Mardi 17 juin 2008
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Garantir l’avenir des retraites fondées sur la solidarité entre les générations.
Les réformes Balladur de 1993 et Fillon de 2003 ont déjà considérablement dégradé les
niveaux des pensions perçues par les salariés partis en retraite. Le gouvernement est resté sourd au lendemain des manifestations unitaires du 22 mai. Pas question d’ouvrir la moindre négociation
sur le sujet : « les choix de 1993, 2003 et 2007 sont confirmés ». Cela conduirait à aggraver encore les situations des retraités dans les prochaines années puisqu’est programmée
une baisse relative des pensions d’un tiers !
L’allongement à 41 ans du nombre d’années de travail pour obtenir une retraite à taux plein
est inacceptable, cet allongement ne garantira pas mieux le niveau des pensions futures : avec une entrée plus tardive sur le marché du travail, des carrières précaires et des licenciements
toujours massifs avant 60 ans, les réformes visent à empêcher les salariés de bénéficier d’une retraite à taux plein et à diminuer le pouvoir d’achat des retraités, sans responsabiliser les
entreprises. De plus, la pénibilité du travail n’est toujours pas prise en compte dans la nouvelle réforme.
Pour répondre véritablement au « vieillissement » de la population, et garantir le
pouvoir d’achat des retraités, il faut obtenir de nouveaux financements, mettant notamment à contribution les profits financiers qui ne cessent de croître.
S’opposer à la déréglementation du temps de travail
Le gouvernement a annoncé l’intention d’ajouter une deuxième partie au projet de loi
reprenant la position commune, négociée entre les syndicats et le patronat. Le projet initial portait sur le fait que la représentativité des syndicats doit reposer sur le vote des salariés dans
les entreprises. La deuxième partie ajoutée n’a rien à voir avec ce besoin de démocratie sociale. Le projet vise à supprimer ou modifier près de 70 articles du code du travail concernant
l’organisation du temps de travail dans les entreprises !
Voici les conséquences de ces modifications
Ø Tous les salariés pourraient se voir appliquer le régime des forfaits en heures, permettant à leur
employeur d’intégrer des heures supplémentaires à leur temps de travail sans avoir à respecter les taux de majoration ni les repos compensateurs. L’accord d’entreprise encadrant ce dispositif n’aurait plus l’obligation de fixer des limites aux durées journalières et
hebdomadaires ;
Ø les forfaits en jours des cadres et des salariés itinérants ne seraient plus soumis au maximum de 218
jours par an ; en l’absence d’accord d’entreprise ou de branche, ils pourraient être imposés par convention individuelle modifiant le contrat
de travail ;
Ø toutes les dispositions protectrices concernant le temps de travail annualisé ou réparti sur des cycles
de plusieurs semaines seraient supprimées (définition des périodes hautes et basses ; programme annuel…). Il suffirait à l’employeur de respecter un délai de prévenance – déterminé par
simple négociation d’entreprise – pour changer les horaires des salariés ;
Ø les repos compensateurs pour les heures supplémentaires effectuées dans le cadre du contingent
conventionnel sont supprimés.
Cela aurait pour conséquence d’allonger la durée effective de travail de millions de
salariés, de réduire le paiement des heures supplémentaires et d’accroître encore la flexibilité des horaires!
Travailler toujours plus, plus longtemps pour ne rien gagner sinon une santé et une
qualité de vie de plus en plus dégradées, ça suffit !
Seule une véritable politique de plein emploi et la réforme du mode de la cotisation des
entreprises pourront permettre de financer durablement le système des retraites du secteur privé et du secteur public.
Seule une participation massive à la grève du 17 juin et aux manifestations locales
permettra de contraindre le gouvernement à d’autres choix !
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