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Quand le Financial Times s’intéresse à la campagne électorale à Malakoff…

Lu sur http://www.ft.com/home/europe

La bataille des communistes pour maintenir leur position dans les mairies

Hugh Carnegie- Paris

La ville de Malakoff, près de Paris

Elle a un stade portant le nom de Lénine et un boulevard de Stalingrad. Elle a un maire communiste depuis 1925. Bienvenue à Malakoff, une banlieue parisienne restant un bastion d’un parti communiste tenace.

Engagée dans les élections municipales qui vont se dérouler à travers la France ce dimanche, Catherine Margaté, maire en exercice de Malakoff, est confiante. Elle s’attend à être réélue dès le premier tour, à recueillir les 50% nécessaires pour éviter un deuxième tour.

« Les gens ici ne sont pas réellement communistes, » dit Kamel Mohammedi, dirigeant de l’opposition de centre-droit, alors qu’il sirote un café froid près de la place centrale récemment rendue piétonne, face à un Hôtel de Ville moderne.

« Ils votent pour elle parce qu’ils apprécient ce qu’elle a fait comme maire. Les communistes sont là depuis 90 ans. Ils savent comment l’emporter. »

Malakoff est l’une des 750 villes qui en France ont un maire communiste, près de 30 de 30 000 habitants ou plus. C’est une partie des 37 000 communes françaises et cela ne fait que la moitié du nombre atteint au moment du pic de popularité atteint par le parti dans les années 70.

Dans la période précédant celle où les bastions de la classe ouvrière ont été sapés par le déclin industriel et par l’effondrement de l’empire soviétique, les communistes de France ont été assez puissants pour faire partie du gouvernement à direction socialiste de François Mitterrand en 1981, ce qui a inquiété Washington à l’époque.

Aujourd’hui, les communistes restent en dehors de l’administration du Président François Hollande, qui se prépare à un échec lors des élections locales. Mais la combinaison d’une forte organisation, d’une volonté d’adaptation et d’une histoire prestigieuse marquée par son rôle prééminent dans la résistance contre l’occupation nazie pendant la seconde guerre mondiale a permis au parti de conserver un rôle significatif dans la vie politique française.

« Nous ne sommes pas l’extrême gauche, » dit la chaleureuse Mme Margaté dans son bureau modeste surplombant la place. « Nous sommes très pragmatiques. Nous résolvons les problèmes. Ce n’est pas le parti communiste qui décide au niveau national de la politique menée à Malakoff, c’est l’équipe d’ici. Mais en même temps, nous avons des valeurs très fortes. Nous défendons les services publics, très menacés aujourd’hui. »

Le parti a une réputation de stricte discipline interne- presque de tradition clanique et d’allégeances familiales. Vanessa Ghiati militante du parti distribuant aux passants des tracts électoraux : « J’ai grandi dans une famille qui a été communiste sur plusieurs générations. Je suis très heureuse d’être communiste. C’est une question de valeurs, pour une société solidaire, pour le progrès. »

Dans ce faubourg de 31 000 habitants situé juste au sud du Périphérique, le boulevard circulaire de Paris, la population ouvrière de Malakoff a décliné, libérant de nombreuses petites maisons attirantes et « gentrifiées » par l’arrivée des catégories sociales supérieures qui s’y installent.

Mme Margaté n’a pas de doute quant à la nécessité de s’adapter, insistant sur le fait que les impôts locaux sont parmi les plus bas des environs. « Si j’augmentais les impôts de 10% chaque année, nous ne serions pas réélus, » dit-elle.

Mais la commune a maintenu dans la durée un fort engagement pour le logement social, qui s’élève à 40% du total.

Le parti communiste a aussi su passer les accords politiques qui lui permettent de se maintenir à la mairie. Il s’est allié avec le parti socialiste pour l’élection locale, en dépit du fait que le parti est en désaccord avec le gouvernement de M. Hollande au niveau national. Les référence au parti sont a minima dans le matériel électoral.

Le Front national, d’extrême droite, qui est à la recherche d’une percée nationale lors de cette élection, n’y participe pas à Malakoff. Pas plus que M. Mohammedi. Sa candidature a été invalidée au plan administratif quand il est apparu qu’un candidat de sa liste pour le conseil municipal n’avait pas respecté les règles en s’inscrivant aussi sur une autre liste.

Emmanuelle Jannès, chef de file d’une liste indépendante de centre gauche qui reste en course, insiste sur le fait que les jours des communistes sont comptés. « Nous devons avancer une autre vision. Ils ne peuvent durer éternellement. C’est une question de temps, » dit-elle.

Mais pour le moment, la seule vraie question pour la soirée de dimanche est de savoir si Mme Margaté dépassera le gros score de 66% qu’elle a recueilli au premier tour la dernière fois, en 2008, consolidant ainsi le fauteuil de maire pour les communistes pour cinq [en réalité, six] années de plus.

(Traduction rapide par Joël Allain)

Tag(s) : #malakoff municipales Financial Times

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