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Malheureusement non, c’est seulement Cécilia qui s’en va. Il faudra donc encore supporter une politique aventuriste, autoritaire et régressive pour la majorité des gens dans ce pays…

 

Le collectif de Malakoff était en réunion de rentrée ce mercredi 10 octobre. Au menu, la situation politique, les débats au sein des collectifs antilibéraux et les initiatives à prendre. Une quinzaine de participants, toutes les sensibilités étant représentées, ce qui évidemment est essentiel pour l’intèrêt de nos débats.

 

Sarkozy frappe fort et partout à la fois. Beaucoup de discours, peu de résultats mais l’essentiel de la « grande » presse accompagne ce nouveau Zébulon[1]. Il annonce pire que ce qu’il a dit pendant la campagne électorale. Au bout de six mois, il est toutefois tôt pour juger des effets de sa politique de régression. Déjà, les luttes, pétitions et controverses, les drames quelquefois[2], ne manquent pas.

 

Les consciences citoyennes sont encore assez loin de s’ouvrir totalement à la réalité de la politique suivie, même si les premiers sondages à annoncer les difficultés du pouvoir libéral-autoritaire sont là, avec des cotes de popularité fortement en baisse pour le président et son collaborateur Fillon.

 

Deux approches de la situation se dégagent  de la discussion:

 

            -l’une, pessimiste, met l’accent sur l’état de vide et d’éclatement de la gauche en général y compris la gauche antilibérale. Ceci conduit à redouter la division et l’impuissance et à éviter à tout prix une réédition du scénario de fin 2006 relatif à la candidature unitaire antilibérale, quitte à faire l’impasse sur les municipales et les cantonales.

Dans cette optique, il n’y aurait de salut que dans les luttes de résistance et/ou la reconstruction d’une force (ou l’union des forces existantes) de transformation sociale pour avancer, au moins à court terme.

Même les luttes de résistance sont compliquées: il ne faut pas sous-estimer les divisions sur des sujets essentiels comme celui des retraites, les enseignants, par exemple, reprochant aux cheminots de n’avoir pas bougé en 2003 lorsqu’il n’étaient pas directement concernés…

 

            -l’autre, plus optimiste, remarque d’abord la diversité des luttes, des milieux qui se mobilisent face à la tentative de remise en cause globale de nombre d’acquis démocratiques et sociaux structurant la société française au moins depuis la Libération: les juges défendant leur indépendance, les milieux culturels dont Mme Albanel cherche à limiter la liberté d’expression, les chercheurs et universitaires qu’on cherche à diviser, les fonctionnaires dont la casse du statut est visée, les immigrés bouc-émissaires et les associations qui défendent le droit d’asile, les agents du secteurs public désignés comme des privilègiés (régimes spéciaux en première ligne), le droit de la famille mis en cause par l’usage envisagé de l’ADN, les enseignants qui refusent que les politiques leur expliquent ce qu’ils doivent enseigner dans leur classe (G. Môquet[3]), les agents de l’ANPE qui refusent, après les inspecteurs du travail, de jouer un rôle d’auxiliaire de police dans la chasse aux sans papiers, la liste n’est ni complète ni bouclée…

Dans cette optique, l’échéance des municipales et des cantonales de mars apparait comme une étape importante du combat contre la politique actuelle. N. Sarkozy demandera aux électeurs une confirmation et un appui : ces élections ne seront donc pas simplement à enjeux locaux. Il convient donc dans cette perspective d’y être présents sur les bons terrains et actifs.

 

Plus généralement, il serait inefficace d’opposer, au niveau national les luttes et la construction d’un nouveau projet, voire une nouvelle organisation.

 

***

 

De fait, les cafouillages gouvernementaux sont nombreux et permanents, notamment avec les ministres du débauchage : Kouchner agite le spectre de la guerre, F. Amela après un « Dégueulasse ! » bien frappé, mange son chapeau (après avoir été convaincue par P. Devedjian ?), la journée de la misère, malgré M. Hirsch, passe presque inaperçue…

 

Avec les ministres de droite déclarés, ce n’est guére diffèrent : la ministre favorite séme la pagaille à la Justice, au point que certains en arrivent à envisager la disparition de ce ministère, Mme Bachelot fait les gros yeux à B. Laporte, Mme Boutin tance R.Yade suite à sa ballade à Aubervilliers, MAM et Hortefeux se disputent le pilotage des activités de la police[4], A. Santini ne passe pas auprés de fonctionnaires, C. Lagarde, telle la Sybille de Cumes, annonce inlassablement une croissance introuvable après avoir, un temps, agité le spectre de la rigueur, F.Fillon joue les syndics de fallite…On attend avec impatience la manière dont le prétendu magicien Borloo arrivera, par exemple, à satisfaire à la fois les gros céréaliers de la FNSEA et les écolos lors des conclusions du Grenelle de l’Environnement.

 

Les souverainistes ralliés à Sarkozy sont-ils en passe d’avaler un mini-traité européen reprenant 90% du texte à vocation constitutionnelle de 2005 ?

Les diffèrents clans de la droite règlent leurs comptes : écoutez Villepin.

Le patronat fait son ménage et, du coup, Mme Parisot découvre des « secrets de famille » sonnants et trébuchants.

Pendant ce temps, les riches sont toujours plus riches. L’affairisme se porte bien, les inégalités se creusent et la France est en panne.

 

Les tenants du pouvoir libéral-autoritaire ne sont pas du tout sûrs d’eux. Deux arguments principaux leur servent de point d’appui :

            - il faut faire ces « réformes » car, sinon, ce sera pire compte-tenu des exigences de la mondialisation;

            - le président vient d’être élu pour faire tout ce qu’il dit.

 

Le premier argument est évidemment contestable : les résultats espèrés par la majorité des électeurs du président actuel ne seront pas au rendez-vous. Ce sera patent assez rapidement.

 

Le second repose sur le sentiment que les douze années chiraquiennes ont été finalement assez creuses, ce qui est assez vrai et explique en partie l’adhésion de nombreux Français à l’idée de rupture. En réalité, ce second argument est faux : N. Sarkozy annonce et essaie de faire beaucoup plus que ce qu’il a dit. Dans certains cas, il s’agit d’une vraie forfaiture au sens où il prend des initiatives qui dépassent son mandat[5].

 

Il n’a pas atteint le 6 mai un score si mirobolant, ce qui devrait le conduire à plus de prudence[6].

Sa victoire repose d’abord sur le vide sidéral et sidérant de la gauche politique, révèlé d’abord par la campagne électorale puis par la facilité déconcertante avec laquelle la politique d’ouverture s’est mise en place.

 

D’où les tâches que s’assigne le collectif à son modeste niveau :

            -participer aux luttes de tous ordres ;

            -intervenir régulièrement sur divers sujets, et contribuer à améliorer les 125 propositions qui forment le socle d’un programme antilibéral ;

            -s’investir plus directement dans la participation à la préparation du programme municipal de la gauche à Malakoff, pour les six prochaines années.



[1] Pour ceux qui n’ont aucune culture télévisuelle: un des personnages principaux du manège enchanté monté sur ressort ;

[2] Rafles et défenestrations de sans- papiers ;

[3] Faudra-t-il aussi faire étudier le discours de Dakar aux Africains ?

[4] Il est vrai très mobilisée sur la chasse aux sans papiers, pas assez sur la sécurité publique et sur les trafics de petite et de haute volée ;

[5] Le cas du statut de la Fonction publique est trés clair sur ce point.

[6] Pensons aux scores atteints par De Gaulle;

Tag(s) : #Editorial

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