Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Paris, le 4 avril 2008

 

 

 

 

 

 

Depuis plusieurs mois, les enseignants, les élèves, les parents d'élèves sont en mouvement partout en France. Ils dénoncent une série de mesures engagée par le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, en particulier les suppressions massives de postes, le recours aux heures supplémentaires et les modifications apportées à l'enseignement professionnel.

 

Lors de l'examen du projet de loi de finances 2008, j'étais intervenue à l'Assemblée nationale pour m'opposer à la programmation de 11 200 suppressions de postes dans l'Education nationale à la rentrée prochaine. Cette loi perpétue la règle comptable de répartition des postes dans l'enseignement, sans tenir compte des besoins des enseignants et des élèves.

 

Parallèlement, le ministre a considérablement augmenté le nombre d'heures  supplémentaires pour éviter de recruter et pallier au manque de postes. Ce procédé est scandaleux ! N'étant pas obligatoires, ces heures seront effectuées si les enseignants le peuvent ou le souhaitent. Ainsi, l'Education nationale risque de ne plus garantir les apprentissages obligatoires. D'autre part, les heures supplémentaires sont moins rémunérées qu'une heure de base pour  les  enseignants en début de carrière. Cette mesure inspirée du « Travailler plus pour gagner plus » cher à Nicolas Sarkozy est inadaptée pour des enseignants dont les statuts et les salaires ont besoin d'être revalorisés.

 

Le refus permanent d'augmenter les effectifs depuis quelques années devient dramatique pour les élèves. Dans certains lycées, des classes peuvent atteindre jusqu'à 40 élèves. Quels apprentissages peut-on transmettre dans ces conditions ? Nos enfants et nos jeunes ne méritent pas de subir les conséquences de cette politique désastreuse pour leur avenir.

 

Sous prétexte de faire des économies, le gouvernement saigne la fonction publique et l'Education nationale. Le cadeau fiscal de 14 milliards d'euros aux plus aisés se fait au prix de la remise en cause de l'école publique et du droit à l'éducation pour tous.

 

C'est pourquoi, je me félicite de l'ampleur que prend la mobilisation dans l'Education nationale. Je me tiens à disposition des personnels, des élèves et de leurs parents pour défendre et promouvoir le service public de l'éducation.



Bagneux, le 10 avril                                    Monsieur le Recteur,


J'ai été interpellée par des représentants d'élèves et d'enseignants sur la situation du lycée Maurice Genevoix à Montrouge. Avec le soutien de parents d'élèves, ils se mobilisent pour la défense de la qualité de l'enseignement public et de leur établissement.

La situation de l'équipe d'encadrement de Maurice Genevoix est très préoccupante. En effet, il n' y a qu'un poste de conseiller principal d'éducation titulaire pour 935 élèves! Le reste de l'équipe d'encadrement est composé de postes d'assistants d'éducation et de personnels en contrat d'accompagnement dans l'emploi. La multiplication des personnels contractuels, en temps partiel et insuffisamment qualifiés ne permet pas d'offrir un encadrement de qualité. Ces personnels sont contraints, de fait, d'assumer des responsabilités pour lesquelles ils ne sont ni formés, ni rémunérés.

Les fonctions d'animation et d'éducation à la citoyenneté, le lien avec les familles, l'organisation de la surveillance et de l'encadrement des élèves ne peuvent être assurés pleinement. Cette pénurie de personnel qualifié est lourdement préjudiciable pour les élèves et les personnels. Elle pénalise l'éducation publique déjà ébranlée par les suppressions de postes d'enseignants.

Dans les Hauts-de-Seine, la dotation horaire globale, en diminution par rapport à 2007, programme une répartition déséquilibrée du temps scolaire. La part des heures supplémentaires annuelles, non obligatoires pour les enseignants, augmente de plus de 1 300 heures par rapport à la rentrée 2007.

Mais la proportion des « Heures poste », correspondant aux horaires habituels des enseignants, quant à elle diminue. Au lycée Maurice Genevoix, la dotation prévoit deux heures supplémentaires en moyenne par poste à temps plein. Le recours massif à ces heures facultatives porte gravement atteinte à la qualité de l'enseignement et à notre modèle d'éducation publique.


C'est pourquoi, j'attire votre attention sur cette situation particulièrement préoccupante, et vous prie de bien vouloir m'informer des mesures prises pour y remédier.


Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Monsieur le Recteur, en l'assurance de mes salutations distinguées.


Marie-Hélène AMIABLE

Députée des Hauts-de-Seine

Maire de Bagneux 

Voir aussi   http://www.unl-fr.org/actu_view.php?id=285 
 et
http://www.fidl.org/ 

Tag(s) : #Tracts, déclarations et pétitions

Partager cet article

Repost 0