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Agir politiquement, résolument à gauche

Une confidence : je ne suis absolument pas douée en informatique… Moralité, je ne comprends rien aux dysfonctionnements en cours sur ce blog. J’ai cru avoir été piratée, n’ai pas remis la main sur mes codes… Bref ! Il semble que là, vous allez pouvoir lire ce “post” et peut-être tous vos commentaires pourront-ils être prochainement publiés… En tout cas, sachez qu’on y travaille !

Cette longue absence sur la toile fut pour moi le temps de bonnes vacances (veinarde que je suis !) et surtout d’une réflexion politique sur la situation actuelle, sur le champ des possibles pour faire vivre une gauche de gauche. Un temps mis à profit pour prendre la mesure de la situation nouvelle, difficile, dans laquelle nous nous trouvons… Depuis l’échec de la candidature unitaire - échec dont j’ai toujours pensé qu’il aurait de très graves conséquences sur la recomposition d’une gauche d’alternative -, la droite sévit et le Parti socialiste n’a pas de boussole pour s’opposer. Je suis remontée comme un coucou contre cette situation, désireuse de me battre ici et maintenant contre les mauvais coups portés par le gouvernement. Vous pourrez d’ailleurs lire ci-dessous une tribune que j’ai écrite, parue dans Libération hier, sur le RSA. Je ressens l’urgence de l’action, de l’inscription dans des cadres collectifs qui permettent concrètement de donner de la voix à gauche. Un peu comme si l’existence même d’une gauche digne de ce nom était en jeu…

Avant l’été, j’ai signé l’appel de Politis parce qu’il a le mérite de maintenir le cap d’une nécessaire convergence de toutes les forces, aujourd’hui éparpillées, de la gauche d’alternative. J’ai toujours milité pour que convergent ses différentes cultures et traditions pour faire du neuf et bâtir un front large. Cette perspective n’est pas prête de me quitter car je la crois toujours juste et utile. La difficulté, c’est que je ne me sens pas de continuer inlassablement à attendre sur le bord du chemin, comme une spectatrice, que toutes les composantes structurées de cet espace se mettent d’accord. Or, les forces en présence ne sont pas sur le point de s’entendre… Le PCF, qui avait un rôle déterminant à jouer pour permettre une recomposition de la gauche radicale, est aujourd’hui replié sur lui-même, inaudible, incapable de prendre une initiative politique, continuant à perdre des forces et à se perdre sur le fond et la stratégie. José Bové et la gauche des Verts semblent prêts s’allier, au moins le temps d’une élection européenne, avec… Daniel Cohn-Bendit et les amis de Nicolas Hulot - un trio dont la cohérence me paraît franchement étrange. Cap donc sur les enjeux environnementaux, loin du projet plus global porté notamment dans le cadre des collectifs antilibéraux et de toute clarté sur les enjeux économiques. Quant à la gauche du PS, elle n’est visiblement pas sortie de l’auberge. Jean-Luc Mélenchon n’a pas signé l’appel Politis et ne semble pas sur la voie du départ. Dont acte.

Les seuls de notre espace à prendre une initiative, à faire une proposition politique nouvelle, à susciter de la dynamique et non du désespoir, à donner de l’écho aux idéaux de gauche, c’est aujourd’hui la LCR. Fort de sa popularité et de son impact dans le débat public, Olivier Besancenot avance, tend la main et lance, avec la LCR, un processus de constitution d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA). J’ai dit publiquement et écrit (notamment dans un texte publié sur le site de la revue Mouvements) les limites et les écueils potentiels d’une telle initiative, la possibilité qu’il ne s’agisse in fine que d’une LCR élargie alors que j’ai la conviction qu’il est possible et surtout souhaitable de faire plus neuf et plus large. La peur n’évite pas le danger… Et le plus sûr moyen de rétrécir le champ du NPA, c’est que toutes les sensibilités et personnalités proches, potentiellement concernées, désertent l’initiative. C’est donc dans un état d’esprit constructif qu’avec Frédéric Lebaron, Luc Boltanski, Michel Onfray, Arnaud Viviant et Elisabeth Claverie, nous avons entamé - via Le Monde à ce stade, une rencontre doit prochainement avoir lieu - un dialogue avec le NPA. En mettant en avant deux préoccupations. D’une part, la nécessité de s’adresser à tous les courants politiques constitués qui se réclament de la gauche de transformation afin de mêler les cultures et sensibilités politiques, d’éviter que le NPA ne se construise qu’à partir de la tradition trotskyste et d’emporter ainsi le plus d’énergies possibles. D’autre part, l’importance de ne pas figer le débat sur le pouvoir et la conception du processus révolutionnaire.

La dissolution de la LCR, prévue avant la fin de l’année, est acte politique important. D’ailleurs, certains membres de la Ligue s’inquiètent de ce que sera la nouvelle organisation, notamment au regard de la diversité des nouveaux venus dans le NPA. A ma connaissance, deux points bornent l’ouverture du processus : le parti pris anticapitaliste et l’indépendance avec le PS.  En accord avec cette base, désireuse d’agir et consternée par l’atonie des autres grands courants politiques de notre espace, j’ai décidé de participer aux réunions du comité NPA de Montreuil, où j’habite, et d’engager le dialogue nationalement avec le NPA. Ni plus, ni moins à ce stade. Je me sens donc partie prenante du processus, venant là avec mon histoire et ma sensibilité, mes préoccupations d’unité de toute la gauche de transformation, avec ma volonté de travailler dans un cadre collectif, avec ma rage de combattre la droite ultra-libérale et autoritaire, mon énergie pour soutenir les luttes sociales, avec mon désir de contribuer à réinventer et ré-enchanter à gauche. Je conçois le NPA d’aujourd’hui comme une étape vers un rassemblement plus large, soucieuse que l’effervescence actuelle (comme j’ai pu le constater à l’université d’été de Port-Leucate !) débouche sur un mouvement politique durable. Que feront les communistes unitaires, les Alternatifs ou les collectifs antilibéraux, notamment, dans les mois et années qui viennent ? Que feront tous ces militants et militantes, socialistes, communistes, écolos, qui ne se retrouvent pas dans l’orientation de leur organisation ? Et tous les sympathisants désireux de s’engager pour que vive une gauche digne de ce nom dans ce pays ? De nombreuses forces ne se sentent pas, pour l’instant, concernées par le processus de NPA. C’est pour moi source d’interrogations et de préoccupations.

Qu’en pensez-vous ? Comment voyez-vous la manière d’être, aujourd’hui, le plus efficace à gauche ?

A très bientôt,

Clémentine Autain

Tag(s) : #Débats

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