Mercredi 1 octobre 2008
3
01
/10
/2008
13:29
VILLE DE MALAKOFF
CONSEIL MUNICIPAL: séance publique du 30 septembre 2008
VŒU relatif au projet de délocalisation de la statistique publique à Metz
La Présidence de la République a annoncé le 2 septembre sa volonté de créer un
pôle statistique à Metz, ceci pour combler la perte économique due au départ des militaires présents dans la région. L’ensemble des services du système statistique public est concerné par ce
projet de restructuration (INSEE Malakoff et établissements régionaux, services statistiques ministériels nationaux et régionaux).
Le chiffre de 1000 statisticiens publics aurait été avancé par le Président
lui-même lors de sa rencontre avec les élus mosellans. Le secrétaire d’Etat H. Falco évoquait un chiffre encore bien supérieur cet été.
Cette décision a été prise sans aucune concertation. Elle n’a pris en
considération ni l’organisation de la statistique publique ni son fonctionnement en région et dans les services ministériels, ni le sort des agents potentiellement concernés.
Ceux qui connaissent l’organisation de la statistique publique en France et
ailleurs savent qu’une bonne partie de ses fonctions doivent être exercées auprès des centres de décisions stratégiques publics nationaux et des centres de recherche nombreux et divers d’Ile de
France pour être véritablement utiles au pilotage de l’Etat et de l’économie, pour contribuer efficacement au débat économique et social.
Cette délocalisation ne peut que conduire à l’affaiblissement du potentiel
intellectuel et scientifique de la statistique publique. La plupart de ses cadres ne suivront pas et les meilleurs trouveront facilement un employeur ailleurs en région parisienne. Le bilan des
délocalisations précédentes, pour des organismes publics de ce type, est clair sur ce plan.
Il ne s’agit pas d’opposer les risques pour la qualité de la statistique publique
aux intérêts pour la redynamisation de la Lorraine : ce ne sont pas quelques centaines d’emplois qui permettront de redynamiser cette région alors que le gouvernement néglige les grands
travaux d’infrastructure, qu’il multiplie les attaques contre les services publics de proximité : suppressions de tribunaux, de classes d’écoles, d’hôpitaux, de bureaux de poste et bientôt
de sous-préfectures.
C’est l’avenir de centaines de familles d’agents de l’INSEE et autres
fonctionnaires des ministères, dont plusieurs dizaines à Malakoff, qui est déstabilisé par le seul fait du prince.
Il n’y a pas de fatalité à ce projet arbitraire visant à saborder une institution qui, faisant son travail de production
d’informations, renvoie au pouvoir actuel la réalité de ses résultats et non ceux qu’il souhaiterait pouvoir afficher. C’est donc une question d’intérêt général, de citoyenneté.
C’EST POURQUOI, le conseil municipal de Malakoff, solidaire des agents de l’INSEE et des services statistiques des ministères, demande aux pouvoirs publics l’abandon de ce projet
néfaste pour la démocratie et les agents publics concernés.
Votes pour : les élus du groupe communiste, antilibéral et
citoyen, et ceux du groupe socialiste ;
Votes contre : les élus de l’UMP-Nouveau Centre;
Abstention: l'élu du MODEM .
Ce vœu du Conseil municipal sera distribué le jeudi 2 octobre prochain
de 8h à 9h30, sur les 2 sites de l’INSEE existant sur Malakoff :
15 boulevard Gabriel Péri
18 boulevard Adolphe Pinard
Les salariés de l’INSEE et du systéme statistique public
manifesteront le même jour, place du 11 novembre de 12h45 à 13h30, où seront également présents les élus de la majorité municipale
de Malakoff.
Vous y verrez que son problème est l'avenir économique et social de sa ville, sinistrée par les décisions arbitraires du pouvoir libéral autoritaire. Ce n'est pas de voir arriver, au plus, 1000 statisticiens publics, soit un chiffre trés éloigné des 5000 emplois militaires perdus. Comme le disait le bon M. Falco, "les fonctionnaires ne sont pas des pions qu'on déplace à volonté".
Comme le disait aussi, et il y a bien longtemps, Esope, "le démaguogue fait d'autant mieux ses affaires qu'il a semé la discorde dans son pays".
C'est exactement ce qu'est en train de tenter, une fois de plus, ce pouvoir en difficulté. Face à cela, les hommes (et les femmes) de bonne volonté resteront unis.