Mille élus et militants venant de tous les horizons, politiques, syndicaux, associatifs et universitaires de la gauche et de l’écologie appellent à s’unir pour « porter au pouvoir en 2022 une alternative écologique, sociale et démocratique ».

 

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Ils rêvent d’un « 2022, (vraiment) en commun ! » Un millier d’élus et militants d’un large spectre écologique, social et humaniste, ont publié sous ce titre, le 10 octobre sur le site Francetvinfo, un appel soumis à signatures sur un site dédié qui rendra compte de l’avancée et des suites de cette pétition.

Les signataires parmi lesquels figurent la députée LFI Clémentine Autain, l'eurodéputé EELV Damien Carême, l'un des porte-parole du même parti Alain Coulombel, la secrétaire nationale aux études du PS Isabelle This Saint-Jean, la députée PCF Elsa Faucillon, mais aussi de nombreux économistes dont Thomas Piketty, Julia Cagé, Henri Sterdyniak et six chroniqueurs à Politis (Geneviève Azam, Thomas Coutrot, Jean Gadrey, Jérôme Gleizes, Jean-Marie Harribey et Dominique Plihon), le chercheur « in-terre-dépendant » Pablo Servigne, les historiennes Laurence De Cock et Mathilde Larrère, ou le co-président de la Fondation Copernic Pierre Khalfa, comptent de nombreux membres d’Attac et autres structures altermondialistes, des militants et activistes d’associations et collectifs écologistes engagés pour le bio, la défense du climat ou de la mer (Amis de la Terre, Extinction rebellion, Bloom…), des membres d’organisations de solidarité (Secours populaire, Emmaüs, Asti…), des syndicalistes (FSU, Solidaires, CGT, CFDT…), des journalistes comme Cyril Dion ou Denis Sieffert.

Conjurer un double risque

S’ils notent que les différents partis de gauche et du pôle écologiste ont tous « voulu donner des signes d'ouverture » lors de leurs journées et universités d’été, les signataires déplorent leur focalisation sur leur « éventuel présidentiable » et leur « prétention de rassembler autour de lui » au détriment « d’un travail commun pour définir un projet alternatif au gouvernement ». Refusant de se « résigner à cette situation », ils notent que « depuis plusieurs mois déjà, de nombreuses initiatives » des organisations de jeunesse politique, notamment avec le collectif Résilience commune ou de la société civile « travaillent à faire tomber les murs ».

Opposés « résolument au néolibéralisme, au capitalisme, au productivisme, au patriarcat, au présidentialisme, à tous les racismes et à toutes les discriminations et exclusions », les signataires estiment que la décennie est « critique » au regard de la « double urgence climatique et sociale ».

« Nous ne parviendrons pas à gagner si nous ne parvenons pas à nous unir », avertissent-ils. Avant de précier qu’« il n’est pas ici question d’union pour l’union, d’unité sans principes autour d’une orientation gommant les diversités ». « Conjurer le double risque » des élections présidentielle et législatives de 2022, « celui de la poursuite et de l’amplification des politiques actuelles ou passées, celui de l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite », poursuivent-il, « suppose de s’engager résolument dans la construction d’une perspective de rassemblement de la gauche, de l’écologie politique et des citoyens et citoyennes mobilisé.es, sur un projet et un contrat de législature permettant d’engager une transformation écologique, sociale et démocratique ».

Co-initiateur de cet « appel à l’ensemble des citoyennes et citoyens qui se reconnaissent dans cette ambition », Pierre Khalfa, co-président de la Fondation Copernic, précise que la volonté des signataires « est de réunir les conditions d'une candidature commune à l’élection présidentielle de 2022 sur la base d'un projet de transformation écologique et sociale, en rupture avec le macronisme, le nationalisme et les politiques menées par les gouvernements précédents en créant une dynamique populaire qui permette de dépasser les intérêts particuliers pour pouvoir gagner ensemble en 2022 »

Si aucun de ceux qui sont présentés à tort ou à raison comme de futurs candidats ne sont signataires, ni aucun des premiers dirigeants de leurs partis, c’est un choix délibéré pour ne pas « apparaître comme soutenant une candidature plutôt qu’une autre », expliquent les initiateurs qui annoncent dans l'appel l'organisation d'un « grand rendez-vous début 2021 ».