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Sur http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=56423

de Matteo Bartocci

"Chers Italiens, ne nous laissez pas seuls". En tant que secrétaire de Die Linke, Lothar Bisky ne peut que souhaiter une unification de la gauche italienne.

Mais en tant que néo-président de la Gauche européenne, il ne peut pas se compromettre à propos du parcours tourmenté de la "Chose rouge" et encore moins indiquer comme un modèle son expérience, une unification heureuse entre des socialistes, des communistes et des syndicats de base.

"Il y a beaucoup d’exemples aussi bien en Allemagne qu’en Italie – dit Bisky – mais une gauche ample et plurielle n’est pas seulement un objectif réaliste dans toute l’Europe, elle est désormais nécessaire".

Avec vous, on peut dire que la présidence de la Gauche européenne passe de l’Ouest à l’Est. Y a-t-il là une signification politique ?

Bien sûr. Je viens de l’Est mais Die Linke est désormais un parti national occidental à tous les effets. La participation des citoyens de l’Europe orientale au processus d’unification européenne est fondamentale. Ainsi que pour le pluralisme culturel et social qui est depuis toujours à la base de notre continent. Le choix de faire le congrès à Prague n’est pas un hasard : nous avons choisi le cœur de la Mitteleuropa. Même si Bertinotti a dessiné un tableau très critique de nos difficultés, je suis sûr que la Gauche européenne a toutes ses chances pour grandir.

Nous devons nous donner trois objectifs réalistes.

Primo : défendre l’Etat social européen et nous opposer au dumping social.

Secundo : en Europe, il nous faut la paix et pas le réarmement. C’est pourquoi nous sommes contraires aux radars américains dans la République Tchèque et en Pologne.

Tertio : il faut plus de démocratie. La participation des citoyens à l’écriture de la Constitution européenne est fondamentale. Le non de la France et des Pays Bas doit être accueilli. Les chefs de gouvernement ne peuvent pas traiter l’Europe comme une résidence secondaire où faire ce qu’ils veulent.

Bertinotti a demandé un saut de qualité : la création dans chaque pays d’une gauche ample et plurielle. Le jugez-vous un objectif réaliste ?

Plus : il le faut. En Allemagne, pas mal de politologues ont dit que nous nous faisions des illusions, que Die Linke ne verrait jamais le jour et qu’en tous cas une agrégation à gauche de la SPD n’entrerait jamais au Bundestag. Ils se trompaient. Nous y sommes et nous avons désormais une base stable. Il est parfois réaliste de demander l’impossible. Je crois qu’une opportunité de ce genre doit être saisie par la gauche de chaque pays.

Aurez-vous un programme commun aux élections européennes de 2009 ?

C’est possible et je vais travailler pour cela. Mais c’est une demande qui doit partir de Rome, Berlin, Tallin, Varsovie, Paris. Même si chaque pays a ses spécificités, le jeu en vaut la chandelle. Désormais la politique doit agir sur un niveau européen.

Vous êtes à l’opposition au Bundestag. Rifondazione, au contraire, est au gouvernement. N’est-ce pas une contradiction entre vous que vous votiez d’une manière opposée sur l’Afghanistan ? Absolument pas. Avec Rifondazione il y a un très bon rapport. Nous en connaissons les particularités et nous essayons de faire tant que possible des initiatives communes. Nous savons qu’en Italie la menace Berlusconi est permanente, peut-être le fait de ne pas avoir Berlusconi est l’unique avantage que nous avons en Allemagne par rapport à vous.

Comment expliqueriez-vous la grande coalition à un Italien ?

C’est un gouvernement où on ne distingue plus rien, sur les choses fondamentales SPD et CDU disent les mêmes choses. Dans son dernier congrès, la SPD a fait un peu de propagande électorale vers la gauche mais elle se comporte au gouvernement comme Angela Merkel. C’est un débouché qui nuit à toute la culture politique.

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Pensez-vous qu’il soit possible de collaborer avec le Parti du socialisme européen ?

Seulement sur la base de contenus. Le camp socialiste est très nuancé et dans quelques cas nous avons même des positions qui coïncident, comme sur le salaire minimum. Avec certains partis, comme le parti socialiste hollandais, nous sommes en contact direct. Certes, si je pense aux socialistes français, collaborer est très difficile.

Votre Linke est-elle un modèle pour la gauche italienne ?

Non, de modèles vous en avez assez. Je renvoie la question : chers Italiens, ne nous laissez pas seuls.

Traduit de l’italien par Karl&Rosa

http://www.ilmanifesto.it/Quotidian...

Tag(s) : #Débats

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