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Tribune libre - Article paru le 25 juin 2008 dans l’humanité




Lu sur

http://pcf-bagneux.org/actubagneux_fichiers/bgx239.pdf 

Un parti pris d’ouverture

Par Marie-Hélène Amiable, maire de Bagneux, députée, Brigitte Gonthier-Maurin, sénatrice des Hauts-de-Seine, Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers, conseiller général.

PCF : des sensibilités différentes, une contribution commune.

Le département des Hauts-de-Seine passe pour une chasse gardée de la droite mais la représentation du courant progressiste n’y est pas négligeable. Les candidats présentés ou soutenus par le Parti communiste ont pu, lors des récentes élections législatives, municipales et cantonales, être reconnus pour leur capacité de rassemblement, leur action, leur crédibilité et réaliser des résultats appréciables. Élus et acteurs très engagés de cette séquence, nous apprécions évidemment le geste accompli par des dizaines de milliers de nos concitoyens-nes mais nous en connaissons la fragilité. Nous savons combien ces résultats sont essentiellement les fruits d’une implantation locale tant de la part des militants que des élus, obtenus par leur travail au quotidien. Ils ne corrigent cependant pas les graves manquements qui se sont exprimés lors de l’élection présidentielle sur la crédibilité du PCF en tant que parti national. L’absence d’une perspective porteuse d’une authentique alternative crée du désarroi idéologique et nul femme ou homme de gauche n’en sort indemne. Nos électeurs n’échappent pas à cette incertitude. Nous portons donc une grande attention à la redéfinition par le Parti communiste de son positionnement lors du prochain congrès et nous en attendons beaucoup d’audace.

Nous n’avons pas, les uns et les autres, adopté des positions similaires lors du dernier processus présidentiel. Notre appréciation de l’état actuel du parti, de la gauche et de ses possibilités de sursaut, diffère, mais nous avons en commun la certitude que le repli ou le retour vers des positions passées est sans issue. S’il n’est pas réaliste d’imaginer un rassemblement majoritaire et transformateur sans les communistes, il n’est pas plus crédible de l’imaginer initié par et autour des seuls communistes. Un délitement aggravé du Parti communiste serait dramatique pour la gauche. L’illusion que le renouveau passerait par un travail et une expression solitaire de ce même parti serait tout autant suicidaire.

Ce que nous avons tenté de bâtir ces dernières années n’est pas satisfaisant et l’échec de la présidentielle a été cuisant, mais tout ne fut pas sombre dans ces dernières années et l’évaluation rigoureuse de nos actes, nationaux, départementaux et locaux, s’impose pour reprendre l’initiative. Une timide lueur d’espoir par exemple était née dans le département des Hauts-de-Seine tant aux élections régionales et européennes de 2004 que lors du référendum sur le TCE de 2005. Le fait de travailler avec d’autres militants a, alors, donné sa chance à l’émergence d’une première dynamique. Nous ne renonçons pas à ce type d’efforts.

Nous savons d’expérience qu’on ne trace pas des contours d’alliances sans une large présence populaire et sans accord sur le contenu des démarches. Vrai à l’échelle d’une ville, cela l’est d’autant plus aux autres niveaux territoriaux. C’est, selon nous, l’articulation d’expressions diverses, communes ou autonomes, d’un travail pluriel d’élaborations, d’actions et d’engagements solidaires porteurs de dénonciations et de propositions, d’une volonté participative en direction des citoyens et des citoyennes, qui créent les conditions du rassemblement. Nous vivons une période politique marquée de tant d’échecs, de reculs et de rancunes dans le camp progressiste, qu’il est illusoire d’imaginer un rassemblement autour d’un seul parti, ou l’oeuvre d’un seul parti. Pas plus que quiconque nous ne prétendons pouvoir tracer les contours politiques d’un rassemblement transformateur. Nous ne savons pas plus les formes de luttes et d’organisation que pourrait choisir, à terme, la force communiste. Mais nous pensons uniquement que l’affirmation et l’expression indispensables du Parti communiste doivent être liées, pour être audibles, à un parti pris d’ouverture et de travail commun avec ceux et celles prêts à faire avec nous le pari d’une véritable alternative.

Deux décisions concrètement donneraient forme à cette orientation.

La première concerne le travail sur le projet. Nous partageons le souci d’une utopie concrète incluant dans le projet à mettre en débat de grandes propositions de réforme applicables sur une ou deux législatures et identifiant un combat émancipateur. Leur ébauche peut-elle être seulement le produit de réunions de commissions internes ? D’experts communistes ayant la réponse à des problèmes tout sauf techniques ? Ou ne faut-il pas dès maintenant affirmer que ces réponses ne sauraient être seulement les nôtres, qu’elles ont besoin pour leur crédibilité et leur rayonnement d’un engagement actif des communistes et simultanément d’une coélaboration avec des citoyens, des spécialistes, des personnalités associatives, féministes, syndicales et politiques partie prenante de cette conception du projet, dont le Parti communiste se ferait le porteur avec d’autres et non le propriétaire ? Pour nous, le projet politique doit être un processus de construction qui permette ancrage, élargissement, prise de conscience, et rassemblement majoritaire. Cette démarche qui est la nôtre permettrait de rompre avec toute conception faisant de notre parti le fer de lance d’un rassemblement mettant tout partenaire en situation de ralliés.

La seconde décision découle de la précédente et donnerait une traduction politique immédiate à l’orientation proposée. Nous pensons possible de reprendre avec plus d’ambition un caractère national et plus de force dans les contenus, l’état d’esprit qui fut le nôtre dans le département voilà quatre ans lors des échéances européennes. Le potentiel d’intérêt constaté lors du référendum sur le traité constitutionnel offre de grandes possibilités. L’Europe sera présente dans les dix à quinze propositions de réformes possibles. Comment conçoit on le débat pour cette partie du projet ? Les listes en juin prochain en seront-elles la traduction ? Affirmons une place étendue dans l’économie nous maintenant notre volonté de créer pour cette échéance un rassemblement, dont nous ne sommes pas le centre mais un des acteurs, qui permette au maximum de partenaires d’être représentés ? Nous sommes membres du Parti dans le même département et nous partageons ensemble des expériences. Notre sensibilité n’est pas identique face à maints problèmes. Nous voulons par cette contribution exprimer un espoir commun

Tag(s) : #Débats

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