détail, le PS français est solidaire politiquement du PS européen, c'est même un de ces arguments de campagne, qu'il assume ses responsabilités.
Inutile de chipoter,

Réponse de Joel Allain le 01/06/2009 à 12h13
Joel,
Je suis amllé à la source, sur le site de la Gauche Unitaire Européenne pour voir quels textes "techniques apolitiques" présentés par elle avaient recueillis le soutien de la droite à Bruxelles. Francis Wurtz donne l'exemple d'un texte présenté par la GUE et adopté ( donc avec des voix de droite ) celui contre l'augmentation du temps de travail à 65 heures.
Je ne trouve pas ça très "technique apolitique".
Pas plus que le texte présenté par le PSE recensant de façon exhaustive les paradis fiscaux, sans oublier les européens et les nord-américains comme le G2O et Sarkozy.
Il serait plus honnête de reconnaitre qu'au Parlement Euopéen il y a des "majorités d'idées" ne suivant pas les clivages trafitionnels gaucje-droite. Avec bien sur le fait, non négligeable, qu'une fois adopté par le Parlement, si celui-ci se couche tout de suite devant le Conseil et la commission, la droite peut voter des textes de gauche.
Pour ce qui est de la deuxième partie de ta réponse, outre le fait que je ne renie pas mon vote Non de 2005 mais qu'on ne revote pas sur celui-ci,  je trouve qu'il manque une question et une réponse :
- quand est-ce que les partis( PCF et LCR ) qui ont sabotés la candidature unique du Non le reconnaîtront et en tireront un bilan public, ou bien aurons-nous les deux rassemblements de gauche "unitaire" antiliberale d'élection en élection ? le gag va finir par lasser
- une fois le traité de Lisbonne en application faudra-t-il quitter l'Union Européenne s'il rend impossible toute action de gauche ?
Commentaire n°2 posté par Michel Pachkoff le 01/06/2009 à 19h34

Michel,
Il peut y avoir des majorités d'idées dans toutes les assemblées, et heureusement car cela participe de l'esprit démocratique, mais ce qui compte, c'est la tendance principale de l'ensemble des votes des uns et des autres. Et là, malheureusement c'est très clair au Parlement européen.
S'agissant de la gauche antilibérale, j'espère que le "gag" cessera un jour, car c'est un très mauvais gag, composé de bêtise, de conspiration des egos et d'esprit de petit rentier. Les résultats de dimanche devraient montrer qu'avec une dynamique électorale d'union de la vraie gauche, le PS pourrait être dépassé, et du coup obligé de clarifier vraiment sa stratégie. Toutefois, il y a une différence fondamentale entre le Front de gauche et le NPA: le premier tend à l'unité (malheureusement par le sommet seulement) alors que le second nous joue un solo mortifère...

Réponse de Joël Allain le 01/06/2009 à 20h03

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