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Eviter le piège tendu par le pouvoir libéral- autoritaireEviter le piège tendu par le pouvoir libéral- autoritaire
Eviter le piège tendu par le pouvoir libéral- autoritaireEviter le piège tendu par le pouvoir libéral- autoritaire

Décidemment, Macron consolide son pouvoir en choisissant des adversaires politiques commodes : en plein conflit social, c’est Mélenchon, lors des européennes de l’an prochain ce sera Le Pen.

Opposants confortables pour lui malgré la rugosité apparente de leurs échanges publics, ils n’ont pas la crédibilité d'une force de gouvernement. Ils lui permettent d’effacer les autres opposants politiques, ils l'aident à contourner les corps intermédiaires, en particulier les organisations syndicales.

Le traitement respectif des manifs du premier mai et de la Fête à Macron illustre cette tactique politique. Les représentants du pouvoir ont assuré pendant une semaine une promotion exceptionnelle à cette dernière initiative par la dénonciation répétée du caractère pseudo ambigu du mot d’ordre. Lors de la Fête du travail, les revendications des travailleurs ont été totalement gommées grâce à l’irruption de black blocks vraisemblablement manipulés par des milieux proches du pouvoir, ce genre de pratique n’est pas nouveau…

Dans les deux cas pourtant, les manifestants étaient pourtant aussi convaincus, pacifiques et joyeux.

Lors de l’habituelle guerre des chiffres relative au nombre de manifestants, les organisateurs se situent comme d’habitude très au- dessus des autres compteurs (conteurs ?). Un élément assez révélateur : les chiffres de la Préfecture ne sont pas les plus bas… l’organisme « indépendant » désigné par un collectif de médias situant la participation à un niveau encore inférieur. La Préfecture aurait- elle, cette fois- ci, gonflé les chiffres ? Etonnant non ?

Comme j’aime bien Ruffin, et beaucoup de participants, j’y suis allé renifler l’ambiance. J’ai surtout eu l’impression d’un festival de la gauche de gauche.

La fête d’hier a en effet offert un caractère festif, créatif et bon enfant, ce qui est une force. Avec des limites importantes : pas vraiment de mot d’ordre, à moins de considérer « Macron démission », ou « stop Macron » comme des orientations politiques crédibles dans le contexte actuel…; des salariés peu représentés en tant que tels; un morcellement qui traduit effectivement son côté pot- au- feu.

Le piège tendu à la gauche est pour moi très clair : en installant une opposition tonitruante mais en pratique politiquement inoffensive, en éliminant les vrais pôles de résistance installés que sont les syndicats, et d’autres, le pouvoir libéral- autoritaire se donne les moyens de faire passer sa politique désastreuse pour l’intérêt général.

Macron n'a pas été élu sur un projet, mais contre Marine Le Pen. En réalité, son socle programmatique est celui du premier tour, il est socialement minoritaire, même s'il s'est clairement déporté depuis un an vers la droite.

Promoteur de la "mondialisation heureuse", il nous prépare, comme le dit Régis Debray, la "balkanisation furieuse", qui pointe déjà un peu partout dans le monde occidental.

La construction d’une véritable alternative de gauche est donc urgente et passe par la production d’un corps de propositions alternatif cohérent, soutenu par un rassemblement de forces politiques et sociales unies sur ces propositions. Ce n'est évidemment pas le cas aujourd'hui.

La fête à Macron est donc une étape, sans plus.

Le 26 mai, s’il permet de contourner les manoeuvres de division auxquelles nous ont habitué la FI et certains syndicalistes, s'il mobilise les réelles réserves de mobilisation, doit permettre d’aller un peu plus loin.

Mais le chemin risque d'être long, n’en doutons pas, malgré les dangers qui menacent.

J. ALLAIN

Tag(s) : #luttes sociales, #luttes citoyennes

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