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Paris, le 20 juin 2008

 

Un comité interministériel des villes présidé par François FILLON a officiellement lancé aujourd'hui à Meaux le plan Espoir banlieues après six mois d'hésitations et d'annonces contradictoires. Ce qui se voulait un événement a surtout révélé un énième catalogue d'intentions peu convaincantes, puisque qu'aucun réels moyens nouveaux ne sont dotés à la lutte contre les inégalités sociales entre les territoires.

 

En effet, l'analyse exacte du plan montre que le simple redéploiement proposé des crédits ne se rapproche pas vraiment de la grande ambition, proche d'un « plan Marshall » pour les banlieues, qu'avait promise Fadela Amara, Secrétaire d'État à la politique de la ville.

 

Pour exemple, l'annonce d'un désenclavement imminent des banlieues laisse perplexe tant le faible montant du budget annoncé (220 millions d'euros pris sur l'enveloppe du Grenelle de l'environnement) ne peut se comparer aux milliards d'euros qui devraient être investis immédiatement dans le développement de nouveaux réseaux de transports en commun dans et autour des villes.

 

Par certains aspects, cette réforme rappelle la logique d'ensemble du gouvernement pour privatiser et démanteler les services publics. La gestion de l'insertion sociale et professionnelle des jeunes jusqu'à maintenant confiée au réseau des missions locales/PAIO, qui démontre chaque jour son efficacité à un moindre coût, sera par exemple transférée à des organismes privés, comme des entreprises d'intérim, qui pourront attirer les jeunes avec des contrats d'autonomie, deux fois plus coûteux que les contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS) actuels. Avec ces dispositifs, il est aussi probable que ces jeunes ne se verront pas proposer de réintégration dans un cursus d'étude ou de formation professionnelle puisqu'ils devraient constituer un vivier de main d'oeuvre flexible à bas coûts pour de grandes entreprises ayant du mal à recruter.

 

En ce qui concerne l'éducation, quelques caches misères dans les établissement difficiles ne pourront empêcher la ghettoïsation engagée depuis l'assouplissement de la carte scolaire. Certaines inégalités sociales fondamentales entre les territoires ne sont même pas traitées comme l'accès à la santé ou à la culture et la question du logement est aussi remise à plus tard. En tant que députée communiste, je préconise en premier lieu de faire strictement appliquer la loi SRU, qui prévoit que les logements locatifs sociaux représentent 20% des résidences principales des communes.

 

Voir aussi :

"Tant que l’on refusera de traiter les questions de fond, on aura des émeutes"
Tag(s) : #Tracts, déclarations et pétitions

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