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Municipales: une réponse publique à un courriel récent

Malakoff Plurielle : quand le vide sonne creux

Comme la plupart des habitants de la commune, nous ne vous avons jamais sollicité. Nous avons néanmoins reçu votre courrier électronique dans lequel vous appelez les Malakoffiots à se réunir autour de votre personne pour les prochaines élections municipales. Puisque, vous nous interpellez permettez nous de vous répondre.

Tout d’abord, en vous disant que nous n’avons nullement été surpris par la teneur de votre texte. En effet, nous nous sommes habitués à lire vos délicieux billets technocratiques mensuels dont la caractéristique est de véhiculer l’idée subliminale des deux mondes : celui de la modernité dont vous seriez l’incarnation, puis celui des autres, des archaïques qui après 90 ans de mandat ont atteint la limite de péremption.

Pour vous, les raccourcis simplistes aboutissent irrémédiablement à un cursus idéologique simple, la modernité est systématiquement synonyme de progrès. Pour nous, elle apparaît plutôt comme le concept indispensable vous permettant de mieux cacher le vide programmatique sidéral de votre providentielle candidature.

En fait, que devrait-on retenir de votre papier si l’on fait abstraction des « non dits » allusifs, suspicieux voire soupçonneux à l’encontre d’une majorité d’élus que vous avez eu tout loisir de critiquer alors que vous ne représentiez que vous même ?

Pas grand-chose sinon rien hormis peut être le fait que pour vous, Malakoff se situe au-delà du rideau de fer, que les Malakoffiots ignoreraient qu’au-delà du périphérique il y a Paris, que leurs élus locaux sont de machiavéliques despotes qui ne leur disent rien et leur cachent tout.

Nous n’avons décidément pas monsieur Paillon la même grille de lecture politique et sociale de cette ville. Aussi, nous souhaiterions vous en dire deux mots non pas, comme vous le faites sur la simple base d’une conviction qui n’avoue pas son nom mais sur celle qui vous fait tant défaut : l’indispensable argumentaire tellement nécessaire à l’élaboration du débat.

Pour cela, nous pourrions prendre l’exemple de l’engagement sur la petite enfance et l’enfance qui sont autant d’investissement dans le domaine de la prévention et de l’éducation dont peu de parents contestent la réussite. Il en est de même pour les actions envers nos aînés afin que ces derniers continuent à occuper la place qui est la leur dans cette ville.

Mais l’exemple le plus parlant reste celui de la santé tant cette question est partagée et recouvre celle des inégalités sociales et économiques. De ce point de vue là, nous restons persuadés de deux choses essentielles :

La première est qu’en faisant le choix de disposer et rénover un centre de santé complet et décentralisé comprenant les disciplines essentielles allant jusqu’à la spécialisation, la commune offre aux Malakoffiots des plus modestes aux plus aisés un accès aux soins rapide égalitaire et sans discrimination. Ce qui est loin d’être le cas dans de nombreuses villes en France.

La deuxième est qu’en procédant de la sorte, la ville s’est toujours donnée comme objectif le tissage d’un authentique lien social, seule véritable garantie d’un mieux vivre ensemble.

Nous pourrions aborder la question du logement privé ou des 40 % de logements sociaux dont l’équilibre a été préservé par une mixité sans faille. Mais restons-en là.

Malakoff n’est décidément pas la caricature que vous imaginez. C’est est une ville populaire qui n’est certes pas exsangue d’incidents mais qui a la chance de compter dans sa population une diversité générationnelle et sociale qui en fait un « village » riche de ses différences. On y vit paisiblement comme en atteste d’ailleurs la densité du tissu associatif et il faut bien croire que si le lien social y est toujours aussi solide, c’est qu’il y a quelques raisons qui le justifient. Et croyez-le ou pas, nous avons la faiblesse de penser que les décisions prises depuis 90 ans y ont contribué d’une manière ou d’une autre.

Nous voudrions conclure cette lettre en vous exprimant nos plus sincères salutations. Aucun doute nous aurons bientôt de vos nouvelles. Nous restons d’ailleurs persuadés qu’avec l’incontestable talent de scénariste qui est le vôtre, vous pourrez après l’épisode du départ façon « Compagnons de la chanson », suivi du retour du sauveur version « Mon général », nous écrire un épisode biblique où vous marcheriez sur l’eau.

Malakoff le 24 décembre 2013.

Lionel Bétous et Michel Sanchez habitants de Malakoff

Tag(s) : #municipales, #Malakoff

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