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logo.gifLe nouveau livre de Patrice Cohen-Seat fait l'objet d'une analyse. Avec un débat vif et utile...

sur le site
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=52495

"Patrice Cohen-Séat est membre du Parti communiste. Il est l’un des principaux dirigeants avec Marie-Georges Buffet et Olivier Dartigolles. Il assume sa responsabilité entière dans les dernières orientations du PC.

Il vient de publier un livre intitulé : « communisme, l’avenir d’une espérance ».

Patrice Cohen-Séat propose de tout repenser. Il commence par reconnaître la défaite du PC depuis plusieurs décennies mais il précise qu’une « défaite ne présuppose pas nécessairement une ou des erreurs. _ On peut ployer sous la force plus grande de l’adversaire. Encore faut-il le comprendre ».

LE VOTE D’EXTREME GAUCHE : UNE DESHERENCE POLITIQUE

Il analyse les résultats électoraux de 2007 « environ 40 % des voix se sont portées sur des candidats anti-système »[chiffre élevé qui me semble erroné-JA]. Les candidats anti-système sont « le Pen et Besancenot. ». Il note que« la part des votes anti-système a fortement régressé par rapport à 2002. Mais elle est encore assez importante pour indiquer la déshérence politique d’une fraction considérable de notre peuple. ».
Le PC, étant dans le système, son candidat « qui n’avait aucune chance d’être présents au second tour, a été « en quelque sorte soufflé par la logique du vote utile ».

Patrice Cohen-Séat revient souvent sur « Besancenot prenant la relève de Laguiller », et souligne que le vote d’extrême gauche « est toujours l’expression d’une carence de la gauche, qui n’apparaît pas porteuse d’un projet mobilisateur ».

DEMARCHES DE RASSEMBLEMENT

Patrice Cohen-Séat dit que« la stratégie du PCF était (vers 1920-1930) sur le papier celle de l’internationale communiste. Mais, après une courte période marquée par les tentations d’isolement sectaire qui aurait pu en faire une sorte de LO ou LCR d’aujourd’hui, il opta résolument pour des démarches de rassemblement », avec comme exemple : le front populaire, la résistance, le programme commun.

Ainsi, tout était prévu pour le programme commun « sauf que… rien ne se passa comme prévu. Les choses auraient sans doute pu se passer différemment. » dit-il. Patrice Cohen-Séat « se rend bien compte que la stratégie d’union de la gauche avait fait un marchepied historique au PS de Mitterrand mais on n’arrivait pas à poser le problème dans sa dimension globale ». Il réitère « nous avions nous-mêmes fait du PS une force représentative de la gauche ».

Il poursuit « il y eut la gestion de la participation gouvernementale dans la gauche plurielle. Décider de s’y engager était raisonnable. » mais son seul regret est de n’avoir « pas su mettre en débat avec les acteurs sociaux les difficultés auxquelles nous étions confrontés ». Avec des exemples dont celui de l’ouverture du capital de France Télécom , Patrice Cohen-Séat regrette « de n’avoir pas su faire comprendre les raisons politiques qui nous conduisaient à des compromis avec le PS ».

LES COLLECTIFS ANTI LIBERAUX : DU VIDE SANS LA COMPOSANTE SOCIALISTE

Patrice Cohen-Séat revient sur l’échec des collectifs antilibéraux après la victoire du non au référendum du 29 mai. Pour lui, « tout s’est joué avec le retrait du rassemblement de sa composante socialiste » car le peuple de gauche attend « la rencontre du PS (du moins 40 % du PS porté par Mélenchon et Fabius) et du Parti communiste ».

Il martèle pour être bien compris que « l’échec de ce rassemblement était consommé dès lors que le retrait de la forte composante socialiste qui en était partie prenante, il a de fait perdu toute possibilité de prétendre devenir majoritaire à gauche »

LA GAUCHE : C’EST L’HUMAIN ET LE SOCIAL

Patrice Cohen Séat reprend son thème fondateur, « la politique est toujours une pratique de rassemblement . Il faut rassembler des majorités. En l’état de son influence électoral, c’est pour le PCF une nécessité vitale ».

Il analyse la crise de la gauche. « Le PS penche tellement à droite que certains de ses dirigeants y tombent carrément ». Pourtant, il insiste, la « gauche en France, c’est le PS, le PCF, des républicains, les radicaux de gauche et des écologistes ». La « notion de gauche a permis de faire avancer et de structurer une certaine présence de valeurs et d’idées émancipatrices dans la sphère du débat politique. Ce serait une régression catastrophique de renoncer à ces acquis ».

Il conclut « à la conversion du parti socialiste au libéralisme ». « Il (le PS) se convertissait donc au capitalisme et abandonnait l’idée de rupture avec ce système ». « En fait de modernisation, il s’agissait d’une reddition idéologique et politique en rase campagne électorale ».

LE PS, DE GAUCHE MALGRE LUI

Patrice Cohen-Séat, allant sans doute trop loin, corrige le tir en précisant « que la gauche, dominée par le Parti socialiste, menait des politiques qui se voulaient plus généreuses. Il y avait donc de l’humain, du social, du progressiste dès lors que l’on s’attaquait pas au carcan du capitalisme mondialisé ».

Il précise que « les mouvements qui agitent le Parti socialiste, difficilement lisibles avec précision à l’extérieur, montrent en tout cas que cette contradiction (le non au référendum) demeure et le travaille en profondeur : faut-il aller vers la droite ou vers la gauche ? ».

Il conclut que le PS « est nécessairement de gauche. Indépendamment des convictions propres des militants et dirigeants socialistes. Le terrain de droite lui est interdit puisqu’il est déjà occupé. Le parti socialiste restera un parti de gauche tant que les valeurs de gauche, celles qui accompagnent les aspirations émancipatrices continueront à travailler la société ».

Patrice Cohen-Séat aborde les conditions essentielles de reconstruction du PC. « La deuxième condition est que le principe moteur de cette force soit le rassemblement. ». Il consent « que l’échec de la gauche plurielle ont un peu brouillé les pistes ». La troisième condition « est que personne ne peut prévoir ce que seront les choix des différents courants qui la composent ».

DES VERITES

La volonté de la direction du PC autour du Marie-George Buffet a toujours été de se rassembler avec le PS ou une partie du PS (celle qui a fait la synthèse avec la direction PS).
L’insistance de la LCR de préciser son indépendance vis-à-vis de la direction du PS n’était pas un fantasme mais bien une réalité. Le PC avait et continu d’avoir un double langage.
L’aveuglement de certains des dirigeants des collectifs anti-libéraux n’en n’est que plus coupable."

Communisme: l'avenir d'une espérance- Patrice Cohen-Séat
Editeur :
Calmann-Lévy, Paris, France
Tag(s) : #Débats

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