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Selon la Voix Populaire, hebdo d'infos locales de Gennevilliers,

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Asnières : "Nous avons faim et froid" Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
30-08-2007
Avec tous ceux qui les soutiennent,  les expulsés d’Asnières ont défilé dans les rues de la ville la semaine dernière. Ils ont obtenu de la mairie la création d’un comité chargé de piloter les relogements. La rencontre devait avoir lieu en ce début de semaine, à l’heure où nous mettions sous presse.    

« J’y suis, j’y reste, je ne partirai pas ». Le slogan résonne dans les rues d’Asnières. Il est repris d’une seule voix par les 200 manifestants qui exigent toujours le relogement des familles expulsées du Nouvel Hôtel.

Vendredi dernier, les expulsés et leurs soutiens défilaient du boulevard Voltaire jusqu’à la mairie. Toujours la même revendication plus de deux semaines après avoir été évacués. « A la SPA, les animaux ont un toit, pas nous. Nous exigeons d’être relogés décemment et durablement ».

Dans les rangs de la manifestations, les expulsés bien sûr mais aussi leur soutien. Associations de défense des droits des femmes et des hommes, syndicats, partis politiques de gauche, quelques élus locaux et départementaux, Marc Hourson, Olivier Meriot, Anne-Laure Perez, Michel Breton, Patrice Leclerc, Michèle Fritsch.

Les expulsés continuent de dénoncer une décision fallacieuse et insistent pour dire que l’hôtel n’était pas insalubre et que les services sociaux en avaient envoyés quelques uns d’entre eux loger ici.

Après une bonne demi-heure de marche, les manifestants arrivent à l’hôtel de ville. Interdiction de monter sur les marches. La mairie est bien gardée par toute une flopée de policiers : police nationale, police municipale, milice privée. « On ne vient pas tout saccager, c’était pas la peine d’avoir pris tout ce dispositif » constate énervé un des expulsés.

Puis vient le moment des prises de paroles. Juste avant, un des soutiens lance un appel « Si un médecin peut venir boulevard Voltaire au H.A.V.R.E qu’il n’hésite pas, car leur santé se dégrade vraiment, surtout celle des enfants ».

Les porte-parole rappellent les conditions dans laquelle l’expulsion a eu lieue et les conditions dans lesquelles ils vivent depuis « Nous avons faim, froid. Nous souffrons ».

Un conseiller municipal socialiste à la mairie d’Asnières déplore cette situation « symptomatique de la politique actuelle menée par la droite dans ce pays et dans cette ville ». Sa collègue demande pourquoi cet hôtel n’a pas été remis aux normes « alors que 20 hôtels déclarés insalubres dans ce département n’ont jamais été fermés mais remis aux normes ? »

Un militant du PCF 92 s’adresse aux familles. « Dans ce département le plus riche de France, on ne devrait pas voir ça. Vos revendications sont justes, on ne peut pas laisser des enfants s’entasser dans un petit local avec leurs mamans. On ne peut pas laisser leurs pères sur le trottoir. On ne doit pas traiter les gens comme ça. Mais ceci va de pair avec la montée de la xénophobie et les lois qui sont en préparation. Nous devons exiger que les droits de tout ceux qui vivent sur le territoire soient respectés. Un autre militant de la LCR souligne le courage de ces familles, en particulier des femmes « qui sont courageuses et tenaces ». Il appelle à ce que le mouvement de solidarité grandisse, autour des enfants notamment. Il fustige la politique de la ville « qui veut chasser les sans papiers, les mal logés, les pauvres tout simplement, hors de la ville ». Le MRAP rappelle que l’hôtel n’est pas frappé d’insalubrité que le maire a tout pouvoir pour rendre les lieux conformes à la loi. A l’issue des prises de paroles, la manifestation se dispersait dans le plus grand calme.

Les expulsés remerciaient ceux qui les soutiennent et fondaient beaucoup d’espoir dans la rencontre annoncée lundi à la mairie.

 

Angélique Dupont

    

« Certains enfants tombent malades »

 

Depuis le 9 août, les familles sont toujours à la rue. Les femmes et les enfants sont toujours entassés dans les locaux du H.A.V.R.E, foyer pour SDF, tandis que les hommes subissent les intempéries de ce mois d’août, sur le trottoir.

Quelques heures avant la manifestation, les plus grands des enfants courent, chahutent dans la rue. Leur unique terrain de jeu. La situation les rend facilement irritables, pleurnichards.

Une maman met rapidement un terme à une dispute. « Ils sont fatigués, ils n’en peuvent plus. Ils ne peuvent pas se reposer correctement. A l’intérieur, nous sommes trop nombreux dans un petit espace. Nous dormons à plusieurs sur des petits matelas, les bébés pleurent la nuit. Certains enfants tombent malades. Vraiment, ils n’en peuvent plus...Et là regardez, on ne peut pas les laisser en permanence jouer sur le trottoir mais où peuvent-ils aller d’autre ? »

Certains hommes essaient de récupérer sur un coin de canapé apporté par des voisins. Eux aussi sont éreintés. Les nuits sont froides, mouillées. Parfois les vivres manquent. Malgré ces conditions, il faut aller travailler. A leur tour, les adultes aussi tombent malades.

Dans cette situation, les gestes de solidarité sont autant de réconfort. Des vêtements, des couvertures, de la nourriture. Vendredi dernier, les militants du PCF sont venus tôt le matin pour apporter le petit déjeuner. Ils sont revenus le soir avec des tentes « Don Quichotte », un percolateur à café, des bouteilles d’eau, du lait.

L’association Femmes solidaires est venue avec des couches, des aliments pour bébé. Le secours catholique apporte des matelas, de la nourriture.

La semaine dernière, enfin, la mairie d’Asnières proposait de créer un comité de suivi pour des relogements définitifs. Lundi soir, une réunion avait lieu à l’hôtel de ville (à l’heure où nous mettons sous presse). Les expulsés attendent beaucoup de cette rencontre et espèrent qu’une issue rapide puisse être trouvé pour tous.

Agacée, une maman prévient « Dans quelques jours c’est la rentrée des classes. Mon fils doit entrer en CM1 à l’école Voltaire, c’est là qu’il était l’an dernier. Il va rentrer à l’école dans ces conditions ? J’espère qu’on sera relogé d’ici là. Sinon, tant que nous serons à la rue, mon fils n’ira pas à l’école ».

 

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Tag(s) : #Niouzes diverses

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